
Sarah Ben Néfissa, sociologue spécialisée dans les questions politiques, se concentre sur l’Égypte et le monde arabe. Elle est directrice de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et membre de l’unité mixte de recherche Développement et sociétés (IEDES-IRD).
Pierre Vermeren est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris1-Panthéon-Sorbonne, historien des mondes arabo-berbères d’Afrique du Nord contemporains et de la décolonisation.
Ensemble, ils ont co-dirigé Les Frères musulmans à l’épreuve du pouvoir : Égypte, Tunisie (2011-2021), publié en janvier 2024 aux éditions Odile Jacob.
Ils ont accepté de répondre aux questions du Diplomate sur les thématiques abordées dans leur livre, notamment la place des Frères musulmans dans les dynamiques politiques actuelles.
Propos recueillis par Mathilde Georges
Le Diplomate : Pourquoi écrire sur les Frères musulmans en particulier à ce moment précis de l’histoire ?
Sarah Ben Néfissa/Pierre Vermeren : Pour la première fois les FM arrivent au pouvoir démocratiquement en 2011. Même si pour l’Égypte leur expérience au pouvoir n’a duré qu’une seule année cela n’a pas été le cas pour Ennahdha en Tunisie, qui a dominé la scène politique près d’une décennie. Nous sommes loin de l’expérience algérienne des années 80. Il est donc fondamental pour la recherche d’analyser cette expérience du pouvoir afin de bien comprendre qu’elle est au juste la nature de leur projet et les moyens adoptés pour le mettre en œuvre. Il ne s’agit plus de se limiter à leurs discours mais d’analyser également leurs actes, décisions, choix d’alliance politiques, politiques publiques etc. Leur passage à la légalité, à la liberté et au pouvoir ont mis en lumière des nouveaux matériaux pour la recherche qui permettent d’enrichir considérablement la compréhension de la confrérie. Enfin, dans les deux pays, on a observé très rapidement une perte de légitimité et de soutien massif de la population envers les Frères : après les avoir portés au pouvoir, elle s’est retournée contre eux, au point de soutenir les coups d’État, qui ont mis brutalement fin à leur gouvernement, même quand ce fut de manière extrêmement meurtrière en Égypte.
En quoi la comparaison entre la Tunisie et l’Égypte était-elle particulièrement intéressante à étudier dans le cadre de l’ascension et de la chute des Frères musulmans au pouvoir
Sur le plan de l’analyse,l’immense littérature en arabe des Frères Musulmans et sur les Frères Musulmans se trouve en Égypte et non pas en Tunisie. C’est en Égypte que la confrérie est née en 1928. De plus, avant le verrouillage sécuritaire du régime actuel, l’Égypte a disposé d’une tradition de liberté de presse et de publication. Ce n’est pas le cas de la Tunisie qui n’a joui pleinement de ces libertés qu’après 2011. Enfin, la domination du champ académique francophone en Tunisie a, d’une certaine manière, conforté le faible accès des chercheurs à cette riche littérature s’exprimant en arabe, d’autant qu’elle est traitée avec une forme de mépris par la recherche occidentale. Ce n’est pas le cas de notre ouvrage. Sur les 8 chercheurs qui ont participé avec nous à cet ouvrage, sept sont égyptiens et tunisiens : Tewfik Aclimandos, Hafedh Chekir, Mustapha El Haddad, Amr Elshobaki, Anne-Clémentine Larroque, Asma Nouira, Hamadi Redissi, Jallel Saada.
Ce sont les deux pays qui ont inauguré le « printemps arabe » de 2011 et dans ces deux pays les Frères Musulmans sont arrivés au pouvoir démocratiquement à la suite de soulèvements qu’ils n’ont pas initiés. Le coup d’État militaire de juillet 2013 en Égypte, qui a destitué le président Mohamed Morsi, a été interprété uniquement en liaison avec le poids politique, social et économique de l’armée égyptienne qui souhaitait défendre ses privilèges. Le retournement rapide de l’opinion publique égyptienne contre les Frères Musulmans n’a pas été suffisamment analysé. Une telle mésaventure ne semblait pas pouvoir intervenir en Tunisie car Ennahdha bénéficiait, notamment en France, de l’image d’un mouvement islamiste « modéré » et moderne. Or en 2021, le coup d’État de Kaïes Saïd, il est vrai démocratiquement élu en 2019, a abouti au même résultat avec un retour progressif à l’autoritarisme. Il est donc possible de parler d’échec des Frères Musulmans au pouvoir dans les deux pays, échec annonciateur de l’échec global du « printemps arabe » de 2011. Ce n’est pas rien. Notre ouvrage a tenté de comprendre notamment les causes profondes du désaveu des Frères Musulmans de la part de ceux-là mêmes qui ont voté pour eux.
Quelles sont, selon vous, les principales raisons du désaveu populaire contre les Frères Musulmans ? Quelles erreurs stratégiques principales ont été commises dans la gestion du pouvoir
Les raisons varient entre les deux pays car évidemment leurs contextes sont différents. Pour l’Égypte, il s’agit des conséquences des mauvais calculs politiques de leur direction qui n’a pas été capable d’analyser le rapport de forces entre elle et ses adversaires. Elle s’est alliée à l’acteur militaire contre les autres forces politiques et sociales, et c’est ce même acteur militaire qui a destitué Mohamed Morsi. Mais en même temps, ces erreurs politiques sont révélatrices de la fermeture sur elle-même de sa direction, liée notamment à la nature sectaire de leur organisation. En proposant aux Qataris de prendre une concession sur le Canal de Suez en échange d’une rente, les FM égyptiens ont démontré qu’ils ne comprennent rien à l’Égypte et aux Égyptiens, à leur histoire et à la nature du nationalisme égyptien : ils le refusent certes, mais il existe…
L’analyse de l’expérience tunisienne est fondamentale car Ennahdha a été un acteur dominant de la scène politique près d’une décennie (2011-2021). En réalité il y a eu un malentendu entre Ennahdha et ses électeurs. Ces derniers souhaitaient porter au pouvoir des gens religieux, supposés honnêtes, respectant leur parole et faisant de la bienfaisance grâce à l’argent du Golfe. Le vote islamiste ne visait ni l’unification de la Umma, ni le Califat, ni l’application de la Loi Islamique, mais la restauration de conditions de vie économiques et sociales décentes pour le peuple de Tunisie. Après une décennie, leurs électeurs ont vu que rien n’a été fait : la crise de l’école s’est amplifiée et aucun hôpital public n’a été créé. Ils ont accentué le libéralisme de Ben Ali, et œuvré à la déliquescence des services publics éducatifs et médicaux. Ennahda a multiplié les écoles privées et coraniques, un million d’enfants a été déscolarisé. Ajoutons à cela la dévaluation, l’inflation, et la brouille avec le FMI, qui ont fait chuter le pouvoir d’achat de moitié, y compris pour les fonctionnaires. Enfin, la question sécuritaire a été décisive : les assassinats de politiques, de policiers, de militaires et de touristes -musée du Bardo et plage à Sousse-, et les milliers de départs au djihad syrien ont discrédité des chefs irresponsables.
En réalité il s’agit là des résultats de la conception de la réforme et de la gouvernance des Frères Musulmans aussi bien en Égypte qu’en Tunisie, et qui est d’abord et avant tout une réforme de nature religieuse. Selon eux, c’est la religion qui réforme, ce n’est pas l’État. Or aussi bien les Égyptiens que les Tunisiens sont attachés à leur État et sont même en demande de plus d’État ! Il s’agit là d’une caractéristique commune aux deux pays qui ont connu une modernisation politique et culturelle « précoce » avant même la colonisation, et un processus de construction d’un État-Nation conforté par la suite par les mouvements nationalistes. Ces deux nationalismes « stato-centrés » ne sont pas évidemment pas contradictoire avec la solidarité des Égyptiens et des Tunisiens avec les autres arabes et musulmans comme on le voit actuellement pour ce qui se passe à Gaza. Or de manière incomprise par la recherche académique occidentale -bien que ce soit leur horizon le plus stable-, les Frères Musulmans sont demeurés fidèles à leur idéologie fondatrice marquée par le mythe califal, le désir intense d’unification de tous les musulmans de la terre, et qui considère notamment l’État-Nation comme un héritage occidental pour diviser les musulmans. Cette particularité n’est pas comprise par la recherche académique européenne car les chercheurs considère l’État-nation comme une sorte d’évidence ! Or nationalisme des FM est d’abord et avant tout religieux et islamique. C’est en appliquant la loi islamique et en devenant des « vrais » musulmans que les Tunisiens et les Égyptiens doivent selon eux résoudre l’ensemble de leurs problèmes. Encore faut-il accepter et comprendre le fait religieux en tant que tel !
Ceci nous amène à une 3e caractéristique de leur idéologie : ils considèrent que les Tunisiens et les Égyptiens et les autres musulmans « ordinaires » sont insuffisamment musulmans voire même des non-musulmans. De ce point de vue, les caractéristiques de leur propre organisation sont révélatrices. Ce n’est pas une organisation politique mais une organisation religieuse, ou mieux encore une secte religieuse qui a pour activité principale la réislamisation des individus, qu’elle sélectionne longuement. En effet, l’adhésion à la confrérie n’est pas volontaire, et il faut un minimum d’une dizaine d’années pour obtenir le statut de membre à part entière. Un des ouvrages publiés par un cadre d’Ennadha en 2014 explique que l’activité éducative au sein de la confrérie permet de « purger » le futur militant de la morale antéislamique, de rectifier le relâchement de ses mœurs, de le libérer des déviances religieuses qui le conduisent à associer une autre déité (comme l’État-nation par exemple) à Allah. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera procédé à son « remplissage » avec la morale supérieure de l’islam !
A partir de là , les Frères Musulmans ne veulent pas réformer par des politiques publiques mises en œuvre par l’appareil d’État, mais en plaçant l’État et la société sous le contrôle de leur organisation, composée de « vrais musulmans ». D’où le recrutement des dizaines de milliers de fonctionnaires parmi leurs militants. C’est ce qu’ils nomment le Tamkin, qui vise à pérenniser leur domination, même s’ils quittent le pouvoir. Il se réalise par la nomination de leurs membres au sein de l’administration, des associations, et par le noyautage des partis politiques, surtout s’ils leur sont hostiles. Au passage, cela a achevé de plomber et de mettre en quasi-faillite les finances de l’État tunisien, qui est devenu obèse et impotent, les 150 000 nouveaux fonctionnaires n’ayant aucune compétence particulière dans leurs fonctions.
Quelles leçons peuvent être tirées de l’expérience des Frères musulmans en Tunisie et en Égypte ?
Plusieurs leçons peuvent être tirées de cette double expérience. D’abord l’importance pour les chercheurs de tenir compte et d’analyser l’idéologie des acteurs pour restituer la logique de leurs pratiques. En Égypte, les Frères Musulmans ont maintenu leur organisation, alors qu’ils disposaient du Parti Liberté et Justice. Ils ont même construit un très grand immeuble comme local sur la colline de Moukatem au-dessus du Caire. C’est au sein de ce grand bâtiment que se faisaient les grandes réunions non pas au Palais Présidentiel. C’est là ou se rendaient les grands visiteurs étrangers et les ambassadeurs. Cette sorte de dédoublement a eu pour conséquence de minorer non seulement l’image du Président Morsi, mais également celle de l’ensemble de l’institution présidentielle et de l’appareil d’État, si centrale dans la société égyptienne. Or il ne s’agit pas là d’une simple erreur de leur part. Le maintien de leur organisation a été légitimé publiquement par l’un de leurs hauts dirigeants. Pour ce dernier, chaque aspect de la vie doit être islamisé et l’instrument primordial pour cela est leur organisation. Cette dernière peut créer un parti, des associations, ou des écoles mais elle est destinée à demeurer…
Le second constat est le fait que les Frères Musulmans, près d’un siècle après leur fondation, sont demeurés fidèles à leurs fondamentaux. Un tel phénomène peut être est analysé dans le cadre de la nature de leur organisation, qui repose sur l’obéissance aveugle de ses membres à la direction. C’est le secret de sa puissance, mais aussi sa grande faiblesse, car elle est dénuée d’élites formées et imaginatives. Ses membres les plus compétents sont rejetés ou s’éloignent d’eux-mêmes. Leur échec au pouvoir est aussi celui de leur imagination : les écrits de leurs doctrinaires, Al-Banna et Sayed Qutb, n’ont pas été renouvelés pour s’adapter aux réalités politiques de ce siècle. On note ainsi leur inexistence dans les milieux qui demandent un minimum de liberté de pensée : sciences sociales, romanciers, cinéastes etc. Dans les années 80 et 90 les Frères Musulmans ont attiré vers eux certains intellectuels et certaines élites de gauche notamment. Mais ces derniers sont restés dans la périphérie de l’organisation et leurs écrits n’ont absolument pas été intégrés dans la doctrine de base de l’organisation.
Comment interprétez-vous les relations entre les Frères musulmans et les puissances internationales, notamment avec des pays comme la Turquie, le Qatar, ou encore l’Arabie Saoudite ?
Le parcours de la confrérie des Frères Musulmans égyptiens à partir de 2013 met l’accent sur sa dépendance de plus en plus accrue aux forces internationales et aux États étrangers, qu’il s’agisse de la Turquie et du Qatar, mais également de la Grande-Bretagne, du Soudan, de la Malaisie etc. En une décennie, la branche égyptienne de la confrérie a subi une mutation d’envergure. Il ne s’agit plus d’une organisation centrée en Égypte mais d’une organisation liée à une diaspora répartie dans plusieurs pays. Toutefois, on note comment la solidarité dont elle a bénéficié juste après le coup d’État, face à l’intense répression du régime de Sissi à son encontre, a eu tendance à diminuer. La branche égyptienne a toujours joui d’un statut spécial, car c’est en Égypte que la Confrérie a été fondée et légitimée sur le plan doctrinal. Ce n’est plus le cas actuellement. Les Frères Musulmans égyptiens sont regardés avec une forme de condescendance. Leur incapacité à demeurer plus d’une année au pouvoir a beaucoup déçu.La Turquie, qui a accueilli la plus forte diaspora frériste, avant même la visite officielle d’Erdogan en Égypte le 24 février 2024, a demandé aux Frères musulmans installés en Turquie d’arrêter leurs attaques politico médiatiques contre le régime de Sissi. En effet, les chaînes de télévision et leurs journaliste vedettes ont quitté le territoire turc pour se rendre notamment en Irlande, en Espagne et ailleurs. Quant à l’Arabie Saoudite et aux Émirats-Arabes-Unis, il est possible de parler d’une véritable « guerre » à leur encontre via notamment le financement des centres de recherche partout dans le monde, centrés sur l’analyse de Frères Musulmans, ou plus précisément sur leur dénonciation. Il reste le Qatar ses centres de recherche et la télévision Al-Jezirat qui leur sont favorables.
Discrédités, écartés du pouvoir voire réprimés et inscrits sur les listes des organisations terroristes dans de nombreux pays arabes, les Frères Musulmans semblent avoir choisi de nouvelles cibles et jeté leur dévolu sur l’Occident, particulièrement en Europe en visant les populations d’origine immigrée. Pourquoi est-ce une véritable menace pour l’Europe ?
Leur présence en Europe est plus ancienne et elle n’est pas liée aux mutations politiques post « printemps arabe 2011 ». De même, il est difficile de parler en général d’une menace des Frères Musulmans pour l’Europe pour la simple raison que les Frères Musulmans ne sont pas les uniques acteurs de l’islamisme, loin s’en faut. S’il est fondamental d’analyser les différences entre les multiples groupements de la nébuleuse islamiste, il l’est tout autant de bien percevoir la base commune doctrinale de l’ensemble des mouvements islamistes. Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite opère une « désalafisation » de sa propre société qui a des impacts sur le plan régional et international. Cela n’a pas toujours été le cas. Sa diplomatie religieuse de longue haleine, via la formation des prédicateurs étrangers et via ses chaînes satellitaires, a eu un impact non seulement sur le plan interne aux pays arabes et musulmans, mais également sur les populations immigrées en Europe et en France. Cette « salafisation généralisée », sur plus de quatre décennies, a préparé le terrain à l’organisation des Frères Musulmans, car ils se partagent les mêmes référents, et ce dans le cadre de la complicité plus ou moins active non seulement des dirigeants arabes autoritaires, mais également des pouvoirs publics européens et d’autre méga-acteurs politiques, financiers et stratégiques comme les États-Unis et Arabie Saoudite. Le développement du jihadisme est lié à la radicalisation du salafisme du fait de son hybridation avec la doctrine des Frères Musulmans et de son autonomisation par rapport ses initiateurs idéologiques et financiers. Enfin, s’il y a une différence d’importance des Frères Musulmans par rapport aux autres groupements islamistes c’est la caractéristique sectaire de leur organisation, source de leur force et de leur faiblesse en même temps.
Force est enfin de constater que pourchassés dans les pays arabes (voire interdits et associés au terrorisme), les Frères musulmans bénéficient en Europe de circonstances bien plus favorables, voire même de la protection des institutions européennes, tandis que certains pays comme la Belgique sont extrêmement poreux et mous pour contrarier leur activisme. Ce n’est d’ailleurs pas sans incidences sur la France. Ce qui est certain, c’est que la stratégie des Frères est déterminée, diversifiée et adaptable, et que leurs échecs arabes ne les ont certainement pas fait renoncer à leurs projets millénaristes.
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Mathilde Georges est étudiante en 3 ème année à l’Ecole de Journalisme de Cannes, reconnue par la Commission nationale de l’emploi des journalistes. Passionnée par la géopolitique de l’Afrique du Sud et du Moyen-Orient, elle souhaite se spécialiser sur une région : la Tunisie. Polyvalente et ambitieuse, cette marseillaise a rejoint l’équipe du Diplomate en juillet 2024, en tant que journaliste web. Elle est chargée des publications sur les réseaux sociaux, et de réaliser des interviews.

