ÉDITO – La Perse finira par boire comme un buvard le fondamentalisme chiite

ÉDITO – La Perse finira par boire comme un buvard le fondamentalisme chiite

lediplomate.media — imprimé le 06/07/2025
Portrait d’une jeune femme au regard déterminé, prise en pleine nature au cœur de montagnes arides et majestueuses – symbole de force, de liberté et de résilience.
Réalisation Le Lab Le Diplo

L’Édito de Roland Lombardi, Directeur de la rédaction – Le Diplomate Média

« La Russie boira le communisme comme un buvard boit l’encre » disait le général de Gaulle au sujet de l’avenir de l’URSS dans les années 1960. C’est ni plus ni moins ce qui s’est passé 30 ans plus tard… 

En 2019, dans un dossier dédié au Golfe persique que j’avais dirigé pour la revue Orients Stratégiques, j’avais paraphrasé cette citation de De Gaulle à propos de l’Iran : « La Perse finira par boire comme un buvard le fondamentalisme chiite ». Aujourd’hui, cette prophétie prend une réalité saisissante.

Bien que résilient, le régime des mollahs en Iran est moribond voire à l’agonie. En perte de souffle stratégique. Isolé. Humilié. Dévasté par une série de revers d’une ampleur rarement atteinte depuis 1979. La République islamique n’est plus qu’un colosse au turban fendu, qui vacille à mesure que le monde change – et que ses ennemis s’adaptent. Et Israël, plus que jamais, impose sa loi.

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Propagande iranienne et triomphe silencieux d’Israël

Après le cessez-le-feu du 24 juin 2025 imposé par Donald Trump, dans une nouvelle « pirouette géopolitique » dont il a lui seul le secret, les armes se sont tues entre Israël et l’Iran. 

Alors quel est le bilan de ce conflit que l’on nomme à présent la guerre « des 12 jours » ?

Comme c’était prévisible, les deux ennemis ont crié « victoire ». 

Au premier jour de trêve, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a proclamé une « victoire historique », assurant ses concitoyens que Téhéran n’aurait « jamais l’arme atomique ». « Nous avons anéanti le projet nucléaire iranien. Et si quelqu’un en Iran essaie de reconstruire ce projet, nous agirons avec la même détermination, avec la même intensité, pour faire échouer toute tentative », a-t-il assuré.

Du côté de Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian s’était aussi approprié la victoire, en annonçant « la fin de la guerre de 12 jours imposée » par Israël, dans un message écrit adressé à la nation. « Toute la gloire de cette victoire historique revient à la grande et civilisatrice nation d’Iran », s’était-il encore félicité.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait lui aussi salué la « victoire » de son pays sur Israël. Le guide suprême a également relativisé l’impact des frappes américaines sur les sites nucléaires de son pays, lors de sa première apparition publique depuis la fin de la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël, estimant que Donald Trump avait « exagéré » l’impact des frappes, selon lui « nullement importantes ».

Les États-Unis, qui avaient mené ces frappes le dimanche 22 juin à l’aube en soutien à Israël, « n’ont rien gagné de cette guerre », a jugé Khamenei, ajoutant que « la République islamique l’avait emporté et, en représailles, infligé une gifle cinglante au visage de l’Amérique ».

Certes, Israël n’avait jamais subi dans son histoire de tels dégâts matériels causés par les tirs de missiles iraniens sur son territoire. Ces représailles ont fait une trentaine de morts. Et selon certains, l’État hébreu commençait à être à court de munitions aux derniers jours de l’affrontement…

De même, selon un document secret-défense dévoilé mardi par CNN, les frappes auraient scellé les entrées de certaines installations sans toutefois détruire les bâtiments souterrains, retardant le programme iranien de seulement quelques mois. La Maison Blanche a confirmé l’existence du rapport, mais l’a qualifié de « tout à fait erroné »…

Quoi qu’il en soit, les déclarations de Khamenei et des dirigeants iraniens sur leur fameuse « victoire divine » sur Israël frisent tout de même le ridicule, ou du moins sont bien exagérées, au strict regard des faits.

En effet, l’opération Rising Lion, lancée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (peut-être pour des raisons internes et sa propre survie politique, mais c’est un autre débat…), a été menée dans une discrétion et une efficacité redoutable et constitue une véritable démonstration de force et d’intelligence stratégique. À coups d’assassinats ciblés, de cyberattaques fulgurantes, de frappes chirurgicales, Tsahal et le Mossad avaient déjà depuis le 7 octobre 2023 (et même bien avant) systématiquement décapité les réseaux d’influence iraniens dans la région. Depuis Téhéran jusqu’à Damas, de Beyrouth à Sanaa, l’axe chiite de l’ombre vacille.

Dès le début de l’attaque israélienne, l’aviation militaire iranienne a été littéralement clouée au sol et les chasseurs israéliens se sont rapidement rendus maîtres du ciel perse.

Les dégâts infligés à la République islamique et à ses installations militaires sont notoires. Et en dépit de ce que peuvent affirmer certains, les infrastructures nucléaires ont été quand même rudement touchées. 

En Iran, la guerre aurait fait au moins un millier de morts et plus de 5 000 blessés, selon un bilan officiel qui ne recense que les victimes civiles. 

Une quarantaine de haut-dirigeants iraniens, civils, scientifiques et militaires ont été éliminés. Les ingénieurs atomistes sont tombés comme des mouches. Les Gardiens de la Révolution pleurent encore leurs généraux et stratèges liquidés en quelques heures.

De fait donc, que cela nous plaise ou non, Israël n’a plus besoin de démonstration : il est, aujourd’hui, la puissance militaire la plus efficace et la plus redoutée du Moyen-Orient. Le véritable pivot géostratégique de la région. Ses capacités de projection, son avance technologique, son renseignement d’élite sont sans équivalent. 

L’agonie d’un régime nuisible

Le régime théocratique iranien, que l’on peut qualifier depuis des années de profondément toxique pour la stabilité internationale, n’a cessé de nuire à l’Occident et à la France. 

Rappelons-le à certains qui ont la mémoire courte : attentats sur notre sol dans les années 1980, prises d’otages au Liban, financement du Hezbollah, massacre du contingent français à Beyrouth en 1983 (attentat du Drakkar), soutien logistique et idéologique à toutes les formes de terrorisme anti-occidental…

Bien que parfois rationnelle et pragmatique (notamment dans sa lutte contre Daesh – pour ses propres intérêts ! – en soutien aux Occidentaux de 2014 à 2018), la République islamique est un projet idéologique totalitaire, expansionniste et profondément anti-occidental. Sa prétention messianique – vouloir « exporter la révolution » – en a fait une menace permanente.

Pas étonnant qu’elle soit le modèle par excellence de nos pires ennemis d’aujourd’hui, les Frères musulmans sunnites, dont l’ayatollah Khomeini s’était beaucoup inspiré. D’ailleurs, ces derniers ont apporté leur soutien à l’Iran pendant la guerre « des 12 jours ». Lire à ce sujet, l’article paru dans Le Diplomate du journaliste et spécialiste de l’organisation islamiste, Ian Hamel.

Or, aujourd’hui, cette hydre chiite est en train de se faire sectionner la tête. L’élimination de ses proxies – le Hamas moribond dans la bande de Gaza, les milices houthies durement frappées au Yémen, le Hezbollah grandement affaibli au Liban, n’ont d’ailleurs pas bougé durant le conflit avec Israël – a mis à nu le régime iranien, privé de sa profondeur stratégique. Le tout dans un contexte interne explosif : inflation galopante, corruption systémique, répression sanglante, déconnexion totale entre le régime et la jeunesse iranienne.

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Une géopolitique renversée

La dynamique internationale, elle aussi, est inédite. La Russie, qui avait utilisé l’Iran comme une carte secondaire en Syrie, a littéralement lâché son partenaire – et non allié ! – chiite. Comme je l’ai prédit depuis longtemps, Moscou privilégie désormais Israël, acteur plus stable, plus fiable et surtout technologiquement beaucoup plus utile dans le cadre de ses propres intérêts militaires et cybernétiques. Elle s’est d’ailleurs – sans succès – proposée comme médiatrice durant le conflit. De plus, il faut rappeler ici une réalité essentielle mais peu connue, notamment des « experts » à la petite semaine et des petits télégraphistes, antisionistes et anti-américains primaires, d’un hypothétique « Sud global » unifié : les Russes, « partenaires » de circonstance de l’Iran des mollahs, (comme les Chinois d’ailleurs qui surveillent de près dans ce domaine les activités des spécialistes nord-coréens en Iran…) ont trouvé depuis longtemps un terrain d’entente tacite avec les Israéliens et les Américains sur un objectif commun — empêcher coûte que coûte l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Dans ce cadre, Moscou, en l’absence d’alternative au régime des mollahs (pour l’instant…), coopère discrètement (entente renouvelée ces derniers jours lors de négociations en coulisses pour « sauver » le régime) avec Washington et Jérusalem en supervisant de fait le nucléaire civil iranien, verrouillant ainsi toute dérive militaire comme c’est déjà le cas depuis des années… (voir mon ouvrage, Poutine d’Arabie, 2020, VA Éditions). 

Quant à la Chine, pragmatique durant le conflit, elle a maintenu une posture discrète et d’équilibriste, mais elle sait qu’un Iran affaibli est un Iran négociable. Pékin n’a aucun intérêt à voir s’embraser le Golfe ou les détroits du commerce mondial. Les Chinois ont sûrement dû imposer aux Iraniens de ne pas toucher au détroit d’Ormuz, crucial pour leur approvisionnement en hydrocarbures qu’ils consomment comme une drogue vitale à leur machine industrielle.  Ils jouent la stabilité. Et ne l’oublions pas, ils lorgnent également les investissements israéliens et les technologies de la Start-up Nation.

L’Inde, elle, a soutenu clairement Israël, partenaire stratégique contre le terrorisme jihadiste et pour la sécurité maritime. En face, le Pakistan, fidèle à son tropisme islamiste, soutient encore Téhéran, mais son poids est désormais marginal dans cette équation.

La Turquie, elle, a joué comme toujours sur tous les tableaux. Erdoğan, affaibli intérieurement, oscille entre rhétorique islamiste et coopération discrète avec l’État hébreu, notamment pour des raisons énergétiques et sécuritaires. Il reste méfiant à l’égard de l’expansion iranienne qui menace son propre leadership régional sunnite.

Les États arabes, eux, ne sont pas mécontents de l’humiliation infligée par Israël à l’Iran et d’assister en directe au déclin de ce dernier…

Quant à l’Europe, est-il encore besoin d’en parler ? Dans le dernier bras de fer entre Israël et l’Iran, elle a encore sorti son arme favorite : des déclarations et des incantations molles, suivies d’une sieste stratégique. À force de vouloir jouer les équilibristes sans colonne vertébrale, elle a surtout brillé par son absence… et confirmé que dans les tragédies du monde actuels, elle n’a plus droit qu’à un rôle de figurant inaudible. Emmanuel Macron, lui, a tellement voulu ménager la chèvre, le chou, et les mollahs, qu’il a fini par ne parler à personne… et encore une fois, à ne peser sur rien !

Les États-Unis : Réalistes et opportunistes

Malgré sa posture isolationniste, Donald Trump ne pouvait difficilement ignorer une victoire israélienne si spectaculaire et surtout, lui assurer son soutien indéfectible. Poussé par Netanyahu, certains faucons et néoconservateurs, à la solde du puissant complexe militaro-industriel américains mais « résiduels » dans son parti (la plupart sont en effet passés chez les Démocrates…), le locataire de la Maison-Blanche a finalement ordonné le bombardement de trois sites nucléaires iraniens. Beaucoup ont alors cru qu’il s’était fait piéger et qu’il allait retomber dans les travers des regime change de ses prédécesseurs. Or c’était encore une fois une erreur que de le sous-estimer. En l’absence d’une alternative solide au pouvoir des mollahs et lucide quant au risque de chaos qui s’en serait suivi, il a, à la surprise générale, écarté l’option d’un changement de régime (qu’il pourfend depuis des années et qui a fait sa popularité chez les Américains) par une intervention plus poussée. Et il a au final privilégié la négociation en tordant le bras à son tour du Premier ministre israélien (en menaçant l’arrêt des livraisons de munitions ?) et en laissant les Iraniens lancer leurs représailles pathétiques, totalement téléphonées et en avertissant tout le monde (pour sauver l’honneur ?) sur la base américaine de Doha, évacuée au préalable… 

De fait donc, Trump a su tirer parti de cette dynamique pour forcer Téhéran à revenir à la table des négociations, affaibli, humilié, et contraint. Une grande leçon de diplomatie !

Quel avenir pour l’Iran ?

Comme l’ont rappelé si brillamment Abnousse Shalmani et Emmanuel Razavi, les Iraniens (surtout la jeunesse, plus de 50 % des 83 millions d’Iraniens ont moins de 30 ans !) ne sont pas dupes. Ils ont vu que le régime n’a apporté que ruine, isolement et guerre. Ils ne veulent ni la charia, ni un retour à l’Empire, mais simplement vivre libres, en paix et connectés au monde.

L’après-Khamenei se profile. L’hypothèse de son élimination ou de sa disparition naturelle ouvre de nombreux scénarios. L’un d’eux, dramatique, serait un soulèvement massif de la population, déjà profondément hostile aux mollahs. A la différence de la Syrie, de l’Irak ou de la Libye, l’Iran n’est pas un État tribal ou peu éclaté communautairement. C’est une civilisation historique, persane, structurée, cultivée, et avec une population parmi les plus éduquées du monde musulman. 

Or le régime actuel issu lui-même d’une révolution s’y connaît en guerre asymétrique. Il a largement et sinistrement démontré sa résilience et son efficacité dans les contre-insurrections en Syrie et surtout, lors des nombreuses manifestations qui ont jalonné les années 2000 en Iran.

D’ailleurs, depuis le début de la guerre et surtout après le cessez-le-feu, le régime a lancé une grande et vaste « chasse aux espions » en réalité surtout dirigée contre les minorités, notamment kurdes, les opposants, les prisonniers politiques, les Afghans, les Bahaïs et même dans la communauté juive (la plus grande hors Israël dans la région et plutôt bien tolérée jusqu’ici). La répression est sans pitié : plus de 1 300 personnes auraient déjà été arrêtées sous des accusations telles que « espionnage pour Israël », « utilisation de drones », « contrebande d’armes », et « atteinte à la sécurité nationale ». Les autorités n’ont pas caché leur souhait de recourir à la peine de mort pour sanctionner toute personne accusée « d’espionnage » ou « de coopération avec Israël et les États-Unis » et, en attendant l’adoption d’un projet de loi visant à compléter le Code pénal en ce sens, le pouvoir judiciaire accélère les procédures pour juger, condamner et sanctionner toutes les personnes considérées comme potentiels opposants…

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Enfin, comme le soulignait Alain Chouet dans nos colonnes : « L’opposition iranienne en exil (monarchistes, communistes, moudjahidin du peuple, etc.) est peu nombreuse, divisée, marginale, ignorée à l’intérieur du pays où elle a perdu tous ses relais et toute influence depuis 40 ans. Même si certains services américains estiment avoir « sur étagère » chez eux des candidats à une relève éventuelle du pouvoir, ces candidats apparaissent aussi peu crédibles que ceux qu’ils avaient voulu imposer en Afghanistan, en Libye ou en Irak. Et promis au même sort.

L’opposition interne apparaît, elle, bien réelle et majoritaire dans le pays. En particulier au sein d’une jeunesse nombreuse et dynamique qui n’en peut plus des contraintes du pouvoir des religieux et des anciens combattants ainsi que des restrictions économiques entraînées par les sanctions internationales. Mais cette opposition est désincarnée, elle n’a ni structure, ni leaders, ni agenda ni organisations dans lesquelles s’investir et proposer un programme de relève ».

Autre et dernier scénario fort plausible : une transition « maîtrisée », à la soviétique, pilotée par certains cercles des Pasdaran – l’équivalent du KGB en 1991. Une forme de perestroïka islamique, sans les illusions d’un Gorbatchev, mais avec le réalisme d’un régime en mutation pour sa survie.

En effet, contrairement aux illusions d’un soulèvement populaire spontané, que tout le monde sait voué au bain de sang, comme on l’a dit, les grandes puissances — Israël, les États-Unis… et même la Russie — explorent aujourd’hui une autre piste, bien plus prometteuse : celle d’un coup de palais intérieur. On scrute, on identifie, dans les rangs de l’armée régulière comme chez certains pasdarans de la nouvelle génération, ceux qui pourraient faire « bouger les lignes ».

Il ne faut jamais oublier ce que je répète souvent : l’argent pèsera toujours plus que l’idéologie, même chez les plus fanatisés. Le vrai pouvoir, demain, ne sera pas entre les mains des plus radicaux — trop obtus, trop bruyants, trop stupides — mais de ceux qui sauront agir discrètement… avec l’assentiment tacite, voire l’aide logistique, de Jérusalem, de Washington… et du Kremlin.

L’Histoire regorge de ces renversements « contrôlés » où les plus intelligents font tomber les plus dogmatiques, pour préserver l’essentiel : leur place, leur influence… et leurs comptes bancaires bien garnis !

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L’axe du fondamentalisme chiite est donc en train de se fissurer de manière irréversible. La Perse, civilisation ancienne et fière, semble en train d’en finir avec la parenthèse noire du khomeinisme. Et comme le communisme, le fondamentalisme chiite, idéologie étrangère à l’essence même de la culture iranienne, sera un jour digéré, absorbé… et oublié. C’est juste une question de temps.

« La Perse finira par boire comme un buvard le fondamentalisme chiite ». Cette conviction trouve aujourd’hui un écho saisissant dans les faits. L’Histoire est en marche. Et le réveil de l’Iran, débarrassé de ses mollahs, sera l’un des tournants majeurs du Moyen-Orient et du XXIe siècle…

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