ÉCONOMIE – Sanctions américaines : La Mauritanie piégée dans le bras de fer sino-américain

Scène de conflit entre la Mauritanie et la Chine
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Olivier d’Auzon

Un contrat de 40 millions d’euros entre l’État mauritanien et le groupe chinois Poly Technologies pour l’acquisition de patrouilleurs militaires est aujourd’hui paralysé. En cause : les sanctions imposées par Washington à l’entreprise chinoise, accusée de soutenir l’effort de guerre russe en Ukraine. Ce blocage met en lumière les difficultés croissantes des pays africains à composer avec la rivalité entre les grandes puissances.

Un contrat gelé par les sanctions américaines

Selon Africa Intelligence, les sanctions américaines qui frappent Poly Technologies ont contraint la marine mauritanienne à suspendre son contrat avec le géant chinois. Cette commande, évaluée à 40 millions d’euros, devait permettre à la Mauritanie de renforcer sa flotte navale, notamment pour sécuriser ses ressources halieutiques et protéger les infrastructures offshores du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), exploité avec le Sénégal.

Le gel de cette transaction illustre la difficulté pour les États africains de diversifier leurs partenariats stratégiques en matière de défense sans risquer de subir les contrecoups de la politique de sanctions des puissances occidentales.

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Vers de nouveaux fournisseurs ?

Face à cette impasse, la Mauritanie pourrait être contrainte de chercher d’autres fournisseurs pour moderniser sa flotte militaire. Parmi les options envisageables figurent :

  • La France, via le constructeur naval Piriou, déjà actif en Afrique de l’Ouest.
  • L’Italie, avec le groupe Fincantieri, spécialiste de la construction navale militaire.
  • La Turquie, qui a multiplié ses exportations d’équipements de défense vers l’Afrique.
  • Les États-Unis, qui pourraient proposer une assistance militaire via leurs programmes de coopération en matière de sécurité.

Toutefois, changer de fournisseur implique des délais supplémentaires et une révision des financements, un luxe que la Mauritanie ne peut se permettre à l’heure où la sécurisation de ses eaux territoriales devient une priorité.

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Un dilemme géopolitique pour Nouakchott

Ce blocage met également en exergue la délicate posture de la Mauritanie sur l’échiquier géopolitique mondial. Historiquement proche de la Chine, notamment pour ses investissements massifs dans les infrastructures et les mines, Nouakchott pourrait être contraint de réajuster sa stratégie diplomatique pour éviter de nouvelles perturbations dans ses partenariats.

Cette affaire témoigne ainsi d’une tendance plus large : à mesure que la rivalité sino-américaine s’intensifie, les États africains deviennent des terrains d’affrontement économique et stratégique, où chaque alliance comporte son lot de risques et d’opportunités.

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