
Par Sébastien Marco Turk
Donald Trump, c’est une force sans précédent depuis des décennies. Avec Elon Musk à ses côtés, ils sont entrés en guerre contre l’empire tout-puissant de la bureaucratie globale.
Le président américain a exposé les politiques mondialistes de son prédécesseur et, ce faisant, il a aussi clairement exprimé ce qu’on ressent depuis plus d’une décennie, à savoir que les politiques mondialistes ne sont rien d’autre qu’un canular, quelle que soit la fantaisie des mots qui les habillent. Si étonnant que cela puisse paraitre, ces politiques constituerai une version édulcorée du communisme, conformément au jugement de Václav Havel, selon lequel la seule chose vraie dans le communisme était qu’il n’était qu’un mensonge.
Le mécanisme de manipulation utilisé aujourd’hui est similaire à celui des dirigeants et idéologues communistes, depuis Marx et Engels. En termes de théorie littéraire, cela s’appellerait une métonymie, le « pars pro toto » – une partie qui prétend représenter le tout. En d’autres termes, une minorité extrême au sommet d’un appareil bureaucratique s’approprie l’autorité pour représenter une majorité qui ne l’a ni demandé ni autorisé. Elle impose cette domination par la force, soit directement (comme en Union soviétique), soit indirectement, en s’appuyant sur des leviers plus subtils comme le contrôle total des médias, du système judiciaire et des institutions supranationales (UE, ONU, OMS).
Ce procédé non démocratique est flagrant dans la mesure où les projets de la minorité sont en contradiction avec les intérêts de la majorité. Pourtant, la règle du « pars pro toto » s’impose dans la société. Le communisme, par exemple, s’est présenté sous la bannière de la libération du prolétariat. Or, lors de la révolution d’Octobre, ce groupe social était marginal en Russie, où la majorité de la population était constituée de paysans. Après avoir pris le pouvoir, les communistes ont imposé la collectivisation forcée, obligeant les moujiks à abandonner leurs terres privées pour rejoindre des fermes collectives (kolkhozes) ou d’État (sovkhozes), sous le prétexte de « l’émancipation » du prolétariat par l’industrialisation de l’URSS.
Cette politique a conduit à une terrible famine entre 1932 et 1933, particulièrement en Ukraine (Holodomor), dans le Caucase du Nord et au Kazakhstan, entraînant la mort de plusieurs millions de personnes. De nombreux paysans furent déportés dans les goulags en tant qu’ »ennemis du peuple ». Ironiquement, cette situation a appauvri non seulement les paysans, mais aussi le prolétariat que le régime prétendait défendre. Le prolétariat, la fleur du régime, était tenaillé par la faim. Et plus tard : dans les pays sous domination communiste (les « démocraties populaires » ou socialisme réel), les ouvriers vivaient souvent dans des conditions bien pires que ceux des pays capitalistes accusés d’exploiter la classe ouvrière.
Le sort des moujiks en Union Soviétique s’actualiserait volontiers. Qu’en est-il aujourd’hui à Bruxelles ? Qui est l’ennemi numéro un de la bureaucratie européenne ? La réponse est évidente : les paysans (agriculteurs). L’appareil administratif bruxellois s’est fixé pour mission de les éliminer, en remplaçant leurs productions par des importations issues de fermes géantes sur d’autres continents, principalement en Asie (Chine). L’histoire aime à se répéter.
Si nous revenons aux ouvriers et regardons l’histoire, nous constatons un autre point intéressant. Un jour, le prolétariat (ou quelques prolétaires) auraient pu remettre en question le projet mené en son nom par les bureaucrates des capitales (de Moscou à Belgrade). Pour éviter cela, le régime s’appuyait sur des services de répression, notamment la police politique. Quiconque doutait du Parti communiste était exclu de la société, par liquidation, emprisonnement ou internement psychiatrique. En URSS, les citoyens étaient convaincus que les ouvriers occidentaux subissaient une exploitation intolérable, une idée renforcée par la censure totale des médias. Seule l’Allemagne de l’Est faisait exception, car ses habitants captaient les chaînes de télévision de l’Allemagne de l’Ouest.
Fait surprenant : un phénomène similaire se produirait aujourd’hui en Occident. Avec les réseaux sociaux, il est certes difficile de cacher la vérité, mais les médias de masse, de Lisbonne à Stockholm et d’Athènes à Londres, diffusent des informations aussi biaisées que la propagande du socialisme réel. Ouvrez un journal traditionnel ou regardez les chaînes publiques, et vous en aurez la confirmation immédiate.
Si nous nous fiions uniquement aux médias dominants, nous pourrions croire qu’on vit sous un régime d’obscurantisme informationnel, comme en URSS, mutatis mutandis, bien sûr. Et on aurait raison. Ces médias promeuvent notamment des sujets idéologiques en contradiction avec la nature humaine. Rappelons-nous, c’était le cas pour le communisme. Les illogismes étaient aussi au cœur de son effondrement.
L’enseignement de Marx et Engels, avec ses idées a priori, contredit l’ontologie de l’homo sapiens tout simplement parce que les êtres humains ne sont pas et ne seront jamais les mêmes. Une scène du film culte « L’ennemi aux portes » (Enemy at the Gates) l’illustre très bien : l’affrontement entre deux tireurs d’élite, l’un allemand et l’autre soviétique. Le protagoniste, bien sûr, porte l’étoile rouge sur son casque, et le lieu de la bataille est Stalingrad. Avant de mourir, le commissaire politique (Danilov), qui a douté du modèle soviétique, face à son collègue, le tireur d’élite russe (Vasily Zaitsev), prononce les paroles suivantes : « L’homme restera toujours l’homme. Nous avons essayé en vain de créer une société où tous les hommes seraient égaux. Une société où l’homme n’envierait rien à l’autre. Mais il y aura toujours quelque chose à envier : un sourire, une amitié … Quelque chose que l’on n’a pas mais que l’on aimerait avoir. Dans une société, même soviétique, il y aura toujours des pauvres et des riches. «
Une réminiscence actuelle du dilemme du commissaire politique, évoqué en haut, serait la question de l’égalité des sexes. Internet regorge de contenus traitant de ce sujet, avec plus d’1,5 milliard de résultats en anglais pour « gender equality ». Pourtant, biologiquement, un homme et une femme ne seront jamais égaux en ce qui concerne leur genre. Leur richesse relationnelle repose justement sur cette différence, mais cela ne convient ni à la bureaucratie mondiale ni à celle de Bruxelles. Pour elles, homme et femme doivent être égaux. Suivant cette logique, une vache et un taureau le sont aussi. Comment oser douter d’une telle « vérité sacrée », vous demanderait un bureaucrate.
Un autre exemple serait « l’inclusivité ». Par la règle de « pars pro toto », les minorités sont privilégiées au détriment de la majorité. Ce mécanisme rejette la méritocratie, selon laquelle chacun doit progresser selon ses compétences. Nous retrouvons ici le modèle soviétique, dénoncé en haut par le commissaire Danilov avant sa mort. L’inclusivité est devenue un outil de discrimination inversée contre la majorité.
Comme le communisme, le globalisme considère la civilisation occidentale comme son principal ennemi. Le communisme a tenté de la détruire en soutenant les mouvements anti-coloniaux, souvent au prix de régimes instables et corrompus. En Afrique, la situation s’est détériorée en raison des coups d’État et guerres civiles, forçant les plus compétents à fuir vers l’Europe, ce qui nuit au développement du continent. Le cardinal Robert Sarah l’a souligné. Pourtant, en Occident, les migrants sont placés sous une protection juridique et médiatique disproportionnée, marginalisant la population locale. Regardez les médias, la justice et la police, et observez les mesures qu’ils prennent lorsque de graves excès, des crimes contre la vie et l’intégrité physique, sont commis par des nouveaux arrivants de l’autre côté de la Méditerranée.
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Et de se pencher sur le dernier corps sacré du mondialisme, la transition verte. Une fois de plus, la même formule est à l’œuvre, la substitution de la partie au tout. Les Européens sont poussés vers le zéro émission de CO2, même si le prix à payer est une industrie automobile dévastée, avec toutes les conséquences que cela implique. L’Allemagne, moteur de l’Europe, n’est plus ce qu’elle était économiquement. L’UE doit compenser – par un ascétisme extrême en matière de gaz à effet de serre – les péchés du monde entier, de la Chine, de l’Inde, des États-Unis à l’Afrique et à l’Australie. La partie pour l’ensemble ! Les pays évoqués se moquent du zélotisme de l’UE.
En général : nous assistons à une conversion générale, non seulement des valeurs, mais aussi de l’évolution. Il y a une sorte de contre-révolution, dans laquelle le bien est mal et le mal est bien. Ce qui est tragique, c’est que la bureaucratie moderne recrée essentiellement le modèle issu du changement le plus sanglant de l’histoire de l’humanité, l’avènement du communisme. Le Livre noir du communisme, édité par Stéphane Courtois, fait état de 100 millions de victimes comme décompte final des crimes commis au nom de cette idéologie.
Ce chiffre est encore plus élevé si l’on considère que la Seconde Guerre mondiale a commencé avec le pacte Hitler-Staline. Celui-ci a été en vigueur de septembre 1939 à juin 1941. La chute de la Pologne, la conquête du Danemark et de la Norvège, puis de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas, la chute de la France, de la Yougoslavie, de la Grèce et les opérations de guerre en Afrique, tout cela a été possible parce que l’Allemagne avait le dos couvert et menait la guerre sur un seul front, même étiré. C’est donc en grande partie l’alliance avec l’Union soviétique qui lui a permis d’être en position de vainqueur. Il n’est pas dit pour rien que l’attaquer a été la plus grande erreur d’Hitler. Si l’on tient compte des sacrifices et des crimes commis dans le premier tiers de la Seconde Guerre mondiale, on peut raisonnablement conclure que l’idéologie communiste est le plus grand mal de l’histoire.
Le fait que cela soit recyclé par la bureaucratie mondialiste actuelle est une sorte de paradoxe de l’histoire, un paradoxe seulement jusqu’à ce que nous le comprenions plus profondément. Jusqu’à ce que nous en voyions le caractère totalitaire, qui est bien sûr limité dans le temps. Tous les demi-siècles, depuis l’année 1945 l’histoire s’apaise et la logique et l’évolution s’affirment comme le principe premier. Le communisme en Europe de l’Est a duré un demi-siècle (1945-1989) : à l’apogée de sa puissance et de son expansion idéologique (fin des années 1960), il a donné naissance à la révolution du mai1968 dans l’Ouest. Celle-ci a détruit ce qui avait construit l’Ouest dans le passé. Elle a démoli ce qui avait construit l’Occident dans ses fondements. Il s’agissait de l’autorité, surtout des leaders politiques et des leaders d’opinion qui avaient la capacité de dire aux gens ce qui était bien et ce qui était mal. C’était l’époque des grands hommes politiques, des bâtisseurs d’une communauté européenne de nations qui fonctionnait et inspirait le respect dans le monde entier, l’époque de De Gaulle d’une part et du chancelier Helmut Kohl d’autre part de l’époque. Donald Trump est rentré dans leur sillage.
Aujourd’hui, de l’autre côté de l’Atlantique, un processus a commencé qui apportera des changements nécessaires et souhaitables à Bruxelles et à son administration aliénée. Ce processus se déroulera en parallèle, les États membres se libérant de l’hiver mondialiste. C’est l’unique espoir de l’avenir.
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Sébastien-Marco Turk, docteur ès lettres de l’Université Paris-Sorbonne, Professeur des Universités, spécialiste de littérature française, ex-fondateur de jeunesse démocrate-chrétienne anti-Yougoslave en Slovénie, anime régulièrement des émissions politiques et géopolitiques à la télévision slovène « exodus ». Il nous livre une vision intéressante d’un intellectuel proche de l’Ukraine, marqué par le totalitarisme communiste et parfois choqué par la difficulté avec laquelle les Européens de l’Ouest, France en tête, perçoivent une Russie que la vision gaulliste a selon lui trop souvent dépeint sous des jours pour le moins indulgents … D’où le rappel historique et le parallélisme opéré par l’auteur – ceteris paribus – entre 1941 et 2022.
