ANALYSE – Les États-Unis quittent l’UNESCO, invoquant l’intérêt national et un biais anti-israélien persistant

Retrait des États-Unis de l’UNESCO : Trump dénonce un biais anti-israélien et un agenda globaliste
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Angélique Bouchard

WASHINGTON, D.C. — L’administration du président Donald Trump a annoncé le 22 juillet 2025 que les États-Unis allaient de nouveau se retirer de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), invoquant des causes culturelles « divisives », une dérive idéologique « globaliste », et un parti pris anti-israélien incompatible avec les intérêts américains.

Le retrait, qui prendra effet le 31 décembre 2026, marque une nouvelle rupture entre Washington et une institution des Nations unies que Trump avait déjà quittée une première fois en 2017, lors de son premier mandat. L’administration Biden avait réintégré l’UNESCO en 2023.

« La participation continue à l’UNESCO n’est pas dans l’intérêt national des États-Unis », a déclaré la porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce.

« L’organisation promeut des causes sociales et culturelles clivantes et accorde une priorité démesurée aux Objectifs de développement durable de l’ONU, un agenda idéologique mondialiste contraire à notre politique étrangère America First. »

Bruce a également critiqué l’admission du « soi-disant État de Palestine » comme membre à part entière, une décision jugée « hautement problématique » et responsable, selon elle, de la propagation de la rhétorique anti-israélienne au sein de l’organisation.

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L’UNESCO minimise l’impact, mais reconnaît une fracture

La directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a exprimé son « profond regret » face à cette décision américaine, qu’elle a toutefois qualifiée d’« attendue ». Elle a rappelé que l’organisation avait anticipé ce scénario et entrepris ces dernières années « d’importantes réformes structurelles » et une diversification de ses financements.

« Cette annonce, bien que regrettable, ne nous surprend pas. L’impact financier sera limité », a-t-elle précisé, affirmant que la part américaine dans le budget de l’UNESCO est aujourd’hui de 8 %, contre environ 20 % il y a dix ans.

Aucune suppression de postes n’est prévue, a ajouté Azoulay.

Elle a également réfuté les accusations américaines, affirmant que l’UNESCO a pris des mesures concrètes dans la lutte contre l’antisémitisme, notamment via ses programmes d’éducation sur la Shoah. Elle a qualifié les griefs américains de « réchauffés », identiques à ceux évoqués en 2017.

« La situation a profondément changé. L’UNESCO est aujourd’hui un rare forum de consensus multilatéral axé sur des actions concrètes », a-t-elle affirmé.

Un haut responsable de l’organisation, sous couvert d’anonymat, a qualifié le retrait américain de « décision purement politique, sans base factuelle réelle ».

 Â« Une organisation devenue toxique »

Si l’UNESCO se présente comme un forum de coopération internationale en matière d’éducation, de culture et de science, l’organisation a dérivé ces dernières années vers une plateforme militante, promouvant la censure d’Internet, la réécriture de l’histoire, et des alliances avec des régimes autoritaires.

« L’UNESCO soutient des causes sociales et culturelles clivantes et s’est transformée en un bras armé du programme idéologique globaliste de l’ONU, aux antipodes de notre politique étrangère America First », a déclaré le Département d’État dans un communiqué.

« Son admission du ‘soi-disant État de Palestine’ est contraire à la politique américaine et a favorisé une explosion de rhétorique anti-israélienne au sein de l’organisation. »

Internet pour la censure : L’événement qui a tout révélé

Parmi les points les plus controversés, l’administration Trump cite la conférence Internet pour la Confiance, organisée en février 2023, quelques mois avant que Joe Biden ne décide de réintégrer l’UNESCO. Lors de cet événement, des responsables onusiens ont assimilé les utilisateurs de réseaux sociaux à des « insectes » pullulant dans l’obscurité, appelant à une régulation mondiale stricte de la parole en ligne.

« Discours haineux, misogynie, désinformation, théories du complot » : autant de prétextes utilisés pour réclamer un contrôle accru de l’opinion, surtout conservatrice.

Le président brésilien d’extrême gauche Lula da Silva, invité d’honneur de la conférence, y a défendu une vision totalitaire de la « vérité contrôlée », exigeant la criminalisation des opposants politiques. Il est actuellement accusé d’avoir tenté de faire taire son prédécesseur Jair Bolsonaro par le biais de procès politiques, de bannissements numériques, de confiscations de passeport, et même de surveillance électronique.

La directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a, pour sa part, soutenu que ces régulations ne devaient pas être limitées à chaque pays, mais imposées globalement.

« Si ces initiatives réglementaires sont développées de manière isolée, elles échoueront. La perturbation informationnelle est un problème global », a-t-elle affirmé, plaidant pour une gouvernance mondiale de la parole publique.

Le silence coupable de l’UNESCO face à Pékin

L’administration Trump souligne aussi le double standard flagrant de l’UNESCO. En septembre 2023, Audrey Azoulay s’est rendue à Pékin, où elle a félicité le dictateur chinois Xi Jinping pour ses efforts en matière de « protection du patrimoine » – alors même que le régime communiste menait un génocide culturel contre les Ouïghours du Turkestan oriental.

Selon un rapport de l’Australian Strategic Policy Institute (2020), le Parti communiste chinois a démoli ou endommagé plus de 16 000 mosquées dans cette région depuis 2017. Dans un cas emblématique, les autorités ont construit des toilettes publiques sur les ruines d’une mosquée à Atush. L’UNESCO n’a jamais condamné ces actes. Pire : Azoulay s’est dite « satisfaite » de la coopération culturelle avec Pékin.

Un retrait symbolique, mais irréversible

En vertu de l’article II(6) de la Constitution de l’UNESCO, le retrait américain prendra officiellement effet le 31 décembre 2026. D’ici là, Washington restera membre de plein droit — mais sans implication financière ni diplomatique. Le président Trump avait déjà quitté l’UNESCO une première fois en 2019, dénonçant à l’époque une tentative de nier le lien millénaire entre le peuple juif et Jérusalem.

Biden avait réintégré l’organisation en 2023, à grands frais : plus de 600 millions de dollars de dette accumulée que l’administration Trump avait refusé de payer, auxquels s’est ajoutée une cérémonie somptuaire organisée par Jill Biden, selon les médias.

Réactions : Israël applaudit, la France s’alarme

Côté israélien, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a salué le geste de Washington, le qualifiant de « nécessaire pour rétablir la justice » et « garantir un traitement équitable d’Israël dans le système onusien ».

À l’inverse, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son « soutien indéfectible » à l’UNESCO via un message sur X (anciennement Twitter), laissant entendre que la France pourrait renforcer sa contribution après le départ américain.

Un long va-et-vient diplomatique

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis quittent l’UNESCO. Le président Ronald Reagan avait déjà mis fin à la participation américaine dans les années 1980, dénonçant une organisation « corrompue » et trop alignée sur le bloc soviétique. Les États-Unis avaient ensuite réintégré l’agence sous George W. Bush.

L’administration Biden avait présenté le retour américain comme une victoire diplomatique majeure, accompagné d’un engagement à rembourser 619 millions de dollars d’arriérés, somme que l’administration Trump avait refusé de verser.

Malgré ce nouveau retrait, Audrey Azoulay a laissé la porte ouverte :

« Les États-Unis d’Amérique sont et seront toujours les bienvenus. »

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Dans une déclaration creuse, Audrey Azoulay a qualifié le retrait américain d’« atteinte aux principes du multilatéralisme » et a vanté les mérites de l’UNESCO en matière d’intelligence artificielle et d’aide à l’Ukraine. Elle n’a pas mentionné son alliance avec des autocrates, ni les accusations croissantes de censure mondiale promue par son institution.

L’UNESCO, censée protéger la culture, est aujourd’hui accusée de la détruire — y compris au service des intérêts de la Chine communiste.

L’administration Trump envoie ainsi un message clair : les États-Unis ne paieront plus pour une organisation qui menace la liberté d’expression, soutient des régimes totalitaires, et instrumentalise les droits humains pour censurer les voix dissidentes.

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