ANALYSE – Comparaison programme Rafale versus Eurofighter : Conséquences pour le programme SCAF

Rafale versus Eurofighter
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par le Général (2s) Jean-Bernard Pinatel

Au moment où notre européiste de Président veut que la France participe au SCAF quoiqu’il en coûte pour les capacités opérationnelles de nos forces armées, nos finances publiques et notre balance commerciale ;  au moment où les allemands font pression pour confier la maitrise d’œuvre du SCAF à un organisme comme cela a été le cas pour l’EUROFIGHTER, il est utile faire un bilan comparatif de ce programme avec celui du RAFALE en prenant en compte quatre critères : les performances des deux appareils, le coût unitaire d’achat, le coût de la MCO durant la durée de vie des appareils et les exportations engendrées qui sont une source d’équilibre de la balance commerciale et d’influence.

En analysant tous ces critères, il apparait évident qu’il est souhaitable que la France se retire du programme tripartite SCAF (Allemagne, Espagne, France), si la maitrise d’œuvre du programme n’est pas confiée à Dassault qui dispose de 80% des technologies nécessaires, avec la capacité pleine et entière pour le maître d’œuvre de choisir ses sous-traitants. En effet, L’Espagne a été rajoutée au programme en cours de route afin de diminuer le poids de Dassault. De fait la voix d’Airbus compte maintenant double dans l’organisme chargé de sa maîtrise d’œuvre.

L’échec financier et en matière d’exportation et du programme Eurofighter et le fait qu’il ne réponde pas de façon optimale aux spécifications pour notre armée de l’air et pour notre marine devrait pourtant éclairer le choix de nos responsables politiques.

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Performances comparées des deux appareils

  • Capacités opérationnelles
    • Rôle Principal : L’Eurofighter a été conçu avant tout comme un intercepteur pour la supériorité aérienne (chasseur “pur” pour le combat air-air à haute vitesse).
    • Performances Pures : Excellent en vitesse, accélération et taux de montée. Il est légèrement plus rapide que le Rafale (vitesse max de Mach 2 contre Mach 1,8 pour le Rafale) et a un meilleur rapport poussée/poids
    • Maniabilité / Dogfight : Très maniable, mais il a tendance à perdre plus d’énergie lors des manœuvres très serrées (dogfight) par rapport au Rafale. Les exercices montrent que le Rafale prend régulièrement l’avantage en combat rapproché.
    • Polyvalence (Multi-rôle) : Ses capacités air-sol ont été ajoutées plus tardivement et sont moins satisfaisantes que celles du Rafale, conçu dès le départ comme “omnirôle”. L’agencement du cockpit (plans canards limitant la vue vers le sol) est mentionné comme une contrainte pour l’attaque au sol.
    • Électronique : Les versions les plus récentes (comme le radar AESA ECRS Mk2) sont considérées comme très performantes, mais il existe une hétérogénéité des configurations selon les pays (Royaume-Uni et Italie ont souvent des systèmes plus avancés que d’autres partenaires).
  • Coût unitaire de production
  • Le coût unitaire de production comprenant le coût du développement entièrement supporté par la France est de 160 M€ pour le RAFALE contre 120M€ pour l’Eurofighter pour la Grande-Bretagne (seul chiffre des pays du consortium disponible) qui en a commandé 160.
  • Coût de Maintien en Condition Opérationnelle (MCO)

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Le coût d’exploitation de l’EUROFIGHTER est trois fois plus élevé que celui du RAFALE

  • Coût de l’heure de vol : L’Eurofighter est généralement considéré comme l’un des chasseurs occidentaux ayant le coût horaire le plus élevé, derrière le F-22 Raptor. Les estimations varient, mais le chiffre le plus souvent avancé dans les analyses comparatives européennes est d’environ 60 000 €/heure de vol. Ce coût est nettement supérieur à celui du Rafale estimé entre 16 000 et 20 000 €/heure ou du F-35 entre 25 000 et 40 000 €/heure.
  • Les raisons de ce coût élevé :
    • Ses deux réacteurs EJ200 ont une consommation de carburant (kérosène) plus élevée que le Rafale.
    • La maintenance est jugée plus complexe et plus coûteuse, en raison de la complexité des systèmes de l’appareil et de l’organisation industrielle quadri-nationale qui engendre des surcoûts et des dépendances logistiques.
    • Le maître d’œuvre du projet pour les gouvernements est la NETMA (NATO Eurofighter and Tornado Management Agency), qui représente les quatre pays acheteurs principaux : le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne

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Bilan financier du programme

  • Pour le RAFALE le coût total (développement et achat) de 286 appareils est estimé 46 milliards (source MinDef) soit 160 M€ par appareil.

Si nous prenons la base prévisionnelle du MCO de 20000€/ de vol et de 7000 heures de vol de durée de vie pour la cellule d’un RAFALE, le coût de la MCO revient à 140 millions par RAFALE

Soit pour un appareil en prenant en compte le coût du développement, les prix d’achat et le MCO durant la durée de vie un coût de 300 millions d’euros

  • Pour l’EUROFIGHTER

Prix d’achat :  la seule donnée en ma possession provient de l’Allemagne. Le prix unitaire moyen payé l’Allemagne est de 120 M€ par appareil soit pour 180 avions soit un coût d’achat de 22 milliards 

MCO : pour l’Allemagne le coût prévisionnel était de 30 milliards d’euros pour 180 avions. La Cour fédérale des comptes allemande a estimé que ce coût total sur le cycle de vie pourrait atteindre le double, soit 60 milliards d’euros pour 180 avions (chiffres de 2014), ce qui représente un dépassement de +100% pour cette seule partie du budget.

Soit un total prévisionnel de 82 milliards pour 180 avions soit 455 Millions d’euros par appareil

En conclusion : le prix unitaire d’achat pour l’armée française qui prend en compte le développement et la production auquel s’ajoute le coût de la MCO pour une durée de vie de 7 000 heures de vol est de l’ordre de 300 M€ pour le RAFALE contre 455M€ pour l’EUROFIGHTER soit 50% plus cher.

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  • Exportations

Les exportations d’un avion de combat constituent un facteur d’équilibre de la balance commerciale et un vecteur d’influence pour le pays exportateur.

Là encore le bilan est très favorable pour le RAFALE dont les exportations ou le carnet de commandes sont plus de deux fois supérieur à l’EUROFIGHTER : 323 RAFALES dans huit pays contre seulement 148 pour l’EUROFIGHTER dans quatre pays du Golfe.

RAFALE : Émirats Arabes Unis : 80 ; Inde : 62 ; Égypte : 55 ; Indonésie : 42 ; Qatar : 36 ; Grèce : 24 dont 12 d’occasion prélevé sur notre armée de l’air ; Croatie : 12 ; Serbie :12.

EUROFIGHTER : Arabie Saoudite : 72 ; Qatar : 36 avions ; Koweït : 28 avions ; Oman : 12 avions

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