La prolifération nucléaire et la course aux armements en question… les dommages collatéraux stratégiques de la guerre russo-ukrainienne [1-2]

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Le 22 février 2022 dernier, au cours de son discours annuel à la nation, particulièrement virulent, caricatural et haineux envers l’Occident « russophobe et décadent » qui « favoriserait la pédophilie et le mariage gay », Vladimir Poutine a annoncé que la Russie allait suspendre officiellement  sa participation à l’accord New Start sur le désarmement nucléaire. Les uns ont minimisé l’annonce, au nom du fait que la Russie et les Etats-Unis ont déjà mis fin à la quasi-totalité des accords de non-prolifération nucléaire et de désarmement depuis les années 2000. Poutine avait d’ailleurs indiqué début août 2022 suspendre les inspections américaines prévues sur ses sites militaires dans le cadre de l’accord, assurant agir en réponse aux entraves américaines aux inspections russes aux États-Unis. Les autres, plus pessimistes, estiment que le danger de guerre nucléaire russo-occidental n’a jamais été aussi grand que depuis l’invasion russe de l’Ukraine il y a exactement un an … “Ils veulent nous infliger une défaite stratégique, s’en prennent à nos sites nucléaires, c’est pourquoi je suis dans l’obligation d’annoncer que la Russie suspend sa participation au traité (New) Start”, a déclaré le maître du Kremlin. Les autorités militaires russes sont depuis lors appelées à se tenir “prêtes à des essais d’armes nucléaires” si Washington en effectuait de son côté… 

Retour sur l’échec des traités de désarmement et de non-prolifération nucléaire

La prolifération nucléaire demeure aujourd’hui la plus grave menace pour la sécurité collective, car étant donné le nombre de nations ayant ou pouvant avoir l’arme atomique, aucun État ou institution internationale à l’heure actuelle n’est en mesure de faire accepter ses décisions ou de faire respecter les traités de non-prolifération. A l’heure de la disparition de l’Union soviétique, et donc du système bipolaire, la Commission des Nations Unies consacrée à cette question considérait officiellement qu’« une bonne douzaine d’États disposaient de la capacité de fabriquer la bombe atomique », ils sont aujourd’hui le double! Figurent dans cette liste des puissances d’Europe occidentale, comme la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège ou l’Espagne, qui maîtrisent la technologie mais qui, pour de raisons diverses, refusent de s’y engager. D’autres pays n’ont pas besoin actuellement de la développer car ils bénéficient de la protection du parapluie américain, à l’image du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande ou du Japon. Mais d’autres, comme l’Iran, par exemple, les pays moyen-orientaux ou certains pays asiatiques, essayent actuellement ou pourraient essayer à l’avenir de l’obtenir. Le Japon et la Corée du Sud pourraient être tentés d’acquérir à leur tour l’arme nucléaire face à l’hégémonie militaire croissante de la Chine et face au pouvoir de nuisance de la Corée du Nord.

La course au nucléaire est par conséquent loin d’être terminée : en 2021, les neuf pays disposant de l’arme nucléaire ont dépensé 70 milliards d’euros pour cette technologie (10% de plus que l’année antérieure). Aujourd’hui encore, les armes nucléaires peuvent constituer une grave menace pour la paix et la sécurité internationale, car les armes nucléaires sont des armes de destruction massive dont les conséquences de leur utilisation peuvent non seulement faire des dégâts (humain et matériel) incommensurables, mais aussi remettre en cause la survie même de l’humanité. Le Traité sur la non-prolifération  (TNP) est plus que jamais menacé et sa crédibilité est réduite depuis l’obtention de l’arme nucléaire par le Pakistan, l’Inde et surtout la Corée du Nord.

Le surarmement reste, plus que jamais, comme nous l’avons vu, la règle. Ce constat scelle l’échec cinglant du multilatéralisme et il dément les thèses irrénistes de ceux qui ont proclamé, au sortir de la Guerre froide, l’avènement de la paix universelle favorisée par le triomphe du modèle libre-échangiste McWorld et de la démocratisation sur le totalitarisme soviétique. L’ombre du nucléaire est plus que jamais présente, et, comme le disait Albert Einstein à son époque: « J’ignore comment sera la troisième guerre mondiale; mais nous avons la certitude, en revanche, qu’il n’y aura pas beaucoup de monde pour voir la quatrième»! En effet, les traité sont finalement peu respectés, ou contournés ou annulés. 

Les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement ces dernières années de plusieurs accords internationaux dont celui sur le climat, sur le nucléaire iranien, du traité ABM en 2001, mais surtout, le 1er février 2019, du traité des armes nucléaires de portée intermédiaire (Intermediate-range Nuclear Force Treaty, INF) signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev, grand symbole de la fin de la guerre froide et qui était jusqu’à maintenant un des piliers les plus importants de l’architecture sécuritaire européenne depuis plus de trente ans. Ce traité interdit l’usage de missiles nucléaires d’une portée de 500 à 5 000 kilomètres qui sont les armes les plus redoutées et particulièrement dangereuses car réduisant le temps de réaction à une frappe nucléaire à 10 minutes au lieu de 30 minutes pour des missiles balistiques intercontinentaux, rendant une défense très complexe. Le retrait des Etats-Unis du traité INF permet de facto un retour en Europe de ces missiles et vient augmenter le risque, certes peu probable, de guerre nucléaire ou néo-guerre froide sur le continent européen et encore plus si le traité New Start, précédemment cité, vient lui aussi à être abandonné. La raison officielle est une réaction au déploiement de missiles russes appelés « Novator », qui pourraient frapper jusqu’à 1 500km (ce qui est démenti par la Russie). Les Etats-Unis non seulement sortent des traités mais voient l’arme nucléaire comme un arsenal tout à fait utilisable, par exemple en juin 2019, l’état-major US a publié, peut-être par erreur, un document intitulé « Nuclear Operations » référencé JP-3-72 qui affirme que « le nucléaire peut s’utiliser comme n’importe quelle munition dès lors que la cible est militaire et qu’obtenir la victoire l’impose »… On peut ajouter à ce constat le fait que Washington a également contourné la règle en implantant en Roumanie le système Aegis doté de lanceurs verticaux de 4 Mk41 de Lockheed Martin qui accueille le missile Tomahawk, lequel peut être armé d’une charge conventionnelle ou nucléaire, la portée du Tomahawk atteignant 2500 km, donc de quoi frapper une partie de la “Russie utile”. 

A la fin des années 1950, après l’échec cinglant des plans de désarmement général et complet (sic), les armes nucléaires vont devenir l’objet majeur, jusqu’au milieu des années quatre-vingt, des principales négociations, notamment dans le cadre des discussions bilatérales américano-soviétiques. Les accords et les traités ne vont certes pas manquer : le but recherché par les deux grands, à cette époque, est d’obtenir des autres nations un engagement de renonciation à l’acquisition d’armes nucléaires. En termes de contrôle des armements, la stabilité stratégique impliquait que les deux superpuissances disposent de capacités militaires “essentiellement équivalentes”, comme le soulignait la fameuse doctrine Kissinger: une équivalence n’impliquant pas l’égalité absolue de chacun des deux partenaires dans les différents secteurs des systèmes d’armes. Et, jusqu’en 1985/1986, chacun, de facto, s’est renforcé dans le système où son adversaire lui paraissait le plus menaçant. 

Les exemples d’accords et de traités, y compris à partir des déclarations de Nixon ou des Nations Unies, n’ont certes pas manqué durant la période 1965/1985. Parmi eux, on peut citer une vingtaine de traités multilatéraux, à portée théorique indéniable, mais aux conséquences concrètes plus que modestes. Leurs objectifs étaient d’éviter la militarisation, nucléaire ou non, de certaines zones; de geler ou limiter le nombre et les aspects qualitatifs des vecteurs d’armes nucléaires; de restreindre les essais ou systèmes d’armes; d’éviter la dissémination de certaines armes parmi les Etats; d’interdire certains moyens de guerre; de faire observer le droit international dans les conflits armés et de notifier préalablement certaines activités militaires … La période 1970-1986 a été ainsi très riche en traités multilatéraux. Citons notamment:

-des accords destinés à éviter la militarisation de certains environnements :

– la convention sur la modification de l’environnement du 5 octobre 1978 (31 signataires) qui – des accords destinés à éviter la prolifération nucléaire

– des accords destinés à interdire la fabrication de certains types d’armes. 

Parmi les accords portant sur la limitation des essais nucléaires, on peut citer notamment:

– le Traité d’Interdiction partielle des essais, d’octobre 1967 (112 signataires), qui interdit les essais nucléaires dans l’atmosphère, l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau. Ce traité a contribué à réduire la pollution radioactive provoquée par les explosions nucléaires, mais n’impliquait pas les essais souterrains.

– le Traité sur l’espace extra-atmosphérique du 10 octobre 1967 (82 signataires) qui interdit la mise en orbite autour de la Terre, des armes de destruction massive… mais qui laisse l’espace libre quant au déploiement des autres systèmes d’armes.

– le Traité sur la limitation des essais souterrains, signé le 2 juillet 1974, qui limite la puissance explosive des armes nucléaires à 150 Kt. Un seuil si élevé que les principaux Etats concernés ont pu le signer sans réserve tout en poursuivant sereinement leurs programmes de développement!

– des accords destinés à éviter la militarisation, conventionnelle ou nucléaire, de certaines zones géographiques.  

Les Accords bilatéraux de SALT I et SALT II

La décennie 1970 va s’illustrer par la signature de deux accords bilatéraux majeurs, SALT I et son avatar SALT II qui induisent non pas un désarmement mais une limitation. SALT1, signé le 26 mai 1972, par le Président des Etats-Unis Richard Nixon et le n° 1 de l’Union soviétique, Leonid Brejnev portait sur la limitation des systèmes de missiles antibalistiques. Il stipulait que les Etats-Unis et l’URSS, « déclarent leur intention commune d’arriver à la date la plus proche possible à l’arrêt de la course aux armes nucléaires ». Si les articles 1 et 2 imposent effectivement une réduction incontestable d’un type particulier de défense, ils gèlent le nombre total des vecteurs. Mais le traité n’impose aucune restriction quant à l’amélioration qualitative des armes nucléaires, ni au nombre d’ogives équipant chaque missile… Rappelons que, dès 1974 et la rencontre bilatérale de Vladivostok, les Russes vont moderniser leur arsenal en mettant sur pied des engins balistiques marvés, puis mirvés. Et les Américains, tout en désarmant leurs missiles ABM 1, vont se lancer, entre 1974 et 1977, via le complexe militaro-industriel, dans une R & D de plus en plus sophistiquée. Comme l’écrivait le Général Pierre-Marie Gallois, « la période immédiatement postérieure à la signature de SALT 1, présenté comme; un grand pas vers le désarmement, a vu les Américains passer de quelques 8 000 ogives à plus de 20 000 et les Russes en faire autant portant leur arsenal de destruction à distance de 2 600 à 26 500 ». Les Etats-Unis et l’Union soviétique, loin de désarmer tout en feignant de désarmer, avaient 100 fois plus d’équipements que nécessaire pour exercer une dissuasion et ils étaient en mesure de raser mutuellement des centaines de fois leurs grandes villes, bref une course aux armements coûteuse devenue irrationnelle… Ces premières négociations ont largement contribué à renforcer des créneaux de productions de plus en plus élaborés, au grand bénéfice du complexe militaro-industriel américain, d’une part, et du complexe militaro-bureaucratique soviétique, d’autre part.

Compte tenu de l’obligation d’établir un bilan quinquennal de l’application concrète du traité, le successeur de SALT I, nommé logiquement “SALT Il”, sera négocié et signé à Vienne, le 18 juin 1979, par Jimmy Carter et Leonid Brejnev. Face à la dérive décrite plus haut, et suite aux multiples critiques émises notamment au sein des Nations Unies, voire aux Etats-Unis eux-mêmes, les négociateurs de Salt Il vont s’efforcer de travailler sur le nombre total d’ogives équipant de facto les véhicules porteurs. Tout cela aurait effectivement pu aboutir à de probants résultats si Salt Il était entré en vigueur… On le sait, en vertu de la Constitution américaine, c’est le Sénat qui autorise ou pas la ratification des traités internationaux signés par le Président, ce qui est loin d’être évident, surtout quand la majorité sénatoriale n’émarge pas au parti du Président. La majorité républicaine refusa alors au démocrate pacifiste Jimmy Carter la ratification de Salt Il pour, une fois encore, des motivations de pure géographie électorale interne. 

Le dernier tiers de siècle (1985/2020) : du contrôle des armements au concept de désarmement. Start I, Start II, Start III et New Start

Au plan des relations bilatérales, nonobstant l’implosion de l’Union soviétique, trois traités illustrent la période: START l, START Il, et START III (New Start). Pour récapituler, START 1 (« Strategic Arms Réduction Treaty »), porte, non sur la limitation d’armes stratégiques défensives, mais sur la réduction des armes stratégiques offensives. Il est signé à Moscou le 31 juillet 1991 par Mikhaïl Gorbatchev et George H. Bush, et entre en vigueur le 5 décembre 1994, pour une durée initiale de quinze ans. Très ambitieux, Start 1 envisageait de réduire le nombre d’ogives stratégiques déployées de 10 000 à 6 000 unités pour chacun des signataires. Le bilan dressé à la fin de la période s’avère appréciable mais indéniablement plus modeste: on passe de 9 986 ogives américaines à 8 556 et de 10 237 russes à 7 449… 

Quant à START Il, il est signé le 3 janvier 1993, par George H. Bush et le successeur de Gorbatchev, Boris Eltsine, président de la nouvelle née Fédération de Russie, et il prévoit la réduction des deux tiers des arsenaux stratégiques. Il est ratifié par le Sénat américain en janvier 1996, mais seulement en avril 2000 par les Russes. Retard sans aucune conséquence, puisque Start Il ne sera jamais appliqué! 

            La suite n’est pas plus brillante en termes de réussite: le 24 mai 2002, George W. Bush et Vladimir Poutine signent le Traité SORT,[« Strategic Offensive Reduction Traity »], ratifié le 8 mars 2003, traité qui confirme les trois phases de Start 1, projette un nombre total d’ogives déployées à l’horizon 2012 compris entre 1 800 et 2 000 ogives, mais annule STARTII! Enfin, STARTIII (généralement appelé « New Start ») est signé le 8 avril 2010, à Prague, par Barack Obama et Dimitri Medvedev. Il envisage une réduction de la capacité opérationnelle des deux camps à 1 550 têtes nucléaires. Il n’englobe pas les armes tactiques, limitant le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés à 700. Notons cependant que les Etats-Unis, en 2018, ont soutenu que pour le rendre plus crédible, l’accord Start III devrait inclure la Chine. Toutefois, Pékin, qui considère que son arsenal est encore bien trop inférieur à celui de Moscou ou Washington, a refusé d’y participer. Son expiration, le 5 février, a été source de tensions entre Washington et Moscou. En octobre 2020, les Etats-Unis avaient souhaité que la Russie gèle son arsenal nucléaire, une demande bien évidemment jugée “inacceptable” par le Kremlin. Toutefois, fin 2020, Américains et Russes semblaient s’être mis d’accord sur la possibilité d’un gel “conjoint” du nombre de têtes nucléaires, d’autant que Joe Biden a toujours été favorable aux traités de non-prolifération. Il n’en est presque plus rien aujourd’hui, soit deux ans plus tard et après un an de guerre en Ukraine et 200 à 300 000 morts de ce conflit russo-américains entre deux empires que tout oppose plus que jamais. 

            Au-delà de ce faisceau d’accords régionaux, le dernier tiers de siècle s’est surtout illustré par trois traités majeurs, l’accord de Washington de 1987, celui de Paris de 1990 et le Traité CTBT de 1996.

– l’Accord de Washington: Signé entre les Etats-Unis et l’URSS le 18 septembre 1987, à la suite des rencontres de Reykjavik, qui portait sur le démantèlement progressif des forces nucléaires « intermédiaires », c’est à dire, par convention, à portée inférieure à 5 500 kilomètres. Certes, mais ce type d’armes (bien malencontreusement baptisées « euromissiles», au prétexte que les rampes de missiles russes basées sur le flanc occidental de l’Oural pouvaient menacer les principales capitales européennes), est en réalité singulièrement composite. Il regroupe les « Forces Nucléaires Intermédiaires », (FNI), à savoir tous les missiles de portée comprise entre 1 000 et 5 500 kilomètres ; les « Forces Nucléaires Intermédiaires à plus courte portée» (SRINF), une portée comprise entre 500 et 1 000 kilomètres; et les « Forces Nucléaires Intermédiaires à portée la plus courte» (SNI), c’ est à-dire inférieure à 500 kilomètres. L’accord de Washington laissait de côté ces derniers, ainsi que l’artillerie nucléaire tactique et les systèmes basés à terre. Or, à cette époque déjà, rien n’empêchait techniquement d’équiper des sous-marins nucléaires de missiles de croisière. Bref, les accords de Washington, ont permis le démantèlement de 7 à 8% des forces nucléaires des deux superpuissances. A la date butoir de la fin du traité, un total de 2 692 missiles avaient été détruits, 1846 par l’URSS et 846 par les Etats-Unis.

– le Sommet de Paris, novembre 1990 : Il mérite d’être qualifié d’événement de première importance au chapitre du contrôle des armements, 35 chefs d’Etat ou de gouvernement étaient présents, dont l’ensemble des chefs d’Etat européens, le Président des Etats-Unis et son homologue canadien.

– Le traité d’Interdiction complète des essais nucléaires du 24 septembre 1996 (TICN ou CTBT pour les anglophones), qui interdit les quatre types d’essais nucléaires: atmosphérique, extra-atmosphérique, sous-marin et, fait nouveau, souterrain. Les cinq puissances membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU le signent. L’Union indienne s’abstient. Mais pour qu’il puisse entrer en vigueur, ce Traité doit être ratifié par les 44 pays possédant des réacteurs nucléaires. Le 6 avril 1996, Londres et Paris sont les deux premiers membres du Club nucléaire à le ratifier, après que la France ait procédé, en 1995, à huit ultimes essais dans le Pacifique Sud. En 2019, 183 Etats l’avaient signé et 28 ratifié. Parmi les 44 nations directement concernées, trois ne l’avaient toujours pas signé, l’Union indienne, le Pakistan et la Corée du Nord! Et cinq l’avaient signé mais pas ratifié, Israël, l’Egypte, l’Iran, les Etats-Unis et la Chine de Pékin. 

En guise de conclusion…

Ce dernier traité et ses dispositions contraignantes vont très probablement voler en éclat en conséquence des actions unilatérales étatsuniennes entreprises depuis l’ère néo-conservatrice Bush jr et de l’invasion russe de l’Ukraine qui a entraîné de facto non pas une simple relance de la Guerre froide, déjà réactivée depuis 2008, mais une guerre OTAN-Etats-Unis/Russie par pays interposé… Le pire n’est jamais certain, certes, mais l’heure stratégique que nous vivons est sans aucun doute la plus sismique et la plus belligène que le monde occidental n’ait jamais connu depuis la crise de cuba … Ironie du sort, l’Union européenne, qui se présente depuis sa fondation comme une « assurance-vie » contre la guerre et qui fonde toute sa légitimité morale et post-nationale sur le Paix, a participé depuis des années, avec le patron étatsunien et dans le cadre de l’OTAN, à une escalade (sur le front politique et militaire ukrainien) qui risque de plonger à nouveau le vieux continent dans une guerre générale certes entamée sur son flanc-est mais qui était écrite entre 2005 (révolution orange), de 2008 (Géorgie et proposition de faire entrer ce pays et l’Ukraine dans l’OTAN), puis 2014 (Euromaidan). La politique comme la géopolitique est l’art de la prévision et des conséquences des choix…

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