TRIBUNE – Paris-Berlin : Rien ne va plus !

Par Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques
« Quand les hommes ne choisissent pas, les évènements choisissent pour eux ». Cette célèbre citation de Raymond Aron caractérise à merveille la détérioration continue de la relation franco-allemande au cours des derniers mois, des dernières semaines[1]. Rien n’y fait. Désormais, il ne se passe pas une journée sans que nos gazettes nous rapportent l’apparition d’une nouvelle pomme de discorde entre Paris et Berlin. Dans le même temps, nous sommes les témoins d’une lune de miel entre Rome et Berlin[2]. Divorce, d’un côté, mariage, de l’autre. Ainsi va l’Europe en 2026. Après le cru Merkozy vient le cru Merzoni. Après l’axe franco-allemand, voici le retour des puissances de l’axe[3]. Résultat patent, la France affaiblie[4] et l’Allemagne forte ne peuvent plus jouer le rôle de moteur de la construction européenne. Pire encore, l’Europe est en panne[5]. Comme le rappelle, Raymond Aron : « Connaître le passé est une manière de s’en libérer ». Si la détérioration actuelle de la relation franco-allemande repose sur des raisons objectives conséquences de la multiplication actuelle des différends entre les deux pays, elle doit aussi être appréhendée au travers de raisons plus subjectives tenant au retour des passés respectifs de la France et de l’Allemagne.
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Raisons objectives : La multiplication des différends
« Le diable habite plus souvent le domaine des idées que celui des simples faits » (Simon Leys).
Le passage de la confiance à la méfiance. La confiance se gagne lentement et se perd rapidement. Tel est bien le cas de la relation franco-allemande de nos jours ! Faute d’un minimum d’animus societatis entre les deux voisins, rien de positif n’est plus possible au sein du « couple » (les Allemands utilisent l’expression « relation ») franco-allemand. Ce ne sont ni les sommets protocolaires, ni les déclarations tonitruantes qui changeront la donne dans un avenir proche. « Le réel, c’est quand on se cogne », rappelle fort à propos le psychanalyste Jacques Lacan. Le temps de la fin du déni du réel a sonné quoi qu’en disent nos eurobéats et autres naïfs. Derrière tant de myopie française, une certaine forme d’inconscience de ce qu’est le réel est sans doute à l’œuvre. Comme le souligne justement le Prix Nobel de littérature, Albert Camus : « Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti » sur ce sujet aussi crucial que l’avenir de la relation franco-allemande dont dépend, en grande partie, celui de la construction européenne. Le voulons-nous ? Le pouvons-nous ? Surtout dans cette dernière ligne droite difficile du second mandat d’Emmanuel Macron au cours de laquelle fait tant défaut le courage de la lucidité[6]. Notre homme performatif se tourne souvent en ridicule et les Prussiens ne manquent pas une occasion de le lui rappeler publiquement pour mieux enfoncer le clou où cela fait mal avec le sens aigu de la « Schadenfreude » (expression allemande pouvant se traduire en français par se réjouir du malheur d’autrui ou éprouver un malin plaisir à) qui les caractérise. On ne se change pas d’un claquement de doigts.
Le passage des intérêts communs à l’intérêt personnel. Alors qu’hier, Paris et Bonn, puis Berlin pensent en commun à la mise au point de projets industriels (Airbus, Ariane, Alphajet, char …) et de projets européens (écu puis euro pour ne citer que les plus emblématiques), aujourd’hui chacun défend bec et ongles les intérêts bien compris de sa propre boutique. La conséquence de ce cavalier seul est devant nos yeux. L’ampleur des différends est abyssale[7] : projet d’avion du futur (SCAF[8]) ; traité de libre-échange signé avec le Mercosur ; emprunt européen ou « eurobonds »[9] ; protectionnisme[10] ; éventuelle réaction coordonnée sur les droits de douane imposée par Donald Trump ; contenu de la relation transatlantique[11] alors que la fiabilité de l’allié américain est questionnée et que Washington n’a que faire des Européens (Cf. le récent document de stratégie de sécurité nationale)[12] ; défense européenne (souveraineté européenne, autonomie stratégique) dans le cadre ou hors de l’OTAN[13] ; Groenland[14] ; Iran ; vision de l’Europe [15]; dissuasion nucléaire ; reprise du dialogue avec Vladimir Poutine[16]… Chaque capitale est sourde aux préoccupations légitimes de l’autre. Et, le divorce s’affiche désormais ostensiblement au grand jour en cette période de changement d’époque (« Zeitwende », pour reprendre la formule d’Olaf Scholz) et de désoccidentalisation du monde[17] au sein de laquelle Donald Trump est notre mauvaise conscience[18], notre électrochoc[19]. Alors que Paris et Berlin devraient être sur la même longueur d’onde pour affronter le tsunami Trump, il y a de la friture sur la ligne[20].
Comme toujours, il faut connaître le passé pour comprendre le présent et anticiper l’avenir qui se présente sous un jour sombre. Voir imaginer l’imaginable, à savoir que le passé pourrait redevenir un présent. N’est-ce pas à un retour de l’Histoire auquel nous assistons sidérés, médusés au lieu de réagir rapidement et efficacement ?
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Raisons subjectives : Le retour des passés
« Chassez le naturel, il revient au galop » (Philippe Néricault Destouches).
La brouille franco-allemande n’est certainement pas le fait du hasard. Ses causes profondes doivent être recherchées dans la conjonction du travers de l’arrogance française et du complexe de supériorité allemande.
Le travers de l’arrogance française. À tort ou à raison, nos partenaires étrangers, Allemands au premier plan, n’ont de cesse de stigmatiser une certaine forme d’arrogance de la « Grande Nation »[21] avec une vigueur redoublée depuis la chute du Mur de Berlin et la réunification allemande. Ils gardent toujours à l’esprit et la lettre de la célèbre tirade mise dans la bouche de Jouvet dans L’impromptu de Paris de l’écrivain-diplomate, Jean Giraudoux :
« Permets-moi de te dire que c’est sur ce point que tu as tort. Laisse-moi rire quand j’entends proclamer que la destinée de la France est d’être ici-bas l’organe de la retenue et de la pondération ! La destinée de la France est d’être l’embêteuse du monde. Elle a été créée, elle s’est créée pour déjouer dans le monde le complot des rôles établis, des systèmes éternels. Elle est la justice, mais dans la mesure où la justice consiste à empêcher d’avoir raison ceux qui ont raison trop longtemps. Elle est le bon sens, mais au jour où le bon sens est le dénonciateur, le redresseur de tort, le vengeur. Tant qu’il y aura une France digne de ce nom, la partie de l’univers ne sera pas jouée, les nations parvenues ne seront pas tranquilles, qu’elles aient conquis leur rang par le travail, la force ou le chantage. Il y a dans l’ordre, dans le calme, dans la richesse, un élément d’insulte à l’humanité et à la liberté que la France est là pour relever et punir … »[22].
Ce travers de l’arrogance est d’autant plus inacceptable Outre-Rhin que la France de 2026 cumule impuissance publique et isolement diplomatique. En conséquence, Berlin considère qu’Emmanuel Macron est très mal placé pour faire la leçon à ses partenaires européens. Il serait bien avisé de rentrer dans le rang et d’adopter une démarche plus mesurée pour éviter de se ridiculiser. Il devrait cesser de vouloir voyager en première classe avec un billet de seconde. Cela devrait commencer par un effort de lucidité sur la place réelle de la France dans le concert des nations. Qui plus est, le pays de René Descartes devrait garder à l’esprit que « la raison n’embrasse pas tout, beaucoup de choses lui échappent. L’essentiel peut-être … »[23]. En particulier que l’Allemagne occupe la première place en Europe loin devant les mangeurs de grenouille qui vivent au-dessus de leurs moyens. N’est-ce pas un juste retour des choses après une période d’effacement contrainte et forcée de cinq décennies ?
Le complexe de supériorité allemande. Ne l’oublions jamais, nos voisins allemands ont toujours considéré qu’ils étaient la plus grande puissance du continent européen dans le passé ! Aujourd’hui, par une sorte d’ironie de l’Histoire, ils le revendiquent sous une forme de néo-impérialisme décomplexé. Avec une pointe d’orgueil prussien, nos amis allemands considèrent – c’est malheureusement un fait objectif incontestable – que nous avons perdu toutes les guerres entre nos deux pays : celles de 1870, de 1914-1918 et de 1939-1945. S’agissant de ces dernières, ils mettent en exergue le fait que, sans l’appui décisif de nos alliés anglo-saxons, nous n’en serions pas là. Ils qualifient très sérieusement le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie « d’invasion alliée » avec la « Kolossale finesse » dont ils peuvent faire preuve. À leurs yeux, nous sommes les perdants chroniques de l’Histoire. Parfois, ils ajoutent, à ce tableau de chasse peu flatteur pour nous, nos échecs en Indochine et en Algérie. Plus près de nous, ils estiment que la parenthèse de la suite négative de la Seconde Guerre mondiale est définitivement refermée depuis la réunification de l’Allemagne divisée. Désormais, nous devons prendre en compte la puissance de la « Grande Allemagne » (« Grosse Deutschland »). Berlin n’a-t-il pas décidé un effort sans précédent de réarmement – des centaines de milliards d’euros, rien à voir avec les miettes de notre Loi de programmation militaire ou LPM – qui devrait en faire demain la puissance militaire conventionnelle inégalée sur le continent, loin devant la pauvre France criblée de dettes ?[24] Paris doit en tenir compte en faisant profil bas et en évitant les rodomontades inutiles. Une sorte de version réactualisée de L’étrange défaite de Marc Bloch que nous devrions méditer tant au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré qu’au 37 Quai d’Orsay où le temps est plus à la communication qu’à la réflexion. Une chose est en tout cas certaine, contre toute raison, nous n’avons pas pu/su, en haut lieu et en temps utile, anticiper la « remontada » allemande, nous empêchant de « voir ce que l’on voit » pour reprendre la fameuse phrase de Charles Péguy. La faute d’appréciation jupitérienne est patente. Elle se paiera intérêt et principal, le moment venu … avec une Europe allemande[25].
Pour la bonne bouche, les derniers développements liés au récent discours d’Emmanuel Macron sur la « dissuasion avancée » à l’Île Longue le 2 mars 2026 méritent que l’on s’y arrête[26]. D’une part, le chancelier allemand refuse de participer à une aventure commune pour la construction de l’avion du futur (SCAF) mettant en avant le fait que l’armée allemande n’avait pas besoin d’un avion « capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions ». De l’autre, il déclare que son pays comptait participer à des exercices nucléaires français[27]. Un sacré pas de clerc mais aussi un signe de mépris affiché et assumé à l’encontre de Jupiter le dindon de la farce.
Pour mémoire, Emmanuel Macron connaît lui aussi les changements de pied radicaux. Jeune rapporteur de la Commission Attali pour la libération de la croissance française, il avait rédigé une note péremptoire dans laquelle il proposait purement et simplement de jeter par-dessus bord notre outil nucléaire militaire. La raison était d’une limpidité implacable : la France n’en avait plus besoin, étant protégée par son appartenance à l’Union européenne. Bravo à notre Mozart de la diplomatie dont le crédit à Berlin est une asymptote de zéro.
Retour vers le passé ?
« Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font » (Raymond Aron). N’en avons-nous pas un exemple concret avec l’attitude d’Emmanuel Macron et de Friedrich Merz dont la lune de miel n’aura été que de très courte durée ? La relation étroite entre la France et l’Allemagne initiée par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer grâce au traité de l’Élysée signé le 22 janvier 1963 – traité de coopération destiné à sceller la réconciliation franco-allemande – n’aura-t-elle été qu’une simple parenthèse de l’Histoire en train de se refermer ?[28] Pourra-t-elle survivre dans un monde ravagé par les impérialismes et marqué par le retour des égoïsmes nationaux ? Pourra-t-elle survivre à une époque qui préfère les polémiques à la pensée ? Pourra-t-elle survivre à un affrontement entre deux légitimités ? En définitive, la relation franco-allemande n’est-elle pas menacée de marginalisation totale ? Lors de ses vœux aux Armées (Abu Dhabi, 21 décembre 2025), Emmanuel Macron déclare : « À l’heure des prédateurs, nous devons être forts pour être craints ». En raison de notre faiblesse structurelle, l’Allemagne, qui ne nous craint plus et nous le fait savoir haut et fort, fait table rase du passé[29]. Le moins que l’on puisse dire est qu’entre Paris et Berlin, rien ne va plus !
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Les opinions exprimées ici n’engagent que leur auteur
[1] Franck Dedieu, Hollande-Merkel vs Macron-Merz : quel est le pire couple franco-allemand ?, www.marianne.net , 23 février 2026.
[2] Elsa Conesa/Allan Kaval, Berlin se rapproche de Rome alors que des désaccords l’éloignent de Paris, Le Monde, 25-26 janvier 2026, p. 4.
[3] H16, Pendant que la France s’endort, nos voisins se réveillent, www.lediplomate.media, 26 février 2026.
[4] Pauline Graulle/Ilyes Ramdani, Pour Emmanuel Macron, le vertige de l’an 10, www.mediapart.fr , 22 février 2026.
[5] Lara Tchekov (propos recueillis par, Alain Bauer : « L’Union européenne a sacrifié son indépendance stratégique », LEJDNEWS, 18 février 2026, pp. 34-35.
[6] Arnaud Florac, Salon de l’agriculture : ambiance crépusculaire pour Emmanuel Macron, www.bvoltaire.fr , 22 février 2026.
[7] Elsa Conesa, L’Allemagne et la France affichent désormais leurs désaccords, Le Monde, 12 février 2026, p. 3.
[8] Elsa Conesa/Olivier Pinaud, Le SCAF, chronique d’un échec annoncé, Le Monde, 20 février 2026, p. 14.
[9] Virginie Malingre (propos recueillis par), Emmanuel Macron défend des « eurobonds d’avenir », Le Monde, 11 février 2026, p. 13.
[10] Éditorial, Souveraineté économique, l’urgence d’une stratégie européenne, Le Monde, 12 février 2026, p. 29.
[11] Claire Gatinois/Philippe Ricard, Transatlantisme. Une relation au bord de la rupture, Le Monde, 15-16 février 2026, pp. 16-17.
[12] Piotr Smolar, Washington prend les Européens pour cible, Le Monde, 7-8 décembre 2025, p. 2.
[13] Sylvie Kauffmann, L’européanisation de l’OTAN en débat, Le Monde, 13 février 2026, p. 26.
[14] Claire Gatinois/Philippe Jacqué/Philippe Ricard, En Europe, les leçons dissonantes du « moment Groenlandais », Le Monde, 31 janvier 2026, p. 5.
[15] Elsa Conesa/Claire Gatinois, À Munich, Paris et Berlin exposent deux visions de l’Europe, Le Monde, 15-16 février 2026, p. 5.
[16] Philippe Ricard, Les Européens divisés sur la reprise du dialogue avec Poutine, Le Monde, 13 février 2026, p. 2.
[17] Gilles Paris, Avis de disparition de l’Occident, Le Monde, 11 décembre 2025, p. 31.
[18] Marc Angrand/Marie de Vergès/Pierre Manière/Olivier Pinaud/Alexandre Picquard, L’Europe souffre de multiples dépendances aux États-Unis, Le Monde, 25-26 janvier 2026, pp. 12-13.
[19] Éditorial, Pour l’Europe, l’électrochoc de la vision stratégique de Trump, Le Monde, 12 décembre 2025, p. 27.
[20] Claire Gatinois/Philippe Ricard, Diplomatie. L’ère Trump, le cauchemar des Européens, Le Monde, 23-24 novembre 2025, pp. 15-16-17.
[21] « Grande Nation » (ou plus souvent accompagné de l’article défini : « la grande nation ») est un terme utilisé en France lors de la période napoléonienne pour désigner la France victorieuse et conquérante. Tombé ensuite en désuétude, il est réemployé dans l’espace germanophone pour moquer la France, surtout après sa défaite lors de la Seconde Guerre mondiale.
[22] Jean Giraudoux, L’impromptu de Paris, Pièce en un acte, Grasset, 1937.
[23] Éric-Emmanuel Schmitt, Le défi de Jérusalem, Albin Michel, 2023, p. 28.
[24] Elsa Conesa, L’Allemagne veut renforcer son rôle au sein de l’OTAN. Berlin a investi des centaines de milliards d’euros dans on réarmement, Le Monde, 24 février 2026, p. 4.
[25] Philippe de Villiers, L’Europe allemande, LEJDNEWS, 18 février 2026, p. 38.
[26] Jean Daspry, Dissuasion avancée, sécurité amoindrie !, www.lediplomate.media , 3 mars 2026.
[27] Odile Benyahia-Kouider, Macron bombe son torse nucléaire, Le Canard enchaîné, 4 mars 2026, p. 4.
[28] https://france-allemagne.fr/fr/le-couple-franco-allemand/historique/traites/traite-de-lelysee-22-janvier-1963
[29] Jean Daspry, Quand l’Allemagne s’éveillera … l’Europe tremblera, www.lediplomate.media , 26 janvier 2026.
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