LIVRE – Une vie de combats et de grâce

Légionnaires français
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Olivier d’Auzon

Note de lecture d’Olivier d’Auzon à propos du livre de Yannick Lallamand et Fredéric Pons, PADRE, mémoires d’un aumônier militaire, avec la Préface du CEMA, Général Thierry Burkhard, Éditions Tallandier, 3003 pages, 2025

Il a le regard clair, empreint d’une sérénité qui semble défier la violence du monde. Yannick Lallemand, aumônier du 2e Régiment étranger de parachutistes (2e REP), est ce qu’on appelle une âme indomptable. Son nom, pourtant discret, résonne dans le cœur des légionnaires comme celui d’un homme qui a sauté sur Kolwezi avec pour seules armes sa foi et sa dévotion, mais aussi comme celui qui a partagé leur douleur au Drakkar.

En ce mois de mai 1978, la France tremble pour ses ressortissants au Zaïre. Kolwezi, ville minière du Katanga, est tombée aux mains des rebelles angolais. Des massacres sont signalés. Une décision rapide s’impose : le 2e REP est mobilisé. Yannick Lallemand, alors en manœuvre dans les montagnes corses, est rappelé en urgence. Lorsqu’il rejoint le camp Raffalli, l’atmosphère est fébrile. Des hommes se préparent à une mission où la vie ne tiendra qu’à un fil.

L’histoire retiendra l’audace de cette opération, baptisée « Bonite ». Mais, dans cette fresque d’héroïsme et de fer, une figure inattendue s’élève : celle du Padre, un brancardier sans arme, qui a sauté avec les hommes sur une terre en feu. « Voulez-vous une arme ? » lui demande le médecin-chef. « Non, je n’en ai pas besoin », répond-il avec calme. Ce qu’il emporte dans son sac, ce sont des pansements, des médicaments et une infinie compassion.

À bord du Transall qui fend la nuit, Lallemand prie en silence. Ce n’est pas la peur qui l’habite, mais une détermination sereine. Au moment du saut, il suit ses frères d’armes, la croix en bandoulière, le cœur prêt à affronter l’inimaginable. Une fois au sol, le chaos s’impose : balles sifflantes, cris étouffés, odeur âcre de la poudre et de la peur. Mais le padre, inlassable, se penche sur les blessés, rassure d’une main ferme et murmure des paroles d’espoir.

Kolwezi marque l’histoire, mais ce n’est qu’un épisode dans une vie dédiée au service des autres. Quelques années plus tard, le père Lallemand se trouve à Beyrouth, au cœur d’une guerre civile. En octobre 1983, le contingent français stationné au Liban devient la cible d’une attaque effroyable : un camion piégé pulvérise l’immeuble Drakkar où logeait le contingent français, faisant 58 morts parmi les soldats.

Le padre est parmi les premiers à arriver sur les lieux. Le spectacle est apocalyptique : des ruines fumantes, des corps ensevelis, des survivants hagards. Dans cette scène de désolation, il devient une nouvelle fois une présence essentielle. « Je me souviens du silence écrasant après l’explosion, puis des cris et des appels au secours », confiera-t-il. Le père Lallemand aide à retirer les corps des décombres, administre les derniers sacrements et offre une épaule à ceux qui pleurent leurs camarades.

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Ce jour-là, face à l’horreur, il trouve dans sa foi une force qui semble surnaturelle. « Ce n’est pas moi qui agissais, mais quelque chose de plus grand que moi », dira-t-il, modeste.

De Kolwezi au Drakkar, en passant par la guerre du Golfe et les Balkans, Yannick Lallemand a accompagné les légionnaires sur les théâtres d’opérations les plus périlleux. À chaque mission, il portait le poids des âmes brisées, mais jamais son esprit ne fléchit. Sa vocation ? Être une ancre dans les tempêtes humaines.

En 2018, le père Yannick Lallemand fait ses adieux aux armes. Mais l’homme reste fidèle à sa mission : transmettre, témoigner, honorer. Chaque 19 mai, à Puyloubier, il rejoint les anciens pour commémorer l’opération Bonite, et chaque 23 octobre, il se souvient en silence des morts du Drakkar. « Ces événements ne me quittent jamais », avoue-t-il, les yeux perdus dans un horizon invisible.

« Personnalité hors classe, le père Lallemand est avant tout un serviteur. Il donne la preuve de la valeur d’une vie donnée, sans calcul ni esprit de recul. Je souhaite au lecteur du récit extraordinaire de sa vie de ressentir ou de revivre un peu d’intensité et de la grâce qu’il y a côtoyer le Padre, lui a combattu le bon combat à la manière dans anciens », confesse le Général d’Armée, Thierry Burkhard qui a préfacé ce beau témoignage, qui fait chaud au cœur, conduite de mains de maitre par Frédéric Pons.

Son histoire, comme celles que l’on croyait réservées aux héros des romans, rappelle que certains hommes transcendent la guerre pour devenir des symboles d’humanité. Yannick Lallemand est de ceux-là

Yannick Lallamand avec Fredéric Pons, PADRE mémoires d’un aumônier militaire, avec la Préface du CEMA, Général Thierry Burkhard, Editions Tallandier, 3003 pages, 2025

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