
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie).
La Russie a accepté hier, par la voix de son président Vladimir Poutine, les initiatives de cesser les combats si elles débouchaient sur une paix durable et éliminaient les causes de la crise.
« Nous sommes d’accord avec la proposition d’arrêter les combats, mais nous partons du principe qu’un arrêt des combats doit être productif à une paix durable et supprimer les choses à l’origine de notre conflit », a-t-il d’abord déclaré indiquant soutenir « entièrement » la trêve de 30 jours, avant d’évoquer certains questionnements.
« Je remercie Donald Trump pour avoir consacré autant d’attention au règlement du conflit », a-t-il ajouté.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président biélorusse ce jeudi 13 mars, Vladimir Poutine a tenu à remercier Donald Trump pour son engagement dans les dialogues concernant le conflit entre la Russie et l’Ukraine.
Un long cycle de négociation en coulisses a déjà commencé notamment dès hier avec l’arrivée à Moscou des diplomates américains…
Le plan de Poutine
Cette annonce de Vladimir Poutine sur une possible trêve conditionnée à une paix durable est une manœuvre qui s’inscrit dans une dynamique géopolitique plus large. Derrière ce geste apparent d’ouverture, Moscou cherche avant tout à consolider ses gains sur le terrain et à repositionner la Russie dans les négociations internationales. L’acceptation d’un cessez-le-feu, même temporaire, pourrait permettre au Kremlin de stabiliser ses positions, de redéployer ses forces et d’apparaître comme un acteur pragmatique face à une Ukraine qui pourrait se retrouver dans une position délicate si elle refuse la trêve.
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Vers un premier grand succès de Trump à l’international ?
Le rôle des États-Unis est central dans cette nouvelle phase du conflit. En remerciant Donald Trump, Poutine envoie un signal clair : il considère l’ancien président comme un interlocuteur plus favorable à une sortie de crise négociée, ou du moins moins engagé dans le soutien militaire à Kiev que l’administration Biden. Cette déclaration intervient dans un contexte où Washington est divisé sur l’aide à l’Ukraine, et où les Européens s’inquiètent d’un éventuel désengagement américain. La Russie pourrait donc espérer un affaiblissement du soutien occidental si les États-Unis réduisent leur implication, ce qui forcerait l’Europe à revoir sa stratégie.
Inquiétude à Kiev
Pour l’Ukraine, la situation est particulièrement délicate. Accepter une trêve pourrait signifier figer les lignes de front et légitimer les gains territoriaux russes, ce qui serait un revers politique majeur pour Volodymyr Zelensky. En revanche, refuser pourrait donner l’impression que Kiev rejette toute tentative de paix, un argument que Moscou pourrait exploiter pour alimenter les dissensions en Occident. Le gouvernement ukrainien devra donc naviguer entre ces contraintes, en cherchant à maintenir le soutien de ses alliés tout en ne cédant pas trop de terrain dans les négociations.
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Une Union européenne totalement hors-jeu !
Enfin, l’Europe brille par son absence. Elle se retrouve par ailleurs face à ses propres dilemmes. Une trêve pourrait être perçue comme un moment opportun pour renforcer les capacités militaires des États membres de l’OTAN et préparer une réponse plus autonome face à la Russie. Mais elle pourrait aussi engendrer une nouvelle forme d’instabilité si elle ne débouche pas sur un accord durable, transformant le conflit en un gel prolongé, comme cela a été le cas en Géorgie ou en Transnistrie. La question reste donc de savoir si cette proposition russe est un véritable pas vers la paix ou une tactique pour affaiblir progressivement le soutien à l’Ukraine.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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