TRIBUNE – Alstom, Macron, Marleix, la dernière alerte : Chronique d’une souveraineté liquidée

Trois hommes en costume font face à un palais officiel sous un ciel sombre, près d’un TGV abandonné et d’un drapeau français tombé, symbole de déclin national.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Olivier d’Auzon

Le 7 juillet 2025, en plein cœur d’un été qui s’annonçait pourtant routinier sur le plan politique, la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre : Olivier Marleix, député Les Républicains d’Eure-et-Loir, ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale, a été retrouvé pendu à son domicile d’Anet. 

Il avait 54 ans. La piste du suicide a été rapidement privilégiée par les enquêteurs, bien que les circonstances exactes de sa mort demeurent troubles, et qu’un petit morceau de papier retrouvé sur place n’ait pas encore livré tous ses secrets.

À l’Assemblée nationale, une minute de silence a été observée. Les hommages, unanimes, ont afflué de toutes les formations politiques. On a salué « un élu passionné », « un homme de conviction », « un adversaire politique respectueux ». Mais au-delà de la peine sincère et des hommages convenus, un malaise s’installe : que voulait nous dire Marleix ? Qu’avait-il encore à révéler ?

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Une voix singulière dans la cacophonie parlementaire

Olivier Marleix n’était pas un homme politique parmi d’autres. Fils de ministre, gaulliste de tempérament, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et proche de Michel Barnier, il représentait cette droite républicaine pétrie de souverainisme, d’exigence, et d’attachement aux intérêts stratégiques de la Nation.

Infatigable parlementaire, il avait présidé la commission d’enquête sur la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric. Un rapport trop vite oublié, où il dénonçait déjà, preuves à l’appui, les failles béantes d’un État démissionnaire face aux intérêts privés étrangers. Marleix était de ceux qui n’avaient jamais digéré l’abandon d’Alstom, symbole industriel de la France, sacrifié sur l’autel de la mondialisation.

Jusqu’à ses derniers jours, il travaillait à un livre, Dissolution française, prévu pour novembre 2025. Un titre prophétique, presque testamentaire…

Alstom, ou l’acte fondateur d’un renoncement d’État

La vente d’Alstom à General Electric, entérinée entre 2014 et 2015 sous François Hollande, avec Emmanuel Macron à Bercy, constitue, pour Marleix, l’acte fondateur d’un processus de « liquidation silencieuse » de la souveraineté économique française. Il n’était pas le seul à le penser. Mais il fut l’un des rares à mener un combat parlementaire méthodique, à interroger, à creuser, à insister.

Alstom n’était pas un simple fleuron industriel : c’était une pierre angulaire de notre indépendance énergétique, fournisseur des turbines Arabelle utilisées dans nos centrales nucléaires, y compris dans nos sous-marins. En cédant ce joyau, la France a renoncé à une part essentielle de son autonomie stratégique. Et ce, au profit d’un groupe américain désormais en crise, qui n’a pas tenu ses engagements industriels.

Olivier Marleix, à ce sujet, avait des mots lourds : il parlait de « trahison », de « faute d’État », de « capitulation volontaire ». Et il désignait, sans détour, la responsabilité d’Emmanuel Macron.

Macron, architecte d’un désengagement stratégique ?

L’ancien ministre de l’Économie devenu président a toujours revendiqué un rapport « décomplexé » à la mondialisation. Mais pour Olivier Marleix, cette posture relève d’un aveuglement idéologique. Dans ses discours, dans ses interventions, il soulignait la constance d’un modèle : désindustrialisation, dépendance croissante aux capitaux étrangers, recul de l’État stratège.

Ce désengagement n’est pas neutre. Il entraîne des pertes de compétences, d’emplois, mais aussi une vulnérabilité croissante face aux chocs internationaux. Olivier Marleix dénonçait une « perte de colonne vertébrale industrielle », un abandon de ce qui faisait la puissance de la France : sa capacité à décider pour elle-même.

Sa mort, si elle ne peut être réduite à ses engagements politiques, leur confère pourtant une force nouvelle. Elle fait écho à une solitude plus large : celle de ceux qui, au cœur du pouvoir ou à ses marges, portent des alertes que plus personne ne veut entendre.

Un testament politique ?

« Dissolution française ». Le titre, glaçant, sonne aujourd’hui comme une prophétie. À travers ce livre inachevé, Olivier Marleix entendait dresser un réquisitoire contre la déconstruction méthodique de l’État républicain. L’administration, la défense, l’énergie, l’école : tout y passait. Il ne dénonçait pas seulement des erreurs techniques, mais une démission morale, une crise du courage politique.

Ce qu’Olivier Marleix pointait, au fond, c’était l’absence de vision. Une France sans cap, diluée dans les normes européennes, désarmée face à la puissance américaine ou chinoise, gouvernée par des gestionnaires sans mémoire. Une France qui s’éloigne chaque jour de la République gaullienne qu’il avait chevillée au corps.

Et maintenant ?

La mort d’Olivier Marleix ouvre un vide. Mais elle pose aussi une question dérangeante : que reste-t-il de la souveraineté française ? Peut-on encore redresser un pays dont les élites semblent avoir renoncé à toute forme d’indépendance stratégique ? Et surtout, qui portera demain cette voix singulière, lucide, critique, qui refusait le confort de la résignation ?

Dans un paysage politique gangrené par le cynisme et l’indifférence, Olivier Marleix incarnait une certaine idée de la France. Sa disparition, tragique, brutale, n’est pas seulement celle d’un homme. Elle est celle d’un signal, que l’Histoire jugera peut-être comme la dernière alerte avant le grand effondrement.

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