La reprise du dialogue franco-marocain entre hésitations et politiquement correct

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Le Royaume du Maroc et l’AFD (L’Agence française de développement) renforcent leur partenariat dans le domaine de l’éducation. Ici à l’ambassade de France : Monsieur Fouzi LEKJAA, Ministre délégué chargé du budget, Monsieur Chakib BENMOUSSA, Ministre de l’Education Nationale, du Préscolaire et des Sports, son Excellence Monsieur Christophe LECOURTIER, Ambassadeur de France au Maroc et Madame Quiterie PINCENT, Directrice de l’AFD Maroc. Photo Ambassade de France au Maroc.

Article publié sur le site Le Collimateur  

Les relations franco-marocaines ont été toujours contrastées entre un partenariat multidimensionnel renforcé et des malentendus cycliques. Un paradoxe singulièrement ancré depuis la présidence de Hollande et Macron. Il fut un temps où les relations ont été au beau fixe durant les deux mandats de Chirac et de Sarkozy. Le couple franco-marocain vivait sa lune de miel en développant une association économique, une convergence stratégique et une concorde politique. Cependant, depuis trois ans, les relations se sont tendues et les divergences sont sorties au grand jour. Comment expliquer une telle distorsion, alors que les relations économiques sont consolidées, l’afflux des touristes français ne cesse de monter en puissance, la part des investissements français au royaume ne cessent d’augmenter et la coopération en matière de lutte contre le terrorisme est un cas d’école.

Plusieurs crises de faible intensité ont secoué le binôme prenant des formes ambigües, notamment la congélation des relations diplomatiques, les manœuvres et procès d’attention du parlement européen, téléguidées par Paris au sujet de la liberté de la presse, la tentative d’ingérence dans la gestion du séisme qui a frappé le sud du Maroc, les mesures de rétorsions par la baisse drastique des visas, le psychodrame autour de l’expulsion de l’imam virulent marocain et les annulations en cascade d’une hypothétique visite de Macron au Maroc… autant d’éléments qui s’inspirent du dicton: « l’arbre qui cache la forêt ».

Cependant, depuis quelques semaines, les observateurs ont enregistré un foisonnement et un dégel dans les relations bilatérales, entre autres, la nomination des deux nouveaux ambassadeurs à Rabat et à Paris, l’invitation des princesses royales à Paris par la première dame de France, la conférence- débat animée à l’université Hassan II par l’ambassadeur de France à Rabat où il a été question du dossier brûlant: « La France utilise des lunettes dont les verres sont inadaptés pour la lecture du dossier sensible du Sahara » en réaction au discours de Sa Majesté: « Le Maroc regarde le monde par le prisme du Sahara ». Enfin, la visite du ministre des Affaires étrangères Stéphane Sejourné (sa première sortie en Afrique) où il a affirmé le soutien français à l’option de l’autonomie dans le cadre d’une reprise de dialogue entre les protagonistes. Une position qui n’est pas différente ou audacieuse par rapport à celle optée par beaucoup d’États amis du Maroc ! Une visite si attendue, mais finalement consistance nouvelle ou position reconnaissant explicitement la marocanité du Sahara. Stéphane Sejourné parlait avec une grande prudence pour ne pas dire une langue de bois en velours.

La conférence commune des deux ministres laisse apparaître une relative prudence et le spectre de la pression algérienne. Les déclarations de l’un comme de l’autre se sont limitées aux dossiers géopolitiques génériques (Ukraine, Gaza, Union pour la Méditerranée, Afrique, les différends économiques et protectionnisme du nord vers le sud du bassin).

On serait presque tentés de dire « tout ça pour ça » et on ne peut qu’acter que le différend politique entre les deux pays ne cesse de se creuser au sujet du Sahara marocain. Désormais, la France cherche d’abord à se positionner sur le marché marocain sans tenir compte que le Maroc d’aujourd’hui n’est plus le Maroc d’hier et que la visite de Macron au Maroc ou de Sa Majesté à Paris ne peuvent avoir lieu que si le dialogue entre les deux pays devient explicitement politique, qui sous-entend la sortie de la France à la fois de sa zone de confort devenue intenable et sa soustraction de l’emprise d’Alger.

Enfin, il faut rappeler que la France est doublement confrontée au séparatisme en Corse et en Nouvelle Calédonie, inscrit dans l’agenda politique d’Emmanuel Macron qui propose une large autonomie sous souveraineté française. Tel est le paradoxe de la doctrine française en la matière !


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