ANALYSE – Arménie/Azerbaïdjan : Une paix hypothétique et annonciatrice de turbulences

ANALYSE – Arménie/Azerbaïdjan : Une paix hypothétique et annonciatrice de turbulences

lediplomate.media — imprimé le 16/08/2025
Poignée de main entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, symbolisant un accord de paix fragile au cœur du Caucase, sous le regard des drapeaux nationaux et des montagnes.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Philippe Kalfayan

Analyse publiée sur Armenews le 13 août 2025 

Le Premier Ministre arménien est toujours aussi satisfait de lui. Il prétend avoir obtenu des garanties de paix et de souveraineté. Les faits semblent pourtant témoigner du contraire : la perte de souveraineté de l’Arménie sur une partie du territoire, des retournements d’alliances aux conséquences incalculables sur le plan économique et militaire et une absence totale de gains clairement identifiés en faveur de l’Arménie. 

La solution américaine vise à isoler la Russie et l’Iran, un objectif qui satisfait à la fois les Européens et Israël. Mais cette solution aurait de quoi inquiéter les Européens dans le domaine géo-économique et géopolitique. Le commerce Asie Centrale – Europe qu’ils envisageaient, pour notamment s’approvisionner en hydrocarbures et se dégager de la dépendance au gaz et au pétrole russe passera, si l’Accord de Washington se concrétise, sous contrôle des États-Unis, un moyen de contraindre les Européens à acheter américain (un accord EXXON-SOCAR a été signé à Washington en marge de la rencontre Aliyev-Trump). 

Et les intérêts de l’Arménie dans ce paysage ? Aucun n’est défini dans cet Accord. Au contraire, cet Accord fragilise la sécurité nationale de l’Arménie et entame sa souveraineté sur une partie du territoire. Le gouvernement arménien et les soutiens de Pashinyan auront beau s’échiner à prétendre le contraire les faits sont indiscutables. Aliyev a même obtenu le déblocage de l’aide militaire américaine à l’Azerbaïdjan alors même qu’il est venu signer un soi-disant accord-cadre de paix et réconciliation et que l’Arménie n’a rien réclamé dans ce domaine.

En somme, au lieu et place d’une paix souhaitée par le gouvernement Pashinyan au prix de lourdes et incessantes concessions unilatérales, tous les germes d’une nouvelle guerre sont en place. La présence d’une société privée américaine ne changera rien à cela. Elle ne sera là que pour sécuriser les infrastructures de transport énergétique, routier, ferré et digital mais pas le reste du territoire arménien. Il ne faudra pas compter sur les États-Unis pour venir défendre militairement l’Arménie. Le meilleur exemple est celui des puits de pétrole syrien qui sont occupés et protégés par l’armée américaine depuis 2014. Alors que la guerre n’a cessé de faire rage sur ce territoire syrien jusqu’à ce jour, y compris des incursions et bombardements israéliens et turcs sur le territoire et le renversement du président Assad, à aucun moment les États-Unis ne sont intervenus directement dans les conflits armés : la protection de la production pétrolière par les compagnies étasuniennes est leur seule mission. Il convient que la population arménienne comprenne bien cela !

Le sourire affiché par Pashinyan ne peut occulter le fait que l’Azerbaïdjan triomphe sur tous les points et se réserve en outre le droit de signer le « traité de paix » quand ses autres conditions seront satisfaites : la première est exprimée tout de suite, il s’agit de la modification de la Constitution arménienne en lien avec l’évocation de l’annexion du Haut-Karabakh. La seconde ne saurait tarder : il s’agit du retour des Azerbaïdjanais nés en Arménie et qui l’ont quitté au début des années 1990. La Déclaration du ministère des affaires étrangères azerbaïdjanais se garde bien d’évoquer ce dernier point pour l’instant pour ne pas gâcher la fête trumpienne.

Analysons en détail le texte officiel de la Déclaration, les conséquences géopolitiques et la constitutionnalité de ce texte.

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I – Que dit le texte ?

Le texte officiel est ambigu sur de nombreux points mais révélateur sur d’autres.

L’item 1 ne fait que constater que toutes les conditions pour signer la paix ne sont pas remplies et que de nouvelles actions sont nécessaires. Ce qui corrobore les commentaires d’Aliyev.

L’item 2 constate que les deux parties ont signé une demande visant à dissoudre le Groupe de Minsk, établi sous l’égide de l’OSCE. Les deux pays appellent les autres membres participants de l’OSCE à faire une telle demande. Le Secrétaire Général de l’OSCE (diplomate turc) a réagi rapidement de manière très diplomatique en affirmant que son organisation « était prête à mettre œuvre les dispositions de cette déclaration » mais que son engagement restait l’établissement d’une paix durable.

L’item 3 réaffirme l’importance de l’ouverture des communications entre les deux pays pour les transports intraétatiques, bilatéraux et internationaux (…) dans le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la juridiction des États. Un élément que le Premier ministre arménien considère comme un engagement de l’Azerbaïdjan à respecter sa souveraineté. Toutefois la suite de son propos montre bien toute l’ambiguïté et la fragilité du texte paraphé. Il n’y aucun engagement concret et figé : Pashinyan déclare lui-même « que le document ne contient pas de détails techniques » et il souligne « que toutes les solutions futures devront respecter les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de juridiction des États ». En somme, rien n’est garanti.

Il est précisé mais sans explication claire que des efforts viseront à assurer la « connectivité sans entrave entre la partie principale de la République d’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan à travers le territoire de la République d’Arménie ». Que signifie une « connectivité sans entrave » ? Une circulation sans droits à payer ? ni contrôle des marchandises ?

En contrepartie le texte évoque sans les définir « des avantages réciproques pour la connectivité internationale et intraétatique de la République d’Arménie ». Comment assurer la connectivité directe entre l’Iran et l’Arménie si une bande de terre contrôlée par une société privée américaine y fait obstacle ?

L’item 4 est de loin le plus dangereux car il agit directement sur la souveraineté. En effet, il octroie un droit à l’Azerbaïdjan de déterminer mutuellement des tierces parties qui travailleront avec la République d’Arménie et les États-Unis d’Amérique « pour définir un cadre pour le projet de connectivité « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP) sur le territoire de la République d’Arménie ». En d’autres termes, l’Azerbaïdjan a un pouvoir de décision sur le modèle de connectivité qui sera mis en place et la tierce partie qui le gérera sur le territoire de l’Arménie. Souveraineté ? La diplomatie azerbaïdjanaise interprète ce texte comme une nécessité pour assurer une « connectivité sans entrave » entre la partie principale de l’Azerbaïdjan et sa République autonome du Nakhitchevan. Elle pose donc ses conditions avant même la mise en place du groupe de travail annoncé.

Dans ces conditions, l’Azerbaïdjan ne rechigne pas à signer les items 5 et 6 pour affirmer sa volonté de faire fi du passé et de l’esprit de revanche et au contraire construire des relations bilatérales empruntes de confiance et de respect mutuel.

Il convient d’observer qu’à aucun moment cette déclaration ne définit les bénéfices pour l’Arménie et elle est totalement muette sur le droit au retour des Arméniens d’Artsakh, la libération des otages arméniens détenus et jugés par Bakou ou encore sur la protection du patrimoine culturel arménien d’Artsakh. L’absence de toute référence à ces derniers points témoigne du triomphe de l’Azerbaïdjan et de la capitulation formelle de l’Arménie sur cette question, mais aussi sur celle concernant la partie du territoire arménien « réel » qui est occupée.

II – Conséquences géopolitiques

Les réactions des États tiers sont énigmatiques et masquent mal leur embarrassement. Le premier ministre arménien et le ministère des affaires étrangères sont d’ailleurs sollicités par ces États pour avoir plus d’informations sur la teneur de l’accord signé.

Les réactions de l’Iran sont diverses selon l’interlocuteur. Le président iranien, un partisan du dialogue avec les États-Unis se félicite de l’accord et soutient que les souhaits de l’Iran pour préserver ses voies de communication vers le Nord auraient été pris en compte. Le premier ministre arménien affirme qu’une voie de communication ferroviaire serait prévue avec l’Iran. A ce stade du dossier, rien ne permet d’affirmer les propos des deux dirigeants. La tonalité adoucie de la réaction iranienne reflète toutefois l’état d’affaiblissement de l’Iran. Le président iranien exprime « l’inquiétude qu’une entreprise américano-arménienne construise cette route » à proximité de la frontière arméno-iranienne.

Il semblerait bien que cette réunion à Washington ait pris tous ces États de court. Est-ce la réalité ?

La Russie ne peut pas ne pas avoir été informée du contenu de cet accord par l’Arménie avant la réunion de Washington. Les diplomaties russe et arménienne n’ont pas rompu leur canal privilégié. Aussi, la question de la stratégie russe reste posée : la Russie a-t-elle sacrifié ses intérêts dans le Caucase et notamment sa relation avec l’Iran pour s’assurer un meilleur rapport de forces dans la négociation à venir sur l’Ukraine avec le Président Trump ? Ou bien, gagne-t-elle du temps pour faire capoter ce projet par d’autres moyens? Faute d’informations, je ne me risquerai pas à spéculer sur ces questions. Toutefois, la déclaration de la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères laisse dubitatif : la Russie souligne que « les accords trilatéraux conclus par Moscou avec les deux pays du Caucase du Sud restent valables ». Maria Zakharova ajoute que ni l’Arménie ni l’Azerbaïdjan ne s’étaient officiellement retirés de l’accord de 2020 négocié par Moscou pour mettre fin à une guerre de six semaines au Haut-Karabakh et qui comprenait une disposition relative à la connectivité régionale avec la participation de la Russie. Enfin elle fait référence aux accords bilatéraux russo-arméniens de 1995 (renouvelés en 2010) qui octroient la protection des frontières turques et iraniennes aux garde-frontières russes. Comment cette protection des frontières va t’elle s’articuler avec la protection de la « voie de communication sans entrave » ? Il sera nécessaire d’attendre le résultat de la réunion Trump-Poutine pour élucider cette posture russe. Le président Poutine et le premier ministre arménien se sont entretenus en préparation du sommet Trump-Poutine en Alaska.

L’Union européenne a salué cet accord mais sa déclaration cache probablement la déception qui doit être la leur. L’accord de Samarkand signé en avril 2025 (voir lien ci-dessus) prévoyait des investissements européens en Asie Centrale dans le domaine du transport, des minerais stratégiques et de l’énergie vers l’Europe, et ceci en réponse aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Ces derniers viennent de lui infliger un camouflet impérial ! Le transport des minerais stratégiques et des hydrocarbures sera le domaine réservé des États-Unis dans le commerce Asie Centrale-Europe. D’une dépendance à l’autre…

La France salue l’accord et s’aligne sans ciller sur Washington et son rôle de leader. Le suivisme atlantiste du Président Macron n’est pas nouveau, mais la France ne prétend-elle pas à renfort de communication être le principal protecteur de l’Arménie et un soutien indéfectible de Pashinyan ? Les efforts portés sur le Suynik ne sont-ils pas menacés par cette voie de communication sous contrôle potentiel des États-Unis ? Cet accord ne peut créer que du malaise en France. Il existe aussi une face cachée qui n’est pas encore dévoilée dans ce théâtre. La France œuvre discrètement depuis quelques temps au rapprochement de la Turquie et de l’Arménie et le salut de l’accord de Washington pourrait aussi s’expliquer par cela car il y a convergence de vue pour le plus grand profit de la Turquie.

La Turquie, qui est restée en retrait dans cette affaire, est la grande gagnante de cet accord, au même titre que l’Azerbaïdjan et les États-Unis. La Turquie et Israël sont les deux partenaires stratégiques de Trump au Caucase et au Moyen Orient. Les deux États obtiennent satisfaction : le premier obtient son ouverture sur l’Asie Centrale ; le second obtient l’encerclement de l’Iran.

Exit donc la France et l’Union européenne.

Exit l’Iran, mais aussi l’Inde et la Chine qui ne verront pas d’un bon œil le contrôle américain dans cette région car ce couloir de communication leur coupe la route économique vers la Russie et ouvre la porte à un rapprochement des États turciques et musulmans d’Europe et d’Asie Centrale. Une influence turco-musulmane qu’ils redoutent tant.

Le gouvernement arménien vient donc par cet accord impromptu (même si la solution d’une société privée américaine était évoquée depuis un an dans les milieux initiés d’Erevan, donc avant l’arrivée de Trump à la présidence) de sacrifier toutes les relations dites stratégiques qu’il s’est efforcé de bâtir au cours de ces deux dernières années avec l’Iran, l’Inde et la Chine. L’Arménie a très peu de flux commerciaux avec l’Ouest : le commerce d’exportation avec l’Europe et les États-Unis est insignifiant à 8,4% alors que le commerce avec la Russie est de 39% et celui avec les pays de la région (Iran, Géorgie, Inde, Chine) représente 41%. La route Est-Ouest ne sert que les intérêts turco-américains et européens.

En somme, les postures de circonstance de la Russie et de l’Iran et les probables réticences indiennes et chinoises annoncent des lendemains difficiles pour l’Accord de Washington et pour l’Arménie.

III – Les conséquences sur le plan politique interne

Le Premier ministre Pashinyan, son ministre des affaires étrangères et les lieutenants du parti « Contrat Civil » vont malgré tout s’évertuer dans les jours et semaines à convaincre leurs partisans, de moins en moins nombreux (8% d’opinions positives pour Pashinyan), que l’Azerbaïdjan s’est engagé à respecter la paix et que la souveraineté de l’Arménie n’est pas écornée. La machine de propagande va se mettre en place et la prise de contrôle de tous les leviers de pouvoir a été réalisée pour pouvoir faire adopter des accords contredisant la Constitution et nuisant aux intérêts nationaux.

Après la prise de contrôle de l’appareil judiciaire et de la Cour constitutionnelle dès 2020, les tentatives de prises de contrôle de l’Eglise apostolique arménienne et des communautés diasporiques, les pressions économiques exercées sur les réfugiés d’Artsakh, l’arrestation de membres des partis de l’opposition et la neutralisation de personnalités appréciées de la population, telles Samvel Karapetian et Ruben Vardanyan, des philanthropes et investisseurs de qualité, la prochaine cible sera la Presse. Aravot a déjà fait l’objet d’une mesure d’expulsion de l’immeuble historique de la presse. Il conviendra donc de surveiller le sort qui sera réservé aux médias indépendants, seul pouvoir à ne pas être passé totalement sous contrôle du premier ministre. Il convient de noter que les éloges du Président Trump sur la longévité et l’efficacité du Président Aliyev ne peuvent qu’encourager le Premier Ministre arménien à renforcer son pouvoir absolu, assuré qu’il aura le soutien de Trump et d’Aliyev.

L’objectif est le maintien au pouvoir à tout prix en 2026 pour faire adopter la réforme constitutionnelle qui entérinerait les promesses faites à l’Azerbaïdjan. En effet, l’accord de Washington est anticonstitutionnel. Il convient de rappeler que la Constitution a été votée par le peuple en 1995 sur la base des principes fondateurs de l’État arménien et des objectifs nationaux tels que définis dans la Déclaration d’Indépendance de l’Arménie (adoptée le 23 août 1990).

Quelles institutions pourraient s’opposer à ce projet antinational ? L’Assemblée nationale est contrôlée aux deux tiers par le parti du premier ministre et la Cour constitutionnelle est composée en majorité de juges nommés par le premier ministre. Les partis d’opposition n’ont toujours pas créé les conditions d’une alternative politique acceptable pour la population.

Le pouvoir en place et ses soutiens argumenteront qu’il n’y a pas d’alternative possible. Cela est faux sur le fond. Quand bien même ce serait juste, la méthode est catastrophique car il n’y a aucune négociation et le projet stratégique se résume à un slogan : « carrefour de la paix ».

Tel qu’exposé, le traité de paix ne sera pas signé tant que toutes les prétentions azerbaïdjanaises ne seront pas satisfaites. La mise en place d’une voie de communication facilitant les échanges est-ouest ne suffira pas à garantir une paix durable et viable. Au contraire elle est source potentielle de tensions voire d’un conflit régional.

IV – Les conditions de la paix ne sont pas réunies

Tout au long de l’histoire, le monde a été témoin de nombreuses tentatives de paix par le biais d’accords ou de traités. Ces efforts diplomatiques, nés d’une volonté sincère de mettre fin aux hostilités et de promouvoir la stabilité, visaient à résoudre des conflits allant des différends territoriaux aux divergences idéologiques. Si certains accords de paix ont instauré une paix durable (en Europe), d’autres ont rencontré d’importantes difficultés, se révélant finalement infructueux dans leur quête de paix. Nous pouvons citer : Les accords de Minsk (2014-2015) qui visaient à désamorcer la guerre dans le Donbass (Ukraine) ; L’accord de Doha de 2020 (États-Unis et Talibans) qui visait à mettre fin à la guerre en Afghanistan. L’accord limitait explicitement les actions militaires américaines ce qui a contribué à l’effondrement du gouvernement afghan ; Les Accords d’Oslo (1993-1995) entre Israël et l’OLP dont on connaît la triste actualité ; Divers accords de paix en Colombie depuis 1953 ; et les Accords de paix angolais (1991, 1994).

Les principaux facteurs d’échec de ces accords sont l’absence de garanties d’une paix durable, en particulier :

  1. L’absence de mécanismes d’application solides : sans tierce partie crédible ni incitation suffisante au respect des engagements, les parties risquent de revenir sur leurs engagements. L’élimination du Groupe de Minsk de l’OSCE n’est pas une bonne nouvelle.
  1. L’absence de traitement des causes profondes : Les traités qui se concentrent uniquement sur la fin des hostilités sans répondre aux griefs politiques, économiques ou sociaux sous-jacents ont peu de chances de perdurer. Il convient de rappeler que l’Azerbaïdjan n’a pas cessé sa politique de haine et de discrimination raciale à l’encontre des Arméniens. Le retrait des procédures engagées auprès de la Cour internationale de justice est une faute historique majeure de l’Arménie.
  1. L’inclusion insuffisante de toutes les parties prenantes. Il convient de noter tout d’abord l’exclusion d’un groupe clé, la population du Haut-Karabakh, la première victime d’une guerre, qui est d’ailleurs la raison pour laquelle un traité de paix est discuté. Or, tant la responsabilité de l’Azerbaïdjan que la question de la réparation, à savoir le droit au retour, sont totalement occultés. Deuxièmement, l’absence de responsabilisation de la société civile. La société découvre la teneur des accords au moment de leur signature sans qu’il n’y ait eu de débat ni d’approbation démocratique alors que les intérêts nationaux – sécurité nationale et souveraineté du pays – sont en jeu. Troisièmement, il existe des ressortissants arméniens otages en Azerbaïdjan, dont aucune mention n’est faite dans ces accords. Ces exclusions ne peuvent engendrer que ressentiment, absence de légitimité et, éventuellement, une remise en cause ultérieure de l’accord.
  1. La présence de termes ambigus ou mal définis : un langage vague peut donner lieu à des interprétations contradictoires et à des litiges lors de la mise en œuvre. Certaines de ces ambiguïtés sont analysées ci-dessus.

Sur la méthode, les résultats de tous les accords annoncés par la partie arménienne montrent qu’il n’y a pas de négociation. Une partie impose à l’autre ses prétentions, les unes après les autres. L’Azerbaïdjan poursuit clairement un objectif national stratégique tandis que la démarche du Premier ministre arménien a pour seul objectif le maintien au pouvoir et non pas les intérêts nationaux.

Chaque étape franchie agit contre les intérêts de l’Arménie. Il sera toujours possible d’annuler certains des accords, mais plus le temps avance, plus les chances de revenir en arrière de manière pacifique et dans un cadre diplomatique multilatéral s’amenuisent ou s’effacent. Accord de Washington ou pas, « l’Arménie réelle » qui se rétrécit à chaque étape de ce processus non maîtrisé, ne sait toujours pas si son avenir immédiat sera la paix ou la guerre, la prospérité ou la débâcle économique. Il n’en faut pas plus pour qu’une population arménienne désabusée et perdue prépare ses valises.

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