
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Les manœuvres en vue de la succession sur le trône de Pierre ne commencent jamais après la mort du Pape. Elles commencent bien avant…
Dans l’Église de Rome, comme dans toute structure de pouvoir ancienne, la transition n’est jamais purement spirituelle : elle est aussi diplomatique, politique, doctrinale. Et commerciale. Le conclave qui se prépare pour le mois de mai est donc chargé d’attentes, de secrets, d’inquiétudes et d’influences qui ont peu à voir avec l’image apaisée de l’action de l’Esprit Saint.
Dans les milieux ecclésiastiques – et au-delà – il se murmure depuis longtemps que l’agonie de François avait déjà mis en branle l’habituel ballet de courants, de parrains et de factions, bien que le récit officiel continue d’évoquer pieusement la volonté divine. La réalité, comme souvent, est plus rugueuse. Une tradition tenace veut que le conclave soit moins un moment de discernement qu’un champ de bataille : entre conservateurs et progressistes, entre Nord et Sud, entre la curie romaine et les périphéries du monde catholique.
On invoque, comme il se doit, la prière et l’humilité. Mais en coulisses, les contacts se multiplient, les alliances se tissent, les équilibres se négocient. Car le prochain Pontife – plus encore que vicaire du Christ – devra être le garant d’un ordre global : non seulement doctrinal, mais aussi financier, géopolitique, médiatique. Les congrégations générales, moment d’échanges entre cardinaux électeurs et non-électeurs, offrent une dernière vitrine avant la clôture. Mais les véritables décisions se prennent ailleurs.
L’histoire récente le confirme : le conclave qui a élu Ratzinger en est un bon exemple. Jugé clivant, il fut pourtant choisi grâce à une improbable convergence des camps apparemment opposés. Un rappel que, dans le secret de la chapelle Sixtine, même les scénarios les mieux préparés peuvent être renversés par des coups de théâtre, des manœuvres nocturnes ou – pourquoi pas – des inspirations inattendues.
Ce conclave ne sera pas seulement influencé par la mémoire du pape défunt. Il sera marqué par la crise globale de l’Église : celle d’une foi qui recule en Europe, celle de guerres que Rome ne sait plus nommer, où la souffrance des enfants n’a pas trouvé l’écho mondial réservé aux funérailles pontificales. Ce déséquilibre interroge en profondeur : car un monde qui pleure le pape et oublie les victimes collectives court le risque de perdre toute boussole morale.
Il faut aussi parler de l’ingérence séculaire des puissances terrestres. Sous des formes nouvelles, certes : plus de veto impérial, mais la pression des diplomaties, des fondations internationales, des médias religieux et même des bookmakers qui transforment le conclave en spectacle à côtes. Rien de tout cela n’est nouveau, ni nécessairement scandaleux…
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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