
Réalisation Le Lab Le Diplo
Par Olivier d’Auzon
À la veille du scrutin présidentiel, Libreville au Gabon affichait un calme déconcertant. Aucun cortège, pas de slogans scandés dans les rues, ni d’effervescence électorale. Devant une supérette, Annie, Syntiche et Murielle échangent tranquillement. « On ressent à peine les élections », confie Annie. « On est bien, on mange, on dort. » souligne RFI.
Ce climat tranche radicalement avec les précédentes échéances, notamment celles de 2009, 2016 ou 2023, souvent marquées par des tensions ou des accusations de fraudes.
Une élection historique, sans le nom “Bongo”
Le scrutin du 12 avril 2025 marquera un tournant : pour la première fois depuis 1967, aucun membre de la famille Bongo ne figure parmi les candidats. Le général Brice Oligui Nguema, président de la transition depuis le coup d’État du 30 août 2023, est en lice et bénéficie d’un large soutien.
Huit candidats sont officiellement en compétition. Mais la campagne, baptisée « C’BON », ne laisse guère de place au doute : le général est soutenu par une majorité de partis politiques, d’acteurs de la société civile, et semble se diriger vers une victoire dès le premier tour, confie volontiers RFI.
Une transition qui rassure… mais soulève des attentes
« Ce n’est pas la démocratie parfaite, mais on veut juste avancer », témoigne une commerçante du marché Mont-Bouët. Depuis vingt mois, Oligui Nguema incarne une forme d’autorité calme, au discours réformateur. Son équipe insiste sur une transition pacifique vers un retour à l’ordre constitutionnel.
Le slogan du pouvoir, « C’est enfin notre essor vers la félicité », s’étale sur les grilles du bord de mer. Loin d’un simple exercice de communication, il cristallise une attente populaire : celle d’un avenir enfin débarrassé des crises politiques à répétition.
France : Une diaspora stratégique, une campagne chaotique
Mais pendant que Libreville mise sur la stabilité, la campagne internationale, notamment en France, patine sérieusement. À Paris, la coordination du soutien à Oligui Nguema menée par Firmin Maurice Nguema, attaché à l’ambassade du Gabon, est sous le feu des critiques, souligne Africa Intelligence.
Des soutiens dénoncent un pilotage opaque, un manque de dialogue, et une gestion autoritaire. Réunions improvisées, promesses non tenues, conflits personnels : le climat au sein du réseau pro-Oligui vire à la méfiance, fragilisant un front qui devait mobiliser la diaspora autour du retour à la légitimité.
Libreville dépêche un émissaire pour calmer le jeu
Face à la désorganisation, la présidence gabonaise a réagi. Un émissaire spécial a été envoyé depuis Libreville pour rétablir la cohésion de la cellule française, rencontrer les associations clés, et afficher une ligne claire : la transition touche à sa fin, et Oligui entend l’incarner avec légitimité démocratique, révèle Africa Intelligence.
En ce jour de vote, le message est limpide : l’image du Gabon ne doit pas être brouillée à l’international, surtout auprès de partenaires comme la France.
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Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).

