
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Donald Trump relance l’affaire ActBlue et ordonne une enquête sur des dons illégaux, des fonds étrangers et des fraudes systémiques. En effet, il vient de signer un décret présidentiel qui pourrait ébranler l’ensemble du système de financement politique aux États-Unis. Cette fois, la cible n’est pas un acteur obscur, mais la principale plateforme de dons du Parti démocrate, ActBlue, accusée d’avoir facilité des contributions anonymes, non vérifiées, voire en provenance de puissances étrangères. Une accusation grave, qui frappe le cœur même de la machine électorale progressiste.
Selon le mémo signé par Trump, l’objectif est de « déterminer l’origine de contributions étrangères destinées à influencer les élections américaines ». Ce geste intervient après des enquêtes déjà engagées par 19 procureurs républicains et par la Chambre des représentants, qui examinent depuis des mois de possibles délits de blanchiment d’argent et d’utilisation frauduleuse de cartes bancaires.
L’élément le plus troublant ? L’absence du code de sécurité CVV dans les transactions, code requis dans tout paiement électronique classique. Une faille majeure qui aurait permis des transactions fictives ou non autorisées.
1,5 milliard de dollars et des profils de donateurs « anormaux »
Au cœur de l’affaire, un chiffre colossal : 1,5 milliard de dollars levés par plus de 7 millions de donateurs en moins de deux cycles électoraux. Mais selon plusieurs analyses menées par la Commission électorale et des agences fédérales, de nombreux profils présentent des incohérences flagrantes :
Dons disproportionnés par rapport au patrimoine déclaré
Dons multiples provenant de personnes âgées qui nient avoir contribué
Soutiens soudains à des candidats du camp opposé
Utilisation de cartes prépayées ou de moyens de paiement intraçables
Le journaliste James O’Keefe a même retrouvé des électeurs du Maryland à qui l’on attribue, sans leur accord, des dons dépassant les 200 000 dollars en quelques années…
Harris, les campagnes phares et l’argent invisible
La vice-présidente Kamala Harris figure également dans la tourmente. Selon les chiffres partagés sur la plateforme X d’ActBlue, sa campagne aurait récolté 200 millions de dollars en quelques jours seulement. Officiellement, les sommes sont réparties entre des milliers de campagnes.
En réalité, l’essentiel semble avoir bénéficié aux têtes d’affiche démocrates, nourrissant les soupçons d’une centralisation opaque déguisée en micro-financement citoyen.
Fraude structurelle ou manœuvre électorale ?
C’est à Pam Bondi, procureure générale désignée, qu’il reviendra de coordonner cette enquête au potentiel explosif. Un nouveau Watergate, inversé cette fois, où l’opacité ne naît pas d’enregistrements clandestins, mais de l’absence structurelle de garde-fous numériques dans la collecte de fonds.
Le message politique est limpide : Trump cherche à frapper le Parti démocrate là où il est le plus fort, dans sa capacité à lever des sommes colossales. Mais il entend surtout démontrer que cette puissance financière repose sur des bases corrompues, manipulées, voire alimentées de l’extérieur.
En décembre dernier, ActBlue a annoncé avoir mis à jour ses procédures afin de bloquer les cartes étrangères, les cartes cadeaux ou les transferts en provenance de zones à risque élevé. Mais selon le député Steil, “beaucoup reste à faire”.
La transparence électorale en question
Au-delà des joutes partisanes, c’est la fiabilité du financement démocratique américain qui se trouve aujourd’hui remise en cause. Et avec elle, la capacité de l’État fédéral à garantir que les élections américaines ne soient pas infiltrées par des intérêts étrangers.
La bataille est lancée, et elle dépasse largement les frontières du Parti démocrate ou républicain. Elle interroge sur la nature même de la démocratie américaine et sa résilience face à l’argent, au numérique et à l’ingérence globale.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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