
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Après quatorze années de guerre civile, la Syrie se retrouve au cœur d’une nouvelle dynamique : non plus celle des armes, mais celle des investissements. Une délégation saoudienne, composée de plus de 150 représentants des secteurs public et privé, s’est rendue à Damas sous la direction du ministre de l’Investissement Khalid Al-Falih.
À la clé : des accords de partenariat pour un montant total de 5,6 milliards de dollars. Ce geste n’est pas anodin : il marque le retour de Riyad dans le jeu syrien, cette fois par le biais de la reconstruction.
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Depuis le renversement de Bachar el-Assad en décembre 2024 et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, soutenu par Riyad, l’Arabie saoudite s’impose comme le principal pilier du nouveau pouvoir syrien. Les investissements ciblent des secteurs vitaux : infrastructures, énergie, aviation, technologies de communication, industrie lourde, tourisme, immobilier. Parmi les projets phares : une usine de ciment blanc à Adra (20 millions de dollars) et un projet de commerce de détail à près de 100 millions de dollars.
Le forum d’investissements de Damas s’est tenu malgré les violences confessionnelles survenues récemment à Sweida, qui ont fait des centaines de morts. L’objectif affiché par les autorités syriennes et saoudiennes est clair : faire de l’économie le levier principal de la stabilisation, même dans un contexte encore fragile.
Décisive aussi, la levée des sanctions américaines. Donald Trump, après avoir rencontré al-Sharaa en Arabie saoudite, a officialisé en juillet la fin des sanctions contre la Syrie, répondant aux appels de Riyad et d’Ankara. Cela a permis de régulariser les arriérés syriens auprès de la Banque mondiale et d’attirer les entreprises américaines, notamment dans le secteur énergétique.
Le Qatar et les Émirats arabes unis participent également à l’effort. Doha a signé un accord énergétique de 7 milliards de dollars, tandis que DP World, basée à Dubaï, développe des infrastructures portuaires. Un réalignement régional se dessine : éloigner la Syrie de l’orbite iranienne et l’ancrer dans un nouvel ordre sunnite piloté par les monarchies du Golfe.
Un conseil d’affaires conjoint entre Damas et Riyad est en cours de formation. L’objectif : structurer la pénétration économique saoudienne par une logique durable et institutionnelle. La reconstruction devient un champ de bataille géoéconomique, un terrain d’affrontement entre puissances régionales pour définir l’avenir politique, économique et diplomatique de la Syrie.
C’est une transition majeure : des bombes aux investissements, des alliances militaires aux pactes économiques. Le Moyen-Orient entre dans une nouvelle phase où le pouvoir se construit désormais à coups de milliards, de chantiers et d’accords stratégiques.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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