
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
La période que nous prenons en considération s’étend de 1512 à 1532. Naturellement, les événements que nous examinons se déroulent à Florence, où des changements politiques majeurs ont lieu, car en 1513, Laurent de Médicis prend le pouvoir. Au même moment, son frère, Giovanni de Médicis, devient pape sous le nom de Léon X. Dès lors, le centre du pouvoir politique et culturel en Italie se concentre à Rome et à Florence. Avant 1513, Machiavel avait été secrétaire du gonfalonier Pier Soderini et avait exercé ses fonctions politiques dans un système républicain…
Cependant, en raison d’un conflit de pouvoir entre Soderini et les ottimati, c’est-à-dire les représentants les plus influents des familles nobles florentines, Soderini perd le pouvoir, les Médicis reviennent à Florence, et Machiavel est démis de ses fonctions. Après la prise de pouvoir de Laurent, les Médicis cherchent à identifier ceux qui ont comploté contre eux, et Machiavel est injustement accusé d’avoir participé à un complot anti-médicéen. En février de la même année, il est emprisonné et torturé. Pour tenter de se sauver, il demande l’aide de son ami proche, Francesco Vettori, conseiller écouté des Médicis, mais Vettori ne parvient pas à obtenir sa libération, qui n’intervient qu’en mars 1513 grâce à une amnistie politique décrétée par Léon X pour tous ceux qui s’étaient opposés au pouvoir médicéen. Bien que libéré, Machiavel est condamné à l’exil à Florence, ce qui signifie qu’il doit rester dans la ville sans pouvoir se déplacer ailleurs, en raison de sa collaboration avec Soderini, farouche adversaire des Médicis.
Cette mise à l’écart de la vie politique est très douloureuse pour Machiavel, surtout lorsqu’il apprend qu’en 1514, Laurent de Médicis adhère à un projet de réforme militaire que Machiavel avait lui-même proposé dès 1506, à savoir la création d’une milice à Florence, sans recours aux mercenaires suisses. Laurent met en place une milice de 20 000 hommes, estimant que cela permettra de protéger Florence. Machiavel profite de cette opportunité pour se faire remarquer par Laurent et, en 1515, rédige les Ghiribizzi d’Ordinanza, dans lesquels il défend le projet de Laurent, soutenant qu’il est parfaitement cohérent avec le sien. Cependant, malgré la publication de cet ouvrage et de nombreuses lettres adressées à son ami Vettori, Machiavel ne parvient pas à retrouver un poste politique à Florence. Déçu et amer de ne pouvoir retourner dans sa chère Florence, il formule, dans ses lettres à Vettori entre 1513 et 1515, certains principes de sa pensée qu’il développera plus amplement dans Le Prince. Ces lettres constituent une sorte de préambule à l’œuvre. Tant les Ghiribizzi que les lettres anticipent les idées politiques et militaires que Machiavel exposera dans Le Prince. Dans ses lettres, il souligne l’importance d’étudier certains auteurs du passé, non seulement Tite-Live, mais aussi Tacite et Salluste. De plus, ces lettres mettent en avant des concepts clés comme la fortune, la cyclicité des événements humains et la prévision, c’est-à-dire la capacité, pour celui qui fait de la politique, le prince, à anticiper à moyen et long terme.
Le Prince
Le Prince est publié en 1532, mais il est écrit entre 1514 et 1515. La dédicace à Laurent naît de l’espoir de Machiavel de retrouver son ancien poste.
La méthode du Prince
En comparant toutes les œuvres de Machiavel, les chercheurs ont conclu qu’il n’y a pas de contradiction entre un Machiavel républicain et un Machiavel favorable au principat, car pour lui, le système républicain peut être instauré dans un second temps, après la mise en place du principat. En effet, le système républicain ne peut être établi que lorsque le peuple a atteint un degré notable de maturité politique. L’un des objectifs de la méthode de Machiavel est de faire comprendre à la classe politique florentine que, pour garantir l’autonomie de Florence, les Médicis doivent disposer d’une armée autonome, c’est-à-dire non mercenaire. Pour Machiavel, il est indispensable de comprendre un aspect fondamental de la nature humaine : celle-ci reste fondamentalement la même à travers l’histoire, car l’être humain est un ensemble de sentiments contradictoires.
Pour bien gouverner, il est nécessaire de connaître non seulement l’histoire contemporaine, mais aussi celle du passé, car il existe de nombreuses analogies entre passé et présent. Machiavel fait allusion aux exempla, c’est-à-dire à des figures historiques comme Romulus, Lycurgue et Moïse, pour tirer des enseignements applicables au présent. Sa méthode met en évidence la nature conflictuelle de l’histoire et de la politique, ce qui signifie que le prince, pour conserver le pouvoir, doit s’engager dans une conflictualité permanente, tant interne qu’externe. Cette méthode s’inspire de l’art médical et se structure en trois phases : l’anamnèse, c’est-à-dire l’histoire clinique d’une personne ; la diagnose, une analyse rationnelle du présent ; et la prognose, la prévision. Le prince, avec ses conseillers, doit être capable de construire des scénarios politiques et militaires pour anticiper les dangers potentiels.
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Les nouveaux principats
Machiavel aborde cette thématique dans le quatrième chapitre du Prince, où il souligne que ces nouveaux principats peuvent éviter de nouvelles guerres en Italie et prévenir les invasions étrangères. En étudiant les principats, il précise que cette institution politique est une solution possible, mais non certaine. Cette analyse fait émerger une conviction importante : il n’existe pas d’ordre providentiel dans l’histoire, qui est déterminée par la vertu et la fortune, que le prince doit savoir équilibrer. Deux outils sont essentiels pour maintenir la stabilité du principat : les forteresses et le consentement du peuple. Car même si un principat possède de grandes forteresses, sans le soutien du peuple, il est voué à l’échec. Pour maintenir ce consentement, il faut recourir à l’art oratoire, mais aussi à la force, qui doit être utilisée uniquement pour préserver l’ordre du principat, et non pour satisfaire des impulsions cruelles. Machiavel établit une distinction nette entre le prince et le tyran, par exemple entre César Borgia et le tyran de Syracuse, Agathocle. Concernant l’usage de la force militaire, il souligne que les armes sont indispensables pour sauvegarder les intérêts du principat.
La conception de l’État
Selon Machiavel, il faut distinguer clairement entre une conception utopique de l’État et une conception réaliste : le prince et l’historien doivent s’intéresser à ce qu’est réellement l’État, c’est-à-dire à ses dynamiques conflictuelles concrètes. À l’inverse, les utopistes, comme Platon ou de nombreux intellectuels italiens de l’époque, rêvent d’États qui ne se réaliseront jamais.
Anthropocentrisme et pessimisme
Machiavel, considérant l’homme comme un ensemble de contradictions insurmontables, ne partage pas la réflexion anthropocentrique de ses contemporains, en particulier celle de Pic de la Mirandole et de Ficin. Dans Le Prince, il formule une opposition entre l’image du centaure et celle de l’homme comme demi-dieu, telle que partagée par Pic et Ficin. Le centaure est un mélange de deux animaux, le renard et le lion, mais il représente aussi d’autres caractéristiques humaines, comme le bien et le mal. En conclusion, le prince doit exploiter ces contradictions internes pour être un habile simulateur. Dans l’exercice du pouvoir politique, il doit être capable de changer rapidement de perspective, alternant prudence et rapidité d’action, ruse et férocité.
Les changements de l’histoire
Si le monde réel est un ensemble de contradictions, le prince doit en prendre acte et savoir s’adapter rapidement, sous peine de perdre son pouvoir.
Vertu et fortune
Machiavel rejette la conception providentialiste de l’histoire, c’est-à-dire l’idée que Dieu intervient dans la réalité historique. Pour lui, l’histoire n’a pas de finalité. Elle résulte de l’alternance entre la vertu et la fortune, que le prince doit savoir utiliser. Il illustre la fortune par deux images : celle d’un fleuve qu’il faut endiguer et celle d’une femme qu’il faut dompter, car elle est un ensemble d’instincts. Si la fortune représente les événements fortuits, la vertu est la capacité politique du prince à la maîtriser, dans une proportion de 50 % pour chacune. L’habileté du prince réside dans sa capacité à limiter et contenir les événements imprévus, en anticipant les événements à court et moyen terme. Pour cela, il doit disposer d’informations constamment actualisées sur ses adversaires. En conclusion, l’objectif ultime du prince est de préserver à tout prix la santé de la république, c’est-à-dire le principat.
Comparaison entre Machiavel et Guicciardini
Machiavel et Guicciardini partageaient l’idée que la réalité historique de leur époque était dramatique. Tous deux étaient stupéfaits par la facilité avec laquelle les troupes françaises avaient pénétré en Italie. Ils s’accordaient à dire que la réalité historique et la nature humaine étaient un mélange de bien et de mal. Cependant, contrairement à Machiavel, Guicciardini ne partageait pas la tendance à formuler des règles générales sur l’histoire. Tous deux considéraient la politique comme un art et non une science, et estimaient que l’homme politique devait se salir les mains, c’est-à-dire acquérir une expérience politique avant de prendre le contrôle du principat. Sur le plan social et culturel, ils présentaient de nombreuses différences. Machiavel avait une formation historico-littéraire, tandis que Guicciardini, homme de droit, possédait une plus grande compétence juridique. Si, pour Machiavel, l’histoire de Rome était un modèle fondamental, elle n’avait qu’une importance relative pour Guicciardini. Comme Machiavel, Guicciardini partageait la thèse de l’uniformité de la nature humaine, mais il insistait davantage sur la variété et la particularité des événements historiques. Tous deux soulignaient l’importance du conflit, mais divergeaient sur sa gestion : pour Machiavel, les conflits ne peuvent être éliminés et doivent être utilisés à son avantage, tandis que pour Guicciardini, le conflit, surtout social, doit être résolu avant qu’il ne devienne dangereux. Ils distinguaient deux types de guerres : celles entre États italiens et celles menées par Charles VIII lors de sa descente en Italie. Alors que Machiavel théoriquait soit un principat, soit une république, Guicciardini privilégiait un gouvernement mixte, composé d’un petit nombre de personnes, un sénat des sages formé d’individus expérimentés issus des classes dominantes. Machiavel accordait une certaine confiance au peuple, estimant que son consentement était essentiel, tandis que Guicciardini le considérait comme dangereux, le décrivant comme un animal fou, un ensemble de personnes confuses, ignorantes, vulgaires et dépourvues d’équilibre psychologique. Conservateur, Guicciardini admirait le Grand Conseil vénitien, garant de stabilité et de prospérité économique, alors que pour Machiavel, Venise était un modèle politique négatif, car elle n’accordait pas de place au peuple et se contentait de préserver l’existant, sans innover. Concernant Sparte et Lycurgue, leurs avis divergeaient : Machiavel appréciait la stabilité de Sparte, mais critiquait son caractère répressif envers les classes populaires, tandis que Guicciardini voyait en Sparte et Lycurgue des modèles à suivre. Machiavel croyait possible de réformer la religion chrétienne pour en faire une religion civile, semblable à celle de Rome, tandis que Guicciardini l’accusait d’un manque de réalisme pour plusieurs raisons : selon lui, le christianisme de leur époque était irrévocablement corrompu et ne pouvait être réformé ; la dimension religieuse devait être complètement séparée de la politique ; et il n’existait aucune compatibilité entre la morale évangélique et l’art politique. Guicciardini introduit ainsi, pour la première fois, le concept de raison d’État, c’est-à-dire la sécurité de l’État, soulignant qu’un prince, lorsqu’il doit attaquer Pise ou se défendre d’une autre ville, doit ordonner de tuer l’ennemi, violant ainsi la morale évangélique.
Les aspects du Prince
Dans le troisième chapitre, intitulé Les principats mixtes, Machiavel justifie la politique d’expansion des principats, légitimant leur politique de puissance et affirmant que le désir des princes d’étendre leur territoire est naturel. Dans le sixième chapitre, il soutient qu’un prince prudent doit imiter les grands exemples du passé, comme Moïse, Cyrus et Romulus, en les adaptant à son époque. Il ajoute que si un prince n’a pas une force militaire adéquate, il est condamné à la ruine. Dans le septième chapitre, il décrit l’attitude que le prince doit adopter : se faire aimer et soutenir par le peuple, se faire respecter et obéir par les soldats, renouveler les lois lorsque nécessaire, être magnanime mais aussi sévère, éliminer les mercenaires infidèles et entretenir de bonnes relations avec les autres souverains et princes. Cependant, le prince ne doit jamais oublier la nature humaine, la sienne comme celle des autres. Machiavel note que les hommes agissent par peur ou par haine et que les offenses passées peuvent être oubliées. Dans le huitième chapitre, il critique durement le tyran de Syracuse, Agathocle, qui ne peut être un modèle positif, car, bien qu’il ait été un chef militaire courageux, il était cruel et scélérat. Le prince ne doit jamais être un tyran, n’utilisant la force que par nécessité, et non par plaisir. Dans le neuvième chapitre, consacré au principat civil, le prince doit gagner la faveur du peuple et la conserver, sans l’opprimer, car un peuple ennemi serait extrêmement dangereux. En conclusion, un prince sage doit comprendre que les citoyens ont besoin de lui, tout comme lui a besoin d’eux. Dans le dixième chapitre, Machiavel souligne l’importance, pour la défense du principat, d’une artillerie lourde et d’une milice efficace. Dans le douzième chapitre, il critique radicalement les milices mercenaires, car elles sont inutiles face à une milice populaire, dangereuses car elles se vendent au plus offrant, dépourvues de discipline interne et animées par l’ambition de pouvoir et d’argent. En conclusion, pour garantir sa sécurité, un principat doit éviter de recourir aux mercenaires. Dans le quatorzième chapitre, les tâches du prince incluent l’étude et la pratique de l’art de la guerre, en opposition aux érudits de son temps qui voulaient éduquer le prince uniquement à la culture littéraire. Le prince doit étudier attentivement l’histoire romaine, s’exercer à l’art militaire et bien connaître le territoire qu’il gouverne, tout en comprenant, grâce à l’histoire, le rôle important du hasard dans les affaires humaines. Le quinzième chapitre, divisé en trois parties, explique que Machiavel cherche à transmettre au prince une vérité effective, et non imaginaire. Il critique ses contemporains qui imaginent des États utopiques au lieu de comprendre la réalité telle qu’elle est, affirmant qu’un prince qui gouverne en rêvant de républiques fantaisistes mènera son peuple et lui-même à la ruine. Il conclut que le prince doit souvent violer les règles de la morale commune pour gouverner efficacement. Dans le dix-septième chapitre, Machiavel formule une vision pessimiste de l’homme, proche de celle de Montaigne, décrivant l’homme comme ingrat, versatile, faux, lâche et avide de gain. Il note que les hommes oublient plus vite la mort de leur père que la perte de son héritage. Le prince doit éviter de se faire haïr, mais doit inspirer la crainte, et, si nécessaire, faire preuve de cruauté, notamment envers ses soldats, en étant respectueux mais sévère en cas de trahison, sous peine d’être perdu. Il cite Annibal comme exemple de grand chef politique. Dans le dix-huitième chapitre, Machiavel affirme que l’astuce du prince est plus importante que la loyauté, qui est utile dans les relations personnelles mais dangereuse dans l’art du gouvernement. Le prince doit gouverner par les lois, mais aussi par sa nature bestiale, incarnée par le renard et le lion : le lion effraie les loups qui entourent le prince, c’est-à-dire ses adversaires. Il ne doit pas oublier que les traités de paix sont éphémères et doit être un grand simulateur, à l’image d’Alexandre VI et de César Borgia, montrant intégrité morale et piété dans ses discours, tout en évitant la cruauté. Il doit également conserver le soutien du peuple, essentiel à son pouvoir. Dans le vingt-deuxième chapitre, il conseille de se méfier des ministres, qui ne sont pas toujours fiables, et d’éviter les flatteurs, qui trahiront au moment opportun. Le prince doit écouter ses conseillers, mais agir avec détermination. Dans le vingt-cinquième chapitre, il insiste sur l’équilibre entre la fortune et la vertu, illustrant la fortune par les métaphores du fleuve et de la femme, et affirmant que le prince doit gouverner avec 50 % de vertu et 50 % de fortune, tout en s’adaptant rapidement aux changements. Enfin, dans le vingt-sixième chapitre, intitulé Exhortation à prendre l’Italie et à la libérer des mains des barbares, Machiavel, s’inspirant de Tite-Live, soutient que l’Italie ne pourra être libre qu’avec une armée forte et autoritaire. Grâce à une milice puissante, l’Italie pourra retrouver son autorité. Il conclut qu’il est impératif que l’Italie se défende par les armes, terminant son œuvre par un poème de Pétrarque, Italia mia.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
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