Mort d’Alexeï Navalny

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Illustration montage Ney/Le Dialogue

Telle une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue dans le monde entier. 

Alexeï Navalny est mort ce 16 février en prison. En Occident, les réactions ont fusé et nombre d’entre elles ont dénoncé la liberté assassinée, l’homme étant présenté comme charismatique et « principal opposant » de Vladimir Poutine.

De nombreux sujets de mon blog ont été consacrés à celui dont on se demande quel intérêt le Kremlin aurait eu à le tuer. À quelques semaines de l’élection présidentielle, en effet, on voit mal en quoi un acte pareil profiterait au candidat Poutine. 

Mais nos experts se contorsionnent déjà en savantes explications quand la classe médiatico-politique, pour sa part, multiplie jugements et condamnations alors que la Russie n’avait vraiment pas besoin de cette mort et de sa récupération exacerbée par ses pourfendeurs.

Cela dit, qui se réjouirait de la mort d’un homme ? Personne, sauf à l’avoir voulue. Ce n’est donc pas ici que l’on trouvera de quoi applaudir au décès d’Alexeï Navalny. 

Il est important, en revanche, de réagir à la débauche de commentaires l’érigeant en icône, en symbole d’une opposition qu’il n’a de loin pas incarnée puisque c’est le parti communiste qui est le principal opposant de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine.

Et puis, dans nos contrées si sensibles au fascisme et au nazisme, le passé politique ultra-nationaliste d’Alexeï Navalny n’a étrangement pas beaucoup retenu l’attention de nos élites. Comme si l’essentiel se situait ailleurs. 

Quoi qu’il en soit, avec la déferlante qui vise le pouvoir russe en place, auquel est d’emblée attribuée la mort d’Alexeï Navalny, le rouleau compresseur médiatique occidental écrase toute lecture des faits qui remettrait en cause la version qui doit dominer. Que celle-ci menace de porter la tension avec la Russie à son paroxysme ne semble préoccuper aucun de nos parangons de « la liberté » et de « la démocratie ». 

Or le danger est là et bien réel. Car à jouer ainsi avec le feu, les gouvernements occidentaux et leurs relais médiatiques prennent le risque évident d’exposer les populations à une situation que leur rôle serait, au contraire, de contrôler et de maîtriser par la protection à leur apporter. 

Traiter un chef d’État comme s’y sont employés certains Présidents européens est une faute de déontologie. Mais vu que la diplomatie ne ressemble même plus à son ombre, il ne nous reste qu’à mesurer l’ampleur des dégâts causés par une politique qui se moque de la vie citoyenne et de la paix entre les peuples.

Ne pas se laisser faire ? Oui mais comment quand on voit le mépris affiché envers le dialogue, envers l’autre tout simplement, oui, cet autre dont on nous rebat les oreilles qu’il compte, qu’il est à considérer et j’en passe. 

L’inquiétude rôde et la question taraude de savoir comment agir pour éviter le pire.

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