ANALYSE – Le Caire aux promesses croisées :  Emmanuel Macron à l’heure des affaires

Macron et Al Sissi avec en fond les drapeaux français et égyptien
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Olivier d’Auzon

Le vent chaud du Nil n’avait pas encore dissipé les brumes matinales que déjà, les couloirs du pouvoir égyptien s’animaient d’une fièvre inhabituelle. Ce 6 avril 2025, la vieille cité millénaire, au cœur battant de l’Afrique du Nord, s’apprêtait à accueillir un visiteur de poids : Emmanuel Macron, président d’une France en quête d’ancrage nouveau sur les terres brûlantes du continent. Mais cette fois, plus que les discours et les poignées de main, c’était l’économie qui ouvrait la marche. Une diplomatie à visage d’entrepreneur, une épopée moderne où les contrats valent autant que les communiqués.

Derrière le sourire présidentiel, une stratégie : redessiner les lignes d’un partenariat franco-égyptien sous tension, dans une région devenue échiquier de toutes les rivalités. Et autour de lui, une armée silencieuse : patrons du CAC 40, dirigeants de PME agiles, représentants de l’État et de l’innovation. Tous avaient dans leurs valises des projets à négocier, des avenirs à proposer.

Un ballet d’intérêts sur fond de métro et d’éoliennes

Le cœur battant de la visite se jouait autour de quatre piliers, comme autant de colonnes dressées pour soutenir un temple d’opportunités : transports urbains, énergies renouvelables, santé et technologie. Chacun d’eux révélait, sous l’apparente technicité des dossiers, un jeu d’influence bien plus large.

Dans les bureaux climatisés du ministère des Transports, les ingénieurs égyptiens épluchaient les plans d’extension du métro du Caire comme on examine une carte de guerre. Le géant Alstom, accompagné de la RATP Dev, savait qu’il ne s’agissait pas seulement de lignes souterraines : c’était la France qui marquait son territoire face à des concurrents chinois omniprésents. À chaque station imaginée, c’était un point d’ancrage pour l’industrie hexagonale, un jalon pour sa présence durable au Levant.

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Quand le vent du désert devient énergie

Plus loin, sur la rive sud du canal de Suez, le désert s’étendait comme un empire en sommeil. Mais dans l’esprit des industriels français, il était riche de promesses invisibles : soleil, vent, hydrogèneEDF RenouvelablesVoltalia, et d’autres bataillons de l’énergie verte avançaient leurs pions, bien conscients que l’Égypte, pionnière régionale dans le solaire et l’éolien, pouvait devenir l’un des moteurs du basculement climatique. Un protocole d’accord sur un projet pilote d’hydrogène vert était en préparation, soutenu discrètement par l’AFD. Rien de signé encore, mais les négociations, elles, étaient bien réelles – tendues parfois, stratégiques toujours.

Santé et start-up : Les petites mains de la grandeur

Il y avait aussi, dans les marges de cette visite, des ambitions moins spectaculaires mais tout aussi fondamentales. La santé, d’abord, où Sanofi et d’autres entreprises tricolores discutaient production locale de génériques et modernisation hospitalière. Un enjeu humain, certes, mais aussi économique : prendre pied dans les infrastructures vitales, c’est garantir une fidélité de long terme.

Et puis il y avait l’innovation, ce champ de bataille immatériel où la French Tech affrontait les défis du continent. À quelques pas des pyramides, des jeunes start-up françaises échangeaient avec leurs homologues cairotes dans un forum high-tech organisé par Business France. Derrière les écrans, les pitchs, les applications santé ou agriculture connectée, un mot revenait sans cesse : convergence. Faire se croiser deux écosystèmes, bâtir des ponts numériques entre Paris et Le Caire, miser sur la jeunesse comme ciment de l’avenir.

La géopolitique dans l’ombre des contrats

Mais tout cela, bien sûr, n’était que la face visible. En filigrane, cette visite portait un message plus profond, presque chuchoté : la France veut redevenir un acteur de premier plan en Méditerranée et au Moyen-Orient. Face à la Chine, aux États-Unis, aux puissances du Golfe, Paris joue sa partition avec ses armes : le savoir-faire, la coopération, la mémoire coloniale parfois réinventée.

Macron ne venait pas en conquérant, mais en partenaire vigilant. Il savait que dans cette région, tout est fragile : les équilibres politiques, les alliances, les marchés. Il savait aussi qu’en période de guerre à Gaza, d’instabilité au Soudan, et de recomposition géoéconomique du continent africain, chaque projet signé valait aussi déclaration stratégique.

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