
Urbaniste de formation et économiste des transports, Caroline Fabianski, PhD, a consacré plus de quinze ans à faire progresser les politiques de développement et de mobilité. Forte de son expérience de terrain et de ses responsabilités stratégiques, elle a progressivement pris conscience des nombreux angles morts qui fragilisent ces secteurs. Dès ses débuts à Istanbul, elle explore les limites d’un urbanisme miné par des pratiques d’urbanisation sauvage. Chercheuse pré-doctorante à l’Institut français d’études anatoliennes, elle assiste l’AFD dans l’expansion de ses financements ferroviaires — une immersion fondatrice dans les paradoxes des bailleurs. De l’urbanisme à la gouvernance des mégaprojets, elle poursuit ses recherches doctorales à University College London (UCL), avant de diriger à Bruxelles, au sein de l’Union Internationale des Transports Publics (UITP), le réseau mondial des autorités de mobilité. Sensible aux enjeux sociétaux, elle s’investit aux côtés de l’OMS pour faire reconnaître l’espérance de vie et le bien-être urbain comme des critères majeurs des politiques de mobilité. Collaborant également avec le SSATP de la Banque mondiale pour structurer des autorités de transport en Afrique, elle observe de près comment des dispositifs d’aide standardisés restent largement abstraits et aspirationnels, utilisés à des fins d’auto-célébration plutôt que de transformation réelle. Elle a publié de nombreux rapports stratégiques, policy briefs et articles académiques, consolidant une expertise reconnue sur la gouvernance des infrastructures et les dynamiques du développement urbain.
Fidèle à une exigence d’intégrité plutôt qu’aux conforts d’un système établi, Caroline Fabianski a choisi de rompre avec le développement conventionnel. Aujourd’hui consultante indépendante et chercheuse associée à la Chaire InfraS (UQAM, Montréal), elle s’appuie sur les critiques postcoloniales pour déconstruire les mécanismes de solidarité internationale, qu’elle considère comme des artefacts auto-entretenus, devenus inopérants voire contre-productifs. Convaincue que la refondation des alliances globales passe par la reconnaissance des pluralités institutionnelles et des récits situés, elle milite pour un changement de paradigme capable de répondre aux grands défis systémiques du XXIᵉ siècle, au premier rang desquels figurent la santé publique, l’équité territoriale et la soutenabilité écologique.
