Et si la Transnistrie venait à chuter ?

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Illustration : Vadim Krasnosselski, président de la Transnistrie / Novostipmr

Le chancelier allemand Scholz vient de l’admettre à demi- mot : il est désormais établi que la guerre par procuration entre l’Otan et la Russie en Ukraine a évolué vers un conflit chaud limité mais non déclaré. 

Cet équilibre précaire pourrait facilement basculer vers un conflit incontrôlable si la Transnistrie venait à chuter.

Du reste, fin février 2024, des spéculations ont bel et bien circulé selon lesquelles la Transnistrie, région séparatiste non reconnue de Moldavie, pourrait devenir le déclencheur d’un conflit plus large après que son parlement ait sollicité l’assistance russe pour atténuer le blocus économique imposé par Chisinau et Kiev.

Tiraspol a également demandé à Moscou d’intervenir diplomatiquement pour relancer les pourparlers sur son statut, sachant que près de la moitié des 450 000 habitants de la région sont des citoyens russes.

Pour mémoire, près d’un an auparavant, en février 2023, les hauts gradés russes avaient averti que l’Ukraine préparait une provocation sous faux drapeau en Transnistrie, impliquant des militants d’Azov déguisés en soldats russes. 

Cette menace n’a pas été prise au sérieux à l’époque, car elle ne s’est pas matérialisée, principalement en raison de la concentration de l’Occident sur une contre-offensive qui s’est avérée être un échec. Toutefois, aujourd’hui, la Transnistrie revient sur le devant de la scène.

L’Occident préférerait contraindre politiquement la Transnistrie par des moyens économiques afin de remporter une victoire symbolique alors que l’Ukraine peine à contrer les avancées russes depuis sa défaite à Avdeevka en février 2024. 

Cette stratégie se traduit par un blocus économique, une guerre d’information contre le gouvernement local et des tentatives d’infiltration de cellules dormantes, rendant la situation intenable pour les autorités locales qui ont donc sollicité le soutien de la Russie.

Si la situation s’aggrave, que ce soit sous la pression exercée par l’Occident ou à la suite d’une provocation similaire émanant de la Russie comme en 2003, la Transnistrie pourrait devenir le déclencheur d’un conflit régional majeur

Bien que l’Allemagne ait récemment reconnu cette évolution vers un conflit chaud limité, il est crucial d’empêcher une escalade incontrôlée si la Transnistrie venait à succomber.

Or chacun sait que la Russie maintient plus de 1 000 Casques bleus en Transnistrie en vertu d’un accord des années 1990 avec la Moldavie, qui souhaite maintenant leur départ. 

Avec environ 200 000 citoyens russes dans la région, la Russie ne peut rester passive si la Transnistrie est menacée. Cependant, une intervention conventionnelle est difficile en raison de l’absence de voies terrestres directes vers la région.

Face à cette situation, le président Poutine pourrait être contraint de recourir à des mesures plus drastiques, telles qu’une riposte militaire contre toute attaque des forces moldaves soutenues par la Roumanie et l’Ukraine. 

Bien que l’idée de déclencher une Troisième Guerre mondiale pour la Transnistrie semble absurde, elle mettrait en lumière les risques potentiels d’une escalade incontrôlée.

Il est dans l’intérêt de toutes les parties de trouver une solution diplomatique à la crise actuelle. Cela pourrait se faire par la reprise des pourparlers de paix ou, plus risqué, par une escalade contrôlée de la part de la Russie.

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