
Par Alain Rodier
La rencontre entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine sur la base militaire interarmées Elmendorf-Richardson (JBER) était attendue par tout le monde avec appréhension ou espoir alors que le conflit Russie-Ukraine entre dans sa quatrième année.
Les deux dirigeants devaient avoir un entretien en tête à tête mais ce dernier a eu lieu en présence De proches collaborateurs dont le secrétaire d’État Marco Rubio et l’envoyé spécial Steve Witkoff…
La brève conférence de presse qui a suivi a été un enchaînement de banalités qui n’a apporté aucunes nouvelles informations sur ce que l’on savait déjà . En résumé : la balle est dans les mains du président Volodymyr Zelinsky…
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Signe de puissance ou d’impuissance ?

Des chasseurs F-35 escortant un B-2 ont survolé la base à l’arrivée de Trump et Poutine. Des chasseurs F-22, ainsi que des hélicoptères d’attaque AH-64 Apache, étaient également exposés au sol. Il est peu probable que cela ait impressionné le président Poutine qui risque d’avoir estimé cette démonstration martiale comme déplacée pour une rencontre entrant dans le cadre de négociations pour obtenir une paix durable et intitulée par le pays hôte : « À la poursuite de la paix. »
La réunion s’est terminée après trois heures de discussions sans qu’aucun accord ne soit conclu.
Lors de la conférence de presse conjointe, Poutine qui a parlé le premier (le protocole aurait voulu que l’invitant – Trump – soit le premier à le faire) a déclaré qu’il était « sincèrement intéressé » à mettre fin au conflit… Il a ajouté s’attendre à ce que l’Ukraine et ses alliés européens acceptent de manière constructive les résultats des négociations américano-russes et ne tentent pas de « perturber les progrès qui se dessinent. »
« Nous avons progressé » a ensuite déclaré Trump tout en précisant : « il n’y a pas d’accord jusqu’à ce qu’il y ait un accord. »
Toutefois, les deux dirigeants ont affirmé avoir progressé sur des points non précisés. Ils n’ont fourni aucun détail et n’ont répondu à aucune question.
Trump souhaite organiser très vite un sommet tripartite avec le chef d’État russe et son homologue ukrainien Zelensky et de décrocher un cessez-le-feu mais il n’a rien évoqué de tout cela aux côtés de Vladimir Poutine, face aux journalistes.
Mais dans un entretien sur la chaîne Fox News enregistré juste après les déclarations à la presse, Donald Trump a estimé qu’un accord pour mettre fin à la guerre «dépendait vraiment du président» ukrainien.
Une victoire temporaire pour Poutine ?
Le simple fait de s’asseoir face à face avec le président américain a représenté une victoire pour Poutine, ostracisé par les dirigeants occidentaux depuis le déclenchement de l’« opération spéciale » lancée en Ukraine en 2022.
De plus, après le sommet, Trump a déclaré sur Fox News, qu’il surseoirait à imposer des droits de douane à la Chine pour l’achat de pétrole russe : « à cause de ce qui s’est passé aujourd’hui, je pense que je n’ai pas besoin d’y penser maintenant […] J’y réfléchirai peut-être dans deux ou trois semaines, mais nous n’avons pas besoin d’y penser maintenant.»
À remarquer que Trump avait également menacé Moscou de sanctions, mais n’a pas encore donné suite, même après que Poutine a ignoré l’échéance du cessez-le-feu imposé par la Maison-Blanche plus tôt ce mois-ci.
Il s’agissait de la première visite de Poutine aux États-Unis depuis dix ans. L’enjeu est l’avenir de deux nations qui se battent depuis plus de dix ans dans un conflit qui a coûté la vie à des dizaines de milliers d’individus, laissé une grande partie de l’Ukraine et de certaines parties de la Russie en ruines et attiré des armes et des combattants du monde entier.
Trump avait annoncé vouloir un cessez-le-feu « rapidement » mais avait précisé : « Je ne sais pas si ce sera aujourd’hui, mais je ne serai pas satisfait si ce n’est pas aujourd’hui. »
Conclusion, quoiqu’il en dise, il ne doit pas vraiment être satisfait.
Bien que le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’ait pas participé au sommet, Trump avait aussi déclaré que le dirigeant ukrainien serait invité à participer au processus ultérieurement.
Poutine a déclaré à plusieurs reprises vouloir conserver ces territoires conquis : toute la Crimée et de vastes portions des oblasts de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson, à l’est et au sud de l’Ukraine. La Crimée a été annexée en 2014, tandis que les quatre autres régions l’ont été en 2022.
Par ailleurs, Poutine exige que les flux d’armes vers l’Ukraine cessent et que Kiev déclare sa neutralité et mette fin à sa candidature à l’OTAN.
Zelensky, pour sa part, a affirmé que si la paix est indispensable, aucun accord ne peut être conclu sur un échange de territoires. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment la constitution ukrainienne qui l’interdit ainsi que la volonté du peuple.
Les responsables européens ont rejeté les appels de Poutine à l’abandon des territoires annexés par l’Ukraine, exigeant un cessez-le-feu immédiat de Moscou et, à terme, l’adhésion de Kiev à l’OTAN.
Pendant ce temps, la Russie continue de progresser sur les 965 kilomètres de front, grignotant lentement du territoire.Même si cela implique un coût énorme en personnels et en équipements, un premier pas vers la paix serait un cessez-le-feu qui gèlerait les combats là où ils se déroulent.

Les gains de la Russie en 2025 (en jaune sur la carte ISW ci-avant) ne sont pas énormes en soi, mais dans une guerre d’usure classique, la puissance dominante prend progressivement l’avantage.
En plus des combats en cours, la Russie continue de bombarder les villes ukrainiennes tandis que Kiev riposte en frappant les raffineries et les approvisionnements en armes russes.

Ainsi, à la mi-août, les forces d’opérations spéciales ukrainiennes ont frappé le port d’Olia sur la mer Caspienne, coulant le cargo « Port Olya 4 ». Le navire transportait apparemment des composants pour drones Shaheds et des munitions en provenance d’Iran.
Quelles vont être les suites ?
Le dirigeant américain avait utilisé le renforcement des sanctions économiques contre la Russie comme un moyen de pression pour inciter Poutine à un cessez-le-feu, menaçant la Russie de « graves conséquences économiques » si Poutine ne se montre pas disposé à mettre fin à l’invasion russe de l’Ukraine aujourd’hui. Il semble que cela n’est plus à l’ordre du jour.
Il est peu probable que la Russie arrête ses opérations de grignotage sur le terrain puisqu’elle semble avoir aujourd’hui l’avantage. Cela dit, des renforts ukrainiens devraient arriver prochainement sur les lieux en difficulté pour tenter d’inverser la situation.
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