
Par Le Diplomate
Le 23 avril 2025, le gouvernement jordanien a officiellement interdit « toutes les activités » des Frères musulmans sur son sol et ordonné la fermeture de leurs bureaux, les accusant d’« actions déstabilisatrices » et de préparation d’attentats à la roquette et au drone. Cette mesure, présentée comme un impératif de sécurité, marque la rupture d’un équilibre fragile entre la monarchie hachémite et l’un des mouvements islamistes les plus anciens du monde arabe.
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Justifications de l’interdiction et accusations de complot
Selon le ministre de l’Intérieur Mazen al-Farrayeh, l’interdiction fait suite à l’arrestation, la semaine précédente, de seize membres de la confrérie suspectés d’avoir été entraînés et financés au Liban pour préparer des attentats contre des cibles militaires et policières dans le royaume. Le gouvernement parle d’un « plan structuré, appuyé par des acteurs extérieurs, visant à déstabiliser l’ordre public et à fragiliser l’État », justifiant la saisie des biens de l’organisation et la perquisition de ses locaux. Le mouvement a nié toute organisation collective de violences, tout en reconnaissant que certains membres, à titre individuel, aient pu participer à des opérations de contrebande d’armes vers la Cisjordanie.
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Un mouvement enraciné et soutenu
Fondée en Égypte il y a un siècle, la confrérie des Frères musulmans s’est progressivement implantée en Jordanie, où elle a opéré légalement pendant des décennies, principalement à travers son bras politique, le Front d’action islamique (FAI). Très implanté dans les grands centres urbains, le FAI a remporté 38 des 138 sièges aux élections législatives de septembre 2024, devenant ainsi la principale force d’opposition parlementaire. Cette popularité, alimentée par la guerre de Gaza et le soutien affiché des Frères au Hamas, lui a valu un ancrage solide au sein des populations urbaines et palestiniennes de Jordanie.
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Enjeux politiques internes et dimension régionale
Sur le plan intérieur, cette décision traduit la volonté de la monarchie de prévenir toute remise en cause de son autorité face à une opposition structurée et bien organisée. En éliminant un acteur historique du jeu politique, Amman assume le risque de pousser la dissidence vers la clandestinité, au détriment de la représentativité institutionnelle. Sur le plan régional, l’interdiction s’inscrit dans une logique commune à plusieurs États arabes (Égypte, Émirats, Arabie saoudite) qui ont marginalisé les Frères au nom de la stabilité et de la lutte contre l’influence iranienne et les réseaux djihadistes. Jordan, alliée traditionnelle de Washington et de Riyad, cherche à se prémunir des complots réels ou supposés ourdis à ses frontières, tout en préservant son rôle de garant de la « cause palestinienne ».
Dans un contexte de tensions accrues au Proche-Orient, la Jordanie mise sur une politique de sécurité renforcée pour consolider la monarchie hachémite et affirmer son rôle pivot entre les puissances régionales. Reste à voir si ce choix garantira longtemps la paix intérieure ou s’il ouvrira une brèche à une opposition plus radicale et souterraine.
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