ANALYSE – Trump-Von der Leyen en Écosse : Veni, vidi, vici !

Donald Trump et Ursula von der Leyen posent devant les drapeaux américain et européen après la signature de l'accord transatlantique du 28 juillet 2025, symbole controversé d’un nouveau rapport de force entre les États-Unis et l’Union européenne.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Olivier d’Auzon

L’Europe, jadis puissance civilisatrice et industrielle, vient de parapher un accord qui n’a d’accord que le nom. Il s’agit d’un acte de soumission. Pire : d’une reddition consentie. Avec un sourire béat.

Le 28 juillet 2025 marquera une date sombre dans l’histoire contemporaine de l’Union européenne. Ce jour-là, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a signé avec les États-Unis un ensemble de concessions commerciales et industrielles qui rappelle, dans sa brutalité, les traités imposés aux nations défaites.

Au menu : ouverture totale des marchés européens aux produits américains (droits de douane à 0 %), contre l’imposition par Washington d’un tarif uniforme de 15 % sur les produits européens. À cela s’ajoutent des engagements faramineux : 600 milliards de dollars d’investissements européens outre-Atlantique, 150 milliards d’achats d’énergie américaine, sans oublier l’acquisition massive d’équipements militaires made in USA. L’industrie européenne, déjà asphyxiée par les sanctions énergétiques imposées contre la Russie, se voit infliger un deuxième coup de poignard. Ce n’est plus de l’intégration transatlantique : c’est un vasselage en règle.

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Un triomphe pour Trump, un naufrage pour l’Europe

Le plus consternant n’est pas que Donald Trump, fidèle à sa doctrine « America First », ait obtenu un tel butin. Il joue son rôle. Il protège ses intérêts. Il ne cache rien. Ce qui est accablant, c’est la complaisance avec laquelle les dirigeants européens – et en premier lieu Madame von der Leyen – ont cédé sans conditions. Menacés de droits de douane à 30 %, les Européens ont reculé, négocié à genoux, et finalement offert bien plus que ce que le président américain exigeait.

En un seul accord, Trump a réussi à rétablir une domination économique directe sur l’UE, à relancer son complexe militaro-industriel grâce à des commandes massives, et à verrouiller la dépendance énergétique européenne, désormais privée de toute diversification réelle. Vive le F-35, adieu la souveraineté stratégique.

Von der Leyen : L’incarnation de la servitude heureuse

Ursula von der Leyen n’est pas responsable de tous les maux européens, mais elle en est le symbole parfait. Lisse, atlantiste jusqu’à l’obsession, elle ne voit dans la relation transatlantique qu’un rapport filial où l’Europe doit obéir, se taire et consommer américain. Son visage rayonnant lors de la signature de cet « accord » n’a échappé à personne : elle était heureuse. Heureuse d’avoir sauvé l’apparence d’un consensus, au prix d’un renoncement fondamental.

On pourra toujours invoquer les réalités géopolitiques, les menaces russes, la nécessité d’une défense occidentale unie. Mais tout cela ne justifie pas la démission d’un continent. Car au fond, cette affaire révèle l’abyssale faiblesse d’une construction européenne technocratique, sans colonne vertébrale ni volonté politique.

L’illusion fédérale, le réel du protectorat

Depuis soixante ans, on nous vend l’Europe comme une puissance en gestation. Mais ce projet a été construit sans peuple, contre les peuples même. Rappelons-nous 2005 : les Français disent non à la Constitution européenne. On leur répond : vous n’avez rien compris. Depuis, les élites ont continué leur route, sûres d’elles-mêmes, sourdes aux alertes démocratiques, obsédées par un fédéralisme hors sol.

Aujourd’hui, l’Europe n’est ni fédérale, ni souveraine. Elle est un protectorat américain de luxe, solvable, discipliné, désarmé. L’Otan, plus que jamais, en est le bras armé. L’UE, son bras économique.

Vers une Europe sous perfusion américaine

Cet accord marque une étape décisive dans le retour américain à l’unilatéralisme. Il place l’Europe sous perfusion énergétique et militaire. Il neutralise toute velléité d’indépendance stratégique. Il s’inscrit dans une offensive mondiale : après l’Europe, Trump vise le reste de l’Amérique latine, l’Asie, et même les piliers des BRICS.

Nous n’assistons pas à une simple négociation commerciale, mais à une tentative de restauration de l’hégémonie unipolaire américaine par la voie économique. L’Europe en est la première victime consentante.

L’heure du réveil a-t-elle sonné ?

Blâmer Trump serait vain. Il agit selon sa logique nationale. Blâmons plutôt notre propre impéritie. Celle de dirigeants incapables de définir une stratégie autonome, prisonniers de leur idéologie libre-échangiste, aveugles au basculement du monde.

Il reste une chance : que cet acte de reddition suscite, enfin, un sursaut. Que les peuples européens, lassés d’être gouvernés par des gestionnaires sans courage, réclament le retour d’une vraie politique.

Sinon, il faudra s’habituer à cette nouvelle condition : celle de vassal heureux.

En attendant, Roland Lombardi, géopolitologue et directeur de la rédaction du Diplomate média résume le week-end écossais du président américain ainsi : « Cet épisode était hautement prévisible malheureusement. On pourrait résumer le séjour de Trump en Écosse par la célèbre locution latine de César : “Veni, vidi, vici”, “je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ” ! Car c’est une victoire sans appel pour le président américain et une lamentable déculottée pour l’UE. Trump a imposé à Von der Leyen un accord commercial catastrophique pour les Européens et bien moins avantageux que celui que le Royaume-Uni avait négocié seul et de manière souveraine avec les États-Unis en juin dernier ! Non contents d’être déjà soumis au puissant lobby du complexe militaro-industriel américain qui, court-circuitant Trump, forcent les dirigeants européens depuis plus de 6 mois à entretenir et poursuivre la guerre en Ukraine, tout en achetant au passage des armes américaines, la caste européenne, représentée par Van der Leyen, vient de se soumettre un peu plus et honteusement aux États-Unis, sacrifiant ainsi les entreprises et le commerce du Vieux continent ! Vae victis ! »

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