
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
L’Iran, longtemps soumis à un régime de sanctions économiques imposé par les États-Unis et leurs alliés, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une nouvelle forme de conflit : la guerre économique assistée par des technologies numériques. Ce conflit ne se limite plus aux embargos commerciaux ou à la limitation des exportations de pétrole. Il s’étend désormais aux cyberattaques, aux opérations de désinformation et à l’espionnage industriel de haute intensité.
Une souveraineté sous siège numérique
Avec l’émergence d’acteurs comme Ares Leaks, les vulnérabilités structurelles de l’appareil sécuritaire iranien sont mises à nu. La fuite de données concernant des membres présumés des services secrets iraniens n’est pas seulement une atteinte à la confidentialité : c’est une attaque frontale contre les fondations mêmes de l’État profond. Ces révélations affaiblissent l’Iran sur le plan interne et réduisent sa marge de manœuvre sur la scène régionale.
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Téhéran entre résilience et isolement
Face à cette pression, l’Iran tente de renforcer son autonomie stratégique : accords énergétiques avec la Chine, corridors commerciaux avec la Russie, cryptomonnaies pour contourner SWIFT. Mais l’isolement technologique pèse. Le pays souffre de l’exode des cerveaux, de l’obsolescence industrielle et de la dépendance croissante envers des technologies étrangères vulnérables au sabotage ou à la surveillance.
Le cyberespace : Théâtre de la guerre invisible
Depuis l’affaire Stuxnet jusqu’aux récentes révélations sur les réseaux de hackers, le cyberespace est devenu pour l’Iran une zone de confrontation permanente. En réponse, Téhéran a développé ses propres capacités offensives, visant Israël, l’Arabie Saoudite et les infrastructures américaines au Moyen-Orient. Mais l’asymétrie reste flagrante : les capacités cybers iraniennes, bien que redoutables, peinent à égaler la coordination des services occidentaux.
Géopolitique du contournement et alliances fragiles
Sur le plan géopolitique, l’Iran tente de construire une architecture de résilience avec ses partenaires de circonstance : Russie, Venezuela, Chine. Des alliances fonctionnelles mais fragiles, souvent motivées par l’anti-américanisme plus que par une véritable intégration stratégique. Ces partenariats ne suffisent pas à contrebalancer les effets d’un encerclement financier et technologique organisé.
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La guerre sans déclaration
L’Iran incarne un cas paradigmatique : un État souverain confronté à une guerre non déclarée, menée par des moyens invisibles, économiques, numériques et psychologiques. Dans ce nouvel échiquier, les régimes autoritaires sont à la fois plus exposés et plus résilients, mais la marge d’erreur se réduit. Une fuite de données, une panne électrique, une rumeur bien placée peuvent désormais provoquer des effets comparables à ceux d’une attaque militaire.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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