DÉCRYPTAGE – Iran : La colère de Chiraz face à l’obscurité imposée

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Manifestation à Chiraz en Iran, août 2025 : foule en colère dénonçant les coupures d’électricité et la répression du régime. Scène de contestation populaire.
Capture d’écran RS

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

Une contestation sociale qui révèle un désordre plus profond

Le 22 août 2025, Chiraz s’est enflammée. Des centaines d’habitants, excédés par les coupures d’électricité quotidiennes, sont descendus dans la rue devant le gouvernorat et sur la place Gaaz. Leur geste dépasse la simple revendication technique : il traduit l’exaspération d’une population confrontée à la dégradation constante de ses conditions de vie. En réponse, les forces de sécurité ont chargé, utilisant gaz lacrymogènes, arrestations arbitraires et confiscation des téléphones. La foule, loin de se disperser, a crié « ordures, ordures ! » aux agents, marquant ainsi la fracture entre un pouvoir répressif et une société qui réclame dignité.

L’économie paralysée par la crise énergétique

Les coupures de courant ne sont pas un accident mais le symptôme d’un système en faillite. L’Iran, riche en pétrole et en gaz, n’est plus capable de fournir électricité et eau à ses propres citoyens. La mauvaise gestion, les sanctions internationales et la corruption endémique ont réduit les infrastructures à l’état de ruines. Les entreprises tournent au ralenti, les ménages s’enfoncent dans l’incertitude et le marché noir prospère. L’économie iranienne, déjà étranglée par l’isolement financier, se trouve désormais asphyxiée par la rareté de l’énergie, un paradoxe pour un pays assis sur des ressources colossales.

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La militarisation de la réponse sociale

Face à des revendications civiles – lumière, eau, pain – le régime répond par la matraque. La militarisation du quotidien devient la norme : arrestations massives, contrôle de l’espace public, répression immédiate dès qu’un rassemblement s’organise. Cette stratégie vise à étouffer dans l’œuf toute contestation, mais elle produit l’effet inverse : une spirale d’hostilité où chaque citoyen humilié devient un opposant potentiel. Dans un contexte où la pauvreté progresse et où l’accès aux services essentiels s’effondre, la brutalité policière agit comme un catalyseur de nouvelles mobilisations.

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La dimension géopolitique de la crise

Ce qui se joue à Chiraz ne concerne pas uniquement une ville ou une panne électrique. C’est l’image d’un régime incapable de garantir la stabilité intérieure, alors qu’il prétend peser sur les équilibres régionaux au Moyen-Orient. Les coupures de courant et les pénuries minent la légitimité des dirigeants, fragilisent leur capacité de négociation sur le nucléaire et réduisent leur marge de manœuvre diplomatique. Les partenaires économiques potentiels, de la Chine à la Russie, observent ces convulsions avec prudence : investir dans un pays où la contestation populaire menace de s’étendre devient risqué.

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Le cri de Maryam Radjavi et la perspective d’un changement

Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a salué le courage des habitants de Chiraz et de Kazeroun. Son message est clair : tant que ce régime criminel restera au pouvoir, aucune amélioration durable n’est possible. L’électricité, l’eau, le pain ne sont pas des privilèges mais des droits élémentaires. Pour elle, la liberté constitue la clé de tous les problèmes de l’Iran. Ce discours, amplifié par les révoltes locales, souligne l’évidence : l’État iranien, obsédé par la répression et la survie de son appareil sécuritaire, a perdu le contrat social qui l’unissait à sa population.

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Vers un embrasement plus large ?

Les manifestations de Chiraz ne sont pas isolées. De Kazeroun à Téhéran, de Karadj à Zahedan, les colères locales se connectent en un réseau diffus de contestation. Si les autorités persistent à traiter chaque cri de détresse comme une menace militaire, elles risquent d’alimenter une conflagration nationale. La crise de l’électricité n’est que la surface d’un malaise bien plus profond : celui d’un peuple qui n’accepte plus l’obscurité, ni celle des foyers plongés dans le noir, ni celle d’un régime qui refuse toute lumière démocratique.

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