TERRORISME – Sécurité nationale : Plus de 700 Iraniens relâchés aux États-Unis sous Biden — Trump en alerte maximale après les frappes contre l’Iran

TERRORISME – Sécurité nationale : Plus de 700 Iraniens relâchés aux États-Unis sous Biden — Trump en alerte maximale après les frappes contre l’Iran

Donald Trump, en salle de crise, observe avec gravité une opération militaire en cours, entouré de conseillers et de figures civiles capturées, sur fond de frappes aériennes au Moyen-Orient.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Angélique Bouchard 

Vingt ans séparent Falloujah des frappes de Shiraz. Mais au cœur de la stratégie américaine au Moyen-Orient, une constante demeure : la volonté de préserver les intérêts vitaux des États-Unis face à la menace islamiste. Ce qui a changé, selon les analystes, c’est la méthode, le contexte mondial et l’ampleur de la réponse.

En 2025, Donald Trump incarne une nouvelle ère stratégique. Pas d’occupation. Pas de nation building. Pas de guerres sans fin. Mais une ligne rouge claire : pas d’Iran nucléaire.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée américaine a mené l’Opération Midnight Hammer, détruisant plusieurs installations sensibles en Iran à l’aide de bombes pénétrantes larguées par des B-2. Une réponse à l’accélération du programme nucléaire iranien, et à une attaque ratée contre une base américaine au Qatar.

“Ce n’est pas la Guerre d’Irak. Ce n’est pas une guerre idéologique. C’est une opération chirurgicale au service d’un objectif clair : empêcher la République islamique d’obtenir l’arme nucléaire”, ajoute un haut responsable du Pentagone.

Moins de 48 heures après les frappes américaines contre des sites nucléaires iraniens, l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran a déclenché une vague de réactions très contrastées au sein de la classe politique américaine. Tandis que les Républicains se sont empressés de féliciter l’ancien président Donald Trump pour ce qu’ils considèrent comme un succès diplomatique majeur, les Démocrates restent pour l’instant notablement silencieux, voire critiques.

Toutefois, la menace intérieure se précise : le Département de la Justice (DOJ) et le Département de la Sécurité intérieure (DHS) confirment une mise en alerte élevée, en raison de la présence sur le sol américain de centaines de ressortissants iraniens entrés illégalement entre 2021 et 2024, lors du mandat du président Joe Biden.

Le président de la Commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Rick Crawford (R-Arkansas), appelle les Américains à « un niveau de vigilance accru », face à une menace terroriste potentielle sur le territoire national.

“Les citoyens doivent développer une conscience de leur environnement. Il y a des individus hors des États-Unis – et peut-être sur notre sol – qui cherchent à nous faire du mal,” a-t-il déclaré à Fox News Digital.

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Un héritage explosif de l’ère Biden

Rick Crawford n’a pas mâché ses mots sur les causes de cette vulnérabilité intérieure.

“Nous savons que l’Iran est le premier sponsor étatique du terrorisme. Et nous savons aussi que sous l’administration Biden, des centaines d’Iraniens sont entrés illégalement dans le pays, sans réel contrôle,” a-t-il déclaré.

Selon Tom Homan, l’ancien coordinateur de la sécurité aux frontières, 1 272 ressortissants iraniens ont été relâchés à l’intérieur des États-Unis entre 2021 et 2024. Aujourd’hui, l’État ne sait pas où ils se trouvent.

“On ne connaît ni leur localisation, ni leurs intentions. Il est temps de redoubler d’efforts en matière de contre-espionnage intérieur”, a martelé Crawford.

Les chiffres communiqués par une source haut placée de la Customs and Border Protection (CBP) sont sans appel : entre octobre 2020 et septembre 2024, 1 504 ressortissants iraniens ont été interpellés à la frontière sud. 729 d’entre eux ont été relâchés sur le territoire américain, sans que leur statut de “special interest aliens” ne garantisse une vérification approfondie.

“Nous avons hérité d’un dispositif migratoire désintégré, avec des failles béantes en matière de sécurité”, déplore un haut responsable du DHS sous couvert d’anonymat. “La priorité est désormais de localiser, surveiller et neutraliser les menaces potentielles.”

Tous les Iraniens interpellés à la frontière sont en effet classés comme “spécialement préoccupants” (special interest aliens), en raison du risque d’infiltration par des acteurs affiliés à des groupes terroristes comme les Gardiens de la Révolution islamique (IRGC).

Pam Bondi : “Nous sommes en alerte maximale”

Interrogée lundi lors d’une audition budgétaire à la Chambre, la procureure générale Pam Bondi a confirmé que le DOJ traite ce dossier comme une priorité de contre-terrorisme.

“Je ne peux pas vous donner de chiffres sur le nombre d’Iraniens condamnés pour des actes criminels, mais je peux vous dire que nous sommes en alerte maximale, et que toutes les agences de sécurité suivent la situation de très près”, a-t-elle déclaré.

Le représentant Tony Gonzales (R-TX), qui préside la sous-commission de sécurité nationale, a exprimé des inquiétudes sur la possible présence de cellules dormantes iraniennes activables sur demande de Téhéran. Pam Bondi s’est contentée de répondre : “Je ne peux pas parler de cela dans ce cadre.”

Plusieurs experts en sécurité intérieure avertissent que les villes sanctuaires, notamment en Californie et au Massachusetts, pourraient représenter les cibles les plus vulnérables en cas de représailles terroristes menées par des agents dormants du régime iranien.

Les inquiétudes sont particulièrement vives dans les États ou municipalités ayant adopté des politiques bloquant les interventions de l’ICE (police migratoire fédérale). Los Angeles, notamment, est pointée du doigt pour l’hostilité de certaines communautés à l’encontre des autorités fédérales.

“Nous devons partir du principe que des menaces peuvent se matérialiser,” affirme Lora Ries, directrice du Centre pour la sécurité des frontières à la Heritage Foundation.

Elle souligne que si les autorités ont identifié 729 migrants iraniens relâchés sur le sol américain, le vrai danger vient des “gotaways”, ces clandestins entrés sans interception ni enregistrement.

Selon elle, les villes sanctuaires comme San Francisco, Los Angeles ou Cambridge (MA) constituent des “zones grises” où le non-respect de la coopération inter-agences crée des failles critiques.

Les hôpitaux des villes sanctuaires : Cibles vulnérables face aux menaces terroristes iraniennes, alertent des experts

Pour Andrew Arthur, expert du Center for Immigration Studies, les hôpitaux dans les juridictions sanctuairesreprésentent la cible “ultime” pour une opération terroriste visant à créer un choc massif.

“Regardez ce qu’a fait l’Iran à Be’er Sheva, en Israël, en frappant directement un complexe hospitalier… Cela démontre que ce régime est capable de tout,” explique-t-il.

“Un hôpital, c’est un lieu ouvert, vulnérable, où une attaque provoquerait non seulement des pertes humaines, mais aussi une onde de panique sanitaire et sociale.”

Arthur alerte également sur les conséquences de la loi SB-54 en Californie, qui limite drastiquement la coopération entre les polices locales et les agences fédérales.

“Beaucoup de forces de l’ordre californiennes ne savent même plus ce qu’elles ont le droit de faire… Cela crée un flou juridique qui, lui-même, devient une vulnérabilité.”

Il note cependant qu’une attaque iranienne directe sur le sol américain serait “suicidaire pour le régime”, et probablement un acte désespéré, mais pas exclu.

Les autres cibles potentielles évoquées sont Times Square (New York), Le National Mall (Washington, D.C.), Independence Hall (Philadelphie) et les Hubs de transport majeurs (aéroports, gares, ports).

Un ancien agent du FBI, cité anonymement, a rappelé que les cyberattaques et les actes de “lone wolves” (loups solitaires) restent aussi une menace très sérieuse, notamment dans le sillage des frappes américaines.

Trump : “L’héritage de Biden met la nation en danger”

Ces révélations arrivent moins de 48 heures après les frappes américaines sur trois installations nucléaires iraniennes, une opération baptisée “Midnight Hammer” ordonnée par le président Trump en réponse à des renseignements faisant état d’une avancée accélérée du programme nucléaire militaire iranien.

Alors que l’Iran a riposté avec une attaque de missiles sur une base américaine près de Doha, aucune victime n’a été rapportée, le président Trump affirmant que les forces américaines avaient reçu une alerte précoce.

“Les réponses de l’Iran sont faibles. Nous avons les moyens de dissuasion. Mais je n’oublie pas que Biden a libéré des centaines d’individus à risque dans notre pays. C’est une faille que nous devons refermer immédiatement”, a déclaré le président Trump lors d’une conférence de presse à Camp David.

L’année dernière, sous l’administration précédente, le DOJ avait inculpé trois hommes impliqués dans un complot d’assassinat transnational visant à éliminer Donald Trump (alors candidat), ainsi qu’un journaliste critique du régime iranien. L’un des suspects, toujours en fuite, serait un Afghan recruté et payé par les services du renseignement iranien.

“Les actes imputés illustrent l’audace de l’Iran dans ses tentatives de frapper directement les dirigeants américains et leurs opposants”, a rappelé Christopher Wray, directeur du FBI, lors de l’annonce de l’acte d’accusation.

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Vers une nouvelle doctrine de sécurité intérieure ?

Dans la foulée des frappes et face à un risque d’attaque sur le sol américain, le DHS a émis un bulletin d’alerte concernant une possible mobilisation violente d’acteurs radicalisés, et une augmentation des cyberattaques ou d’actes antisémites encouragés par Téhéran.

L’administration Trump a d’ores et déjà annoncé un renforcement des contrôles migratoires aux frontières ainsi qu’un audit complet des ressortissants iraniens relâchés sous l’administration Biden.

“C’est une situation que nous n’aurions jamais dû connaître si les procédures avaient été respectées”, a déclaré Tom Homan, ancien directeur d’ICE et aujourd’hui conseiller spécial du DHS. “Il est temps de restaurer la souveraineté américaine.”

La Commission du renseignement planche actuellement sur une version renforcée du Intelligence Authorization Act2026, visant à augmenter les moyens alloués à la sécurité intérieure.

“Nous voulons nous assurer que toutes les agences fédérales de sécurité disposent des ressources nécessaires pour faire face à cette menace”, a souligné Crawford.

Il appelle également à une meilleure coordination entre agences de renseignement et forces locales.

Un président « post-globaliste » dans un monde fracturé

Selon Steve Yates, ancien conseiller sécurité nationale du vice-président Dick Cheney sous Bush, et aujourd’hui chercheur à la Heritage Foundation, Donald Trump est le premier président véritablement post-globaliste depuis la fin de la guerre froide.

“À l’époque de Bush, la Chine n’était pas encore la menace systémique qu’elle est aujourd’hui. Xi Jinping n’avait pas encore remplacé l’ennui méthodique de Hu Jintao. Et l’Europe croyait encore à une diplomatie multilatérale magique”, ironise-t-il.

En contraste, Trump exige que les alliés « fassent leur part ». Israël, confronté à une menace existentielle depuis l’attaque du 7 octobre, n’a jamais demandé de troupes américaines au sol. Il s’est contenté de soutien politique et logistique, notamment dans les airs.

“C’est un modèle de partenariat que Trump privilégie : le leadership américain, mais sans sacrifier nos soldats pour les erreurs des autres”, explique Yates.

Échec du multilatéralisme, retour de la dissuasion

L’administration Trump estime que l’approche européenne menée par le trio France – Royaume-Uni – Allemagne (« EU-3 ») a échoué à empêcher l’Iran de contourner les sanctions et de tricher sur ses engagements nucléaires.

“Ce modèle diplomatique des années 2000 est mort. Il n’a pas empêché la militarisation iranienne. Il n’a pas contenu le Hezbollah. Il n’a pas protégé les dissidents iraniens assassinés en Europe”, tranche Yates.

Donald Trump, à l’inverse, mise sur une dissuasion brutale et lisible. Il n’a jamais promis de démocratie à Téhéran — seulement la certitude d’une riposte immédiate en cas de provocation.

Donald Trump salué par les Républicains pour le cessez-le-feu entre Iran et Israël, les Démocrates restent prudents

Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a proclamé avec emphase :

« Il a été pleinement convenu entre Israël et l’Iran d’un cessez-le-feu complet et total d’une durée de 12 heures, après quoi la guerre sera considérée comme terminée. »

Cette annonce a été confirmée par des responsables iraniens, apportant une légitimité à cette pause dans un conflit qui menaçait d’enflammer davantage la région.

Immédiatement, les élus Républicains se sont rassemblés pour saluer la « prouesse » de l’ancien président, soulignant sa stature de négociateur et sa capacité à imposer la « paix par la force ». Le représentant du Tennessee, Andy Ogles, n’a pas hésité à écrire sur X (ex-Twitter) :

« Trump est le plus grand génie de la politique étrangère de l’histoire américaine. Donnez-lui le prix Nobel de la paix — MAINTENANT. »

D’autres comme le président de la Chambre, Mike Johnson, ont également vanté l’efficacité de la démarche : « Paix grâce à la force ! »

Le vice-président J.D. Vance a, pour sa part, expliqué sur Fox News que cette trêve représentait, s’il elle se maintient, un véritable « reset » pour le Moyen-Orient, permettant de bâtir une paix durable après 12 jours de conflit intense.

En revanche, aucun message de félicitations n’a été émis par la direction démocrate au Congrès dans les heures suivant l’annonce. Ce mutisme peut être interprété comme une réserve face à la manière dont cette crise a été gérée, notamment par Donald Trump.

Interrogée par Fox News, la députée progressiste Alexandria Ocasio-Cortez a rejeté l’idée d’une quelconque célébration :

« Il a aussi admis qu’il s’agissait d’une guerre. »

« Le président admet unilatéralement avoir engagé les États-Unis dans un conflit sans l’approbation du Congrès. C’est une admission grave, illégale et inconstitutionnelle. »

Son propos souligne une fracture profonde : pour certains Démocrates, l’annonce du cessez-le-feu ne peut masquer le fait que le président Trump a engagé le pays dans une guerre sans mandat législatif, ce qui soulève des questions constitutionnelles majeures.

Cette division s’exprime aussi dans les couloirs du Congrès. Le Républicain Thomas Massie, qui avait poussé à un projet de résolution bipartisan exigeant l’autorisation du Congrès avant toute action militaire contre l’Iran, a suspendu ses démarches à la lumière du cessez-le-feu.

« Si le cessez-le-feu tient, nous ne pousserons pas la résolution. »

Cette décision illustre la complexité de la situation : malgré les critiques, la recherche d’un compromis pragmatique demeure essentielle pour éviter un nouvel embrasement.

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Rattraper quatre ans de laxisme

Le cessez-le-feu représente indéniablement une accalmie bienvenue après une escalade rapide et dangereuse au Moyen-Orient. Pour les Républicains, il incarne une confirmation de la doctrine Trump, qui combine fermeté militaire et diplomatie coercitive.

Pour les Démocrates, la prudence s’explique par la procédure controversée qui a conduit aux frappes américaines et par la crainte d’une militarisation sans contrôle démocratique. Cette divergence révèle une profonde tension institutionnelle sur la manière de conduire la politique étrangère américaine dans un contexte de crises multiples.

À court terme, la situation reste fragile. La communauté internationale observe désormais si ce cessez-le-feu tiendra, ou s’il ne s’agit que d’une trêve temporaire avant de nouvelles hostilités.

En attendant, Washington est face à un choix politique complexe : renforcer la cohésion interne sur la scène internationale ou laisser les divisions partisanes fragiliser la posture américaine face à des adversaires redoutables.

De plus, les autorités américaines doivent désormais faire face aux conséquences internes d’une politique migratoire jugée laxiste par nombre d’experts. Le président Trump a promis des mesures rapides, visibles et fermes, mais le danger immédiat reste présent.

En définitive, la doctrine Trump 2.0 se distingue radicalement de la “guerre globale contre le terrorisme” menée par Bush. Moins d’idéologie, plus de ciblage. Moins de nation building, plus de sécurité nationale.

“Je garde beaucoup de respect pour mes anciens collègues de l’administration Bush”, conclut Steve Yates. “Mais le président Trump, aujourd’hui, agit avec une logique plus ancrée dans la réalité. Et il a le mérite de dire ce qu’il fait, et de faire ce qu’il dit.”

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