DÉCRYPTAGE – Les manifestations « No Kings » et le réseau de financement progressiste – une menace pour l’unité américaine ?

Foule lors d’une manifestation américaine avec des pancartes et drapeaux, illustrant le mouvement « No Kings » et les débats sur le financement progressiste et la polarisation politique aux États-Unis.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Angélique Bouchard

Des millions dans les rues, des millions dans les coffres ?

Alors que des millions d’Américains (7 millions selon les organisateurs, 2 millions selon la police soit, même pour le chiffre de 7 millions et pour un pays d’un peu plus de 340 millions d’habitants, 2% de la population totale des USA) envahissaient les rues ce 18 octobre 2025 pour les manifestations « No Kings Â» dans plus de 2 500 villes à travers les 50 États, une question brûle les lèvres : qui tire vraiment les ficelles ? Ces protestations massives, orchestrées par Indivisible et une coalition de 200 groupes progressistes, ciblent l’administration Trump, dénonçant des politiques soi-disant « autoritaires » comme la fédéralisation de la Garde nationale et les raids de l’ICE contre les immigrants illégaux. Mais derrière les pancartes jaunes et les slogans anti-Trump, un réseau de financement bien huilé émerge, dominé par les Open Society Foundations (OSF) de George Soros et la Tides Foundation. Fox News lève le voile sur cette machine de « résistance » qui menace de déchirer l’Amérique, en pleine paralysie gouvernementale et à l’aube des midterms 2026.

Ce dossier exclusif compile les faits bruts : les flux financiers massifs, les connexions politiques, et les risques pour la démocratie américaine. De New York à Los Angeles, en passant par le New Jersey où la candidate démocrate Mikie Sherrill surfe sur la vague anti-Trump, les « No Kings » ne sont pas qu’un cri de rue – c’est une stratégie électorale financée par des milliards. Voici ce que vous devez savoir.

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Enjeux politiques : Une nation divisée par la « Résistance »

Les manifestations « No Kings » du 18 octobre 2025, deuxième vague depuis juin, ont transformé les rues américaines en champs de bataille idéologiques. Avec des millions de participants dénonçant Trump comme un « roi autoproclamé », ces rallies – largement pacifiques, avec zéro arrestation à New York (100 000 manifestants) et peu ailleurs – révèlent une fracture profonde. Les républicains y voient une tentative désespérée des démocrates pour détourner l’attention d’un shutdown gouvernemental qui paralyse le pays.

Un shutdown comme arme politique ?

Le président de la Chambre, Mike Johnson (R-La.), n’a pas mâché ses mots sur Fox News : ces manifestations sont un « cirque » orchestré par « l’aile pro-Hamas et Antifa » pour bloquer les négociations budgétaires. 

« J’espère que Chuck Schumer et ses collègues démocrates reviendront à la table après avoir apaisé leur base gauchiste, mais je n’y compte pas », a-t-il lâché. Les Républicains accusent les Démocrates d’utiliser les « No Kings » pour faire pression dans un bras de fer budgétaire, au détriment des Américains ordinaires.

La rhétorique s’enflamme : le sénateur Chris Van Hollen (D-Md.) a osé comparer les Républicains à des « lâches » qui auraient traité George Washington de « terroriste », tandis que le sénateur Roger Marshall (R-Kan.) a averti sur Newsmax (relayé par Fox) : 

« Les agitateurs arrivent. La Garde nationale devra intervenir. J’espère que ce sera pacifique. J’en doute. Â» 

Cette polarisation, attisée par des déploiements de troupes à Chicago ou Portland, risque de prolonger le shutdown, avec des impacts économiques dévastateurs.

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Le New Jersey, champ de bataille électoral

Dans le New Jersey, la candidate démocrate au poste de gouverneur, Mikie Sherrill, a transformé un rally « No Kings » à Montclair en tribune électorale, jurant de combattre Trump « bec et ongles ». 

Soutenue par Barack Obama et Gretchen Whitmer, elle accuse Trump d’un « racket mondial en cryptomonnaies » et vante l’ère Biden où « les employeurs embauchaient ».

 Face à elle, Jack Ciattarelli (R) riposte, dénonçant une Sherrill « non centriste » alignée sur des scandales comme l’Académie navale. Les sondages Fox News (10-14 oct.) montrent Sherrill à 50 % contre 45 % pour Ciattarelli, un resserrement depuis septembre (8 points d’écart). Les « No Kings » boostent les démocrates dans cet État pivot, mais à quel prix ?

 Soros : Le Marionnettiste de la « Résistance » ?
Des milliards pour la révolte ?

George Soros, est ce milliardaire investisseur et donateur démocrate notoire, qui a injecté des dizaines de milliards dans ses fondations depuis 1993, avec un focus sur la promotion de la « société ouverte » – un idéal philosophique inspiré de Karl Popper, visant à contrer l’autoritarisme et à favoriser la participation civique. 

George Soros est au cÅ“ur de la tempête. Ses Open Society Foundations (OSF), dirigées par son fils Alexander, ont injecté 7,61 millions de dollars dans Indivisible depuis 2017, dont un grant massif de 3 millions de dollars en 2023, selon Fox News Digital. Ces fonds, destinés à des « activités de bien-être social », financent l’infrastructure des « No Kings » : sites web, cartes interactives, et formations à la « résistance pacifique ». Indivisible, organisateur principal des 2 500 rallies, gère les données et communications pour mobiliser des millions.

Bien que les OSF insistent – via un porte-parole– sur le fait qu’elles « ne paient pas, n’entraînent pas et ne coordonnent pas les manifestants », et qu’elles « s’opposent à toutes formes de violence, y compris les protestations violentes », ces subventions financent des infrastructures logistiques essentielles : sites web pour organiser les rassemblements, formations à la « participation démocratique pacifique », et outils de mobilisation numérique.

Un lien personnel renforce cette proximité : Tom Perriello, co-directeur exécutif d’Indivisible, a été directeur exécutif des OSF d’octobre 2018 à juillet 2023, illustrant un réseau fluide entre philanthropie et activisme. Ces connexions transforment Indivisible, fondé en 2016 comme un « mouvement grassroots » contre Trump, en un acteur professionnalisé, loin de l’image d’une mobilisation spontanée.

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Un réseau d’influence

Le sénateur Ted Cruz (R-Texas) n’y va pas par quatre chemins : « Cette marche politisée est organisée par des agents Soros et financée par l’argent de Soros. Personne ne nie ces faits. » 

Sur Fox News, il accuse ce « réseau de violence gauchiste » de menacer la nation, liant les « No Kings » aux émeutes anti-Israël de 2024. Les OSF, avec 23 milliards de dollars distribués depuis 1993, sont un pilier de la gauche mondiale, mais leur rôle dans les « No Kings » alimente les soupçons d’ingérence. Tom Perriello, ex-directeur des OSF (2018-2023) et actuel co-directeur d’Indivisible, incarne ce lien incestueux entre philanthropie et activisme.

Un risque de chaos ?

Adam Swart, PDG de Crowds on Demand, a alerté : des offres de 20 millions de dollars circulent pour recruter des manifestants, risquant d’attirer des « agitateurs extérieurs ». Le président Trump lui-même a promis en août de « déraciner » ce réseau, qualifiant Soros de « psychopathe ». Sa porte-parole, Abigail Jackson, a balayé les protestations d’un « Qui s’en soucie ? », mais les Républicains préparent des contre-attaques : le « Stop Funders Act » de Cruz vise à appliquer des charges RICO aux bailleurs comme Soros, menaçant leur statut fiscal 501(c).

Ces fonds Soros exposent les démocrates à des accusations de « duplicité », surtout dans des États pivots comme le New Jersey, où la candidate Mikie Sherrill (D) utilise les « No Kings » pour booster sa campagne contre Jack Ciattarelli (R), promettant de combattre Trump « bec et ongles ». Les sondages montrent un resserrement (50 % vs 45 %), où la mobilisation anti-Trump, financée par Soros, devient un atout électoral mais aussi un boulet rhétorique.

Globalement, ce financement accentue la polarisation : il légitime la base progressiste (73 % des dons d’Indivisible proviennent de « grands donateurs » ou fondations, per Fox) tout en renforçant le narratif trumpiste d’une « opposition payée », érodant la confiance dans les institutions démocratiques.

 La Tides Foundation : Le financement anonyme de la Gauche
Un paravent pour les milliardaires

La Tides Foundation, basée à San Francisco, agit comme un « donneur anonyme », canalisant plus de 1 milliard de dollars par an vers des causes progressistes. Cette structure joue un rôle de donor-advised fund au sein de l’écosystème des organisations de gauche aux États-Unis. Elle agit comme intermédiaire fiscal, permettant à des donateurs privés de canaliser des fonds vers des causes progressistes tout en préservant leur anonymat, via son affiliation au Tides Network (qui inclut Tides Advocacy et d’autres entités). Avec plus de 1 milliard de dollars gérés annuellement, la Tides Foundation est souvent critiquée par la droite pour son soutien à des mouvements perçus comme radicaux, tels que les protestations anti-Trump ou anti-Israël. 

De plus, la Tides Foundation opère comme un « parapluie » pour des donateurs anonymes, masquant l’origine des fonds – une pratique légale mais controversée, accusée de contourner la transparence fiscale (statut 501(c)(3)). Contrairement aux OSF (qui ont injecté 7,61 millions de dollars à Indivisible depuis 2017, dont 3 millions en 2023), Tides fournit un soutien plus discret mais essentiel pour l’infrastructure opérationnelle, reliant Soros à des coalitions plus larges comme les Democratic Socialists of America.

Pour les « No Kings », elle a versé 350 000 dollars à Indivisible en 2017 via Tides Advocacy, et des centaines de milliers supplémentaires depuis, selon Fox News. En 2023, 145 000 dollars ont financé Community Change Action, un allié des « No Kings » à Washington D.C. Ces fonds soutiennent la logistique : bases de données, guides anti-violence, et outils numériques pour les 2 500 rallies.

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Accusations de subversion

Fox News relie Tides aux « Ã©meutes anti-Israël Â» de 2024, alimentant la narrative d’un « réseau gauchiste » avec Soros. 

Cruz tonne : « Soros et Tides financent cette marche politisée. L’administration Trump va riposter. » Ce rôle de « parapluie » pour donateurs anonymes (comme Hansjörg Wyss, qui a donné 6,4 millions à Indivisible) rend Tides toxique pour les républicains, qui y voient un contournement de la transparence fiscale. Mike Johnson accuse ces fonds d’alimenter « l’aile Antifa », pointant les rares arrestations (Denver, Portland) pour discréditer les « No Kings ».

Un enjeu électoral

Au New Jersey, les fonds Tides via Indivisible boostent Sherrill, renforçant son avance électorale (50 % vs 45 %, Fox News). Mais cela expose les démocrates à des attaques : Cruz pousse pour des sanctions RICO contre la Tides, risquant de criminaliser la philanthropie progressiste.

Une guerre financière dans les rues américaines ?

Les « No Kings » ne sont pas un simple cri de ralliement – c’est une opération financée par Soros (7,61M) et Tides (350K+), transformant la « résistance » en machine électorale. Fox News expose un réseau qui menace l’unité nationale, avec des républicains comme Cruz et Johnson prêts à contre-attaquer via des lois anti-dark money. Pour les démocrates, c’est un combat pour la « démocratie » contre un Trump « autoritaire ». 

Mais à quel coût ? Ã€ l’approche des midterms 2026, Tides pourrait galvaniser la base démocrate contre l’« autoritarisme Trump » (raids ICE, shutdown), mais au prix d’une polarisation accrue, où les rues deviennent des arènes électorales financées anonymement.

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