Louis Mandrin : un des plus célèbres contrebandiers du Dauphiné

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Le célèbre contrebandier français est décédé à l’âge de 30 ans.

Louis Mandrin est un célèbre contrebandier français. Décédé à 30 ans, il est quelques fois considéré comme le « Robin des Bois du Dauphiné »*.

* Ce texte a été également publié sur le média Billet de France, dont Charles de Blondin est le fondateur et le rédacteur en chef.

Braver l’interdit peut en faire fantasmer certains, encore faut-il être prêt à en assumer les conséquences qui peuvent être dures en fonction des époques. Au XVIIIème siècle, les activités de contrebandier pouvaient aller jusqu’à la mort en étant soumis à la roue : après avoir eu les membres et la poitrine brisés par écartèlement, le condamné est attaché à une roue et laissé exposé jusqu’à ce que la mort s’ensuive.

Une vie de contrebandier 

Né le 11 février 1725 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs dans le Dauphiné, Louis Mandrin grandit dans une famille de commerçants. Son père est marchand de chevaux. À la suite du décès de celui-ci, Mandrin devient chef de famille à 17 ans. Les affaires marchent mal. Il se retrouve couvert de dettes et condamné à des dommages et intérêts envers ses créanciers. La ruine de sa famille le pousse à accepter un contrat un peu spécial : ravitailler les troupes françaises en Italie. Malheureusement, une grosse partie du convoi de mulets portant les vivres meurent et seule une minorité d’entre eux rentrent en mauvais état. Ce désastre accroît ses difficultés financières.

Avec son frère, Mandrin accepte une multitude de travaux peu recommandables : contrebande, vols, meurtres etc. Son frère, faux-monnayeur est pendu tandis que Mandrin, compromis dans un homicide est condamné par contumace à être roué. Refugié dans l’illégalité la plus totale, il déclare la guerre aux Fermiers généraux qu’il accuse d’avoir tué son frère. Profitant des multiples tensions liées aux prélèvements d’impôts, il s’adonne à son activité lucrative : le commerce illicite du tabac, du coton et d’horloges.

La condamnation

Son commerce marche bien : il achète ses marchandises dans les régions limitrophes de la France comme en Suisse ou encore dans le Duché de Savoie. Il les revend ensuite dans le sud-est de la France, au plus grand plaisir des habitants, heureux de payer moins chers les produits importés sans taxe. Les fermiers généraux, furieux d’être privés de ces taxes, interdisent et sanctionnent l’achat des produits de Mandrin. En représailles et pour les provoquer, ce dernier oblige par les armes les employés de ces fermiers d’acheter lesdites marchandises. En 1754, il commande ainsi une véritable armée de plusieurs centaines d’hommes.

Mais la réalité le rattrape. Exaspérés, les Fermiers généraux font appel à l’armée royale pour l’arrêter. Dénoncé par un de ses membres, Mandrin est arrêté au château de Rochefort sur le territoire du Duché de Savoie avec des centaines d’hommes déguisés en paysans. Indigné par la violation de son territoire, le duc de Savoie proteste et demande à Louis XV de lui remettre le prisonnier. Aussitôt la demande acceptée, les Fermiers généraux accélèrent le jugement du condamné. Louis Mandrin meurt le 26 mai 1755 à l’âge de 30 ans. Grâce à la circulation des premières gravures, la popularité de Mandrin se développe à Lyon mais aussi à Paris. Le jugement, la condamnation rapide du personnage à être roué et le placardage d’affiches des lieux où il avait sévi accélère la curiosité de la population et la légende du « Robin des Bois du Dauphiné ».

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