Blacks for Trump : Quand le ralliement du vote afro-américain à Donald Trump sème la panique chez les Libéraux…

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Un sondage du New York Times/Siena College atteste de la remontée spectaculaire du vote de la communauté afro-américaine en faveur de l’ancien président et candidat républicain, en le plaçant à 23 % en mars 2024, alors qu’il n’était que de 4%, un mois avant l’élection présidentielle de 2020. Cet électorat a toujours été un socle pour les Démocrates (source : Cross-Tabs : February 2024 Times/Siena Poll of Registered Voters Nationwide, The New York Times, publié le 2 mars 2024).

Dès lors, comment expliquer cette augmentation de près de 500% au cours des quatre dernières années ?

N’oublions pas que Joe Biden a obtenu près de 92% du votre de la communauté noire lors des élections de 2020, soit le taux le plus élevé de toutes les communautés aux États-Unis. La désillusion croissante à l’égard du premier mandat de Joe Biden, conjuguée aux multiples gaffes sur les réseaux sociaux dues à son âge et à sa « présupposée santé mentale altérée », ont affecté durablement les solides fondations que le candidat démocrate a toujours entretenues avec son électorat afro-américain. 

Le vote démocrate de la communauté afro-américaine aux États-Unis : une tradition historique

Dans l’histoire du vote aux États-Unis, c’est l’élection de Franklin D. Roosevelt en 1932 qui a provoqué un glissement structurel des électeurs afro-américains vers le parti démocrate. Pendant la Grande Dépression, cette communauté a été touchée de plein fouet par le chômage. Le New Deal de Roosevelt, son programme de relance économique a tenté de remédier à cette crise majeure, pour qu’il n’y ait « aucun homme oublié parmi les citoyens américains, ni de race oubliée ».

A la fin des années 40, Harry S. Truman, autre président démocrate a signé le 26 juillet 1948, un décret ordonnant la désagrégation des forces armées américaines et a conforté le vote d’adhésion des Afro-américains. Sa décision a ulcéré une minorité dissidente du parti, connue sous le nom de Dixiecrats, farouchement opposée à la législation sur les droits civiques et pro- ségrégationniste dans les États du sud. 

Les Démocrates ont continué à capter le vote des Noirs américains en 1964 avec l’adoption de la loi sur les droits civiques et la loi sur le droit de vote de 1965, sous la présidence du Démocrate Lyndon B. Johnson. 

« La stratégie sudiste » du Républicain Richard Nixon, déployée lors de ses candidatures successives aux Présidentielles de 1968 et de 1972 n’a eu comme effet que de creuser le fossé entre les Républicains et la communauté afro-américaine. Si l’intention de départ était de capter les voix de l’électorat Noir sudiste pour combler d’une part, les dettes politiques, puis d’autre part, pour constituer un appoint indispensable à la victoire de la coalition nixonienne aux élections législatives et présidentielles, « le discours et les actes ne sont pas allés dans la même direction » selon Marie-France Toinet (Le président Nixon et sa majorité : une stratégie sudiste ?, Revue française de science politique, année 1970). « Au-delà des mots, le choix politique de l’équipe nixonienne ne semble pas être d’accélérer l’égalisation raciale, mais de faire preuve à l’égard des Noirs d’une « négligence bénigne » afin de calmer « la réaction blanche » précise l’Auteure. 

Historiquement, c’est l’héritage du parti démocrate avec le mouvement des droits civiques, qui lui a permis d’asseoir « sa légitimité » auprès de l’électorat afro-américain. Toutefois, les jeunes électeurs noirs n’ont pas les mêmes attaches que leurs anciens au mouvement des droits civiques. Et ce sont eux qui créent précisément le « shift ».

Les mid-terms, le point de bascule 

L’actuel Président et candidat démocrate a conservé une solide avance jusqu’aux élections de mi-mandat de 2022. Puis, ce sont les jeunes afro-américains qui ont fait basculer l’équilibre en ralliant leurs votes au candidat républicain. 

Quelle en a été la cause ? L’inflation, incontestablement, le sujet majeur en 2022. 

Les prix des produits de première nécessité aux États-Unis, c’est-à-dire les denrées alimentaires, l’essence et le principal poste de dépenses, qu’est le loyer, ont explosé (source : NYT : Trump support among black voters grows nearly 50%, James Billot, UnHerd, 3 mars 2024).

Depuis les mid-terms de novembre 2022, le candidat démocrate n’a pas pu reconquérir cet électorat qui lui a définitivement échappé. Un sondage Gallup, réalisé en février 2024, a conforté cette avance comme le relate le journaliste James Billot : « parmi les Afro-américains exprimant une préférence pour un parti, l’avance des Démocrates sur les Républicains a chuté de près de 20% en l’espace de 3 ans seulement (…) Et ce, malgré les efforts déployés par Monsieur Biden pour ériger les Afro-américains aux postes de pouvoir, notamment en nommant Kentanji Brown Jackson à la Cour suprême. » Le Président actuel a également fait pression pour que la première Primaire Démocrate ait lieu dans l’État de Caroline du Sud, qui compte une importante communauté noire, où ce dernier a confortablement remporté l’investiture. 

Si le bloc des électeurs noirs aux États-Unis s’est toujours identifié au parti démocrate (contre 42% de l’électorat blanc et 63% des électeurs latinos à titre de comparaison). Le niveau historiquement bas du soutien de cette communauté en 2024 inquiète grandement l’appareil Démocrate, notamment pour le vote dans les États clés, en novembre prochain. 

Le Révérend Jessee Lee Peterson est intervenu durant l’émission spéciale Fox News@Night pour livrer son point de vue particulièrement éclairant sur la situation (source : Black voters flocking to Trump, can no longer « afford » to vote for Biden in 2024, reverend says, par Bailee Hill, Fox News, publié le 13 mars 2024). Selon lui, la communauté afro-américaine est touchée de plein fouet par la criminalité des nouveaux entrants, les migrants, car les immigrés clandestins continuent d’affluer au travers de « frontières poreuses » au sud du pays : 

« C’est l’économie, ce sont les frontières » affirme-t-il. 

« Ce dont on ne parle pas, c’est qu’un grand nombre d’étrangers arrivent et se retrouvent au sein même des zones où habitent les noirs, leurs enfants au sein même des écoles de la communauté. Les affrontements entre gangs afro-américains et les gangs hispaniques pour le contrôle des territoires deviennent incontrôlables » poursuit-il.

Baisse du pouvoir d’achat, sentiment de déclassement, insécurité financière et hausse de la criminalité, telles sont les raisons, qui depuis l’administration Obama, expliquent le décrochage du vote afro-américain en faveur des Démocrates. 

Un autre facteur- clé est mis en avant par le Révérend Jessee Lee Peterson : le problème de représentativité.

Les électeurs noirs-américains moyens ne se sentent pas représentés dans la classe politique Démocrate, car les politiques actuels ne semblent se préoccuper que de leurs propres motivations, à savoir l’argent et le pouvoir. Un grand classique me direz-vous, que l’on retrouve dans n’importe quel appareil politique d’État. 

Le décrochage a commencé selon lui, sous l’administration Obama : « Je n’ai jamais imaginé que des membres de ma propre famille voteraient pour Donald Trump. Cela remonte à l’ère Obama. Beaucoup de Noirs américains croyaient en Obama, mais il n’a pas créé d’emplois pour eux. Il n’a absolument rien fait pour eux et Joe Biden, lui, les a anéantis ». « Il ne peuvent plus se permettre de voter pour Joe Biden » conclut-il. 

Panique chez les Démocrates

Le parti démocrate de Caroline du Sud, où le vote de la communauté afro-américaine a sauvé la candidature de Joe Biden aux élections primaires de 2020, a lancé en Février dernier un programme visant à « éduquer » les électeurs noirs de l’État. (Biden support from Black voters plumeting as Democrats blame ‘disinformation’, par Anders Hagstrom, Fox News, publié le 5 février 2024)

Les responsables du Parti ont effectué à ce titre une tournée de 30 arrêts en bus dans tout l’État, afin, selon eux, « de combler le déficit d’information » de cet électorat : « Nous devions informer nos électeurs et créer un espace pour que nos candidats puissent parler de leur bilan » a déclaré Mme Christale Spain, Présidente du parti démocrate en Caroline du Sud.

« C’est la raison pour laquelle nous avons lancé cet effort historique, afin de combler ce que je considère, comme un manque d’information et non un manque d’enthousiasme ». Le journaliste Anders Hagstrom pointe les sujets majeurs mis en avant par l’appareil de Parti pour « éduquer » son électorat : la promotion de la loi anti-inflation et l’annulation des prêts étudiants notamment. 

La cote du Président Biden historiquement basse et les récents sondages affolent les commentateurs démocrates, certains estimant, « qu’il est temps de paniquer ». 

« Si l’on compare le contexte actuel aux précédentes élections présidentielles, ce qui est clair, c’est qu’il n’y a pas pire situation pour un président sortant à un an d’une élection, depuis l’avènement de l’ère des sondages, c’est-à-dire depuis les années 1930. Il s’agit aussi de la situation la plus désastreuse à laquelle un candidat démocrate ait été confronté depuis des décennies » a déclaré pour Fox News, en janvier dernier David Faris, écrivain et professeur de sciences politiques à l’Université Roosevelt. 

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