
David Lisnard, maire de Cannes depuis 2014 et président de Nouvelle Énergie (le courant « conservateur et libéral » au sein des Républicains), avait choisi de renoncer à briguer la présidence du parti pour soutenir Bruno Retailleau. Fort de son expérience de gestion municipale et de sa stature d’animateur du réseau des maires LR, il revient pour Le Diplomate Média sur les raisons de son engagement, l’analyse de la victoire de Retailleau, et les perspectives pour les échéances municipales et présidentielle. Entretien.
Propos recueillis par Angélique Bouchard
Le Diplomate : Avec plus de 70 % des voix, Retailleau a largement devancé son concurrent, Laurent Wauquiez. Comment, selon vous, expliquer ce plébiscite massif chez les adhérents LR ?
David Lisnard : Ce résultat marque une volonté claire des adhérents de tourner la page des ambiguïtés stratégiques. Ils ont choisi la clarté idéologique et la cohérence politique. C’est une bonne nouvelle si elle se transforme ensuite en épopée victorieuse pour le pays.
Ce vote dit aussi autre chose : il exprime une adhésion aux positions et à l’action de Bruno Retailleau.
Ce soutien massif n’est pas un blanc-seing, c’est une attente forte de résultats et de rupture avec 18 ans d’échec de la droite au plan national.
Vous avez préféré vous ranger derrière Bruno Retailleau plutôt que de porter votre propre candidature. Quelles convergences stratégiques et programmatiques avez-vous perçues entre vos deux visions pour LR ?
Nous partageons une même exigence intellectuelle et politique : celle de refonder la droite sur des principes clairs, assumés hors de calculs à courte vue. Nous avons une commune volonté de marquer une rupture avec l’impuissance publique, et de replacer les valeurs de liberté, d’autorité et de responsabilité au cœur du projet politique.
Nous défendons une ligne cohérente, ancrée dans la transmission, la maîtrise des comptes publics, la fermeté régalienne.
Sur le plan stratégique, il fallait éviter de fragmenter un espace aujourd’hui amoindri. J’ai donc choisi de soutenir celui qui me semblait le mieux placé pour porter une orientation claire et qui acceptait d’intégrer dans les projets de LR des propositions nationales de Nouvelle Energie, telles la retraite par capitalisation obligatoire, la libération de l’école, la dérèglementation de la société française.
À lire aussi : POLITIQUE – Bruno Retailleau largement élu à la tête des Républicains : Quel renouveau pour la droite française ?
En tant que maire influent et président de l’Association des maires LR, comment comptez-vous tirer parti de cette nouvelle direction pour renforcer la présence du parti dans les grandes villes en 2026 ?
Je précise que la fonction que j’occupe de président de l’Association des maires de France (AMF), est strictement transpartisane. Je n’ai jamais confondu mes convictions politiques avec mon rôle à l’AMF.
Les grandes villes – mais les petites et moyennes aussi – ont besoin d’un discours clair, d’une gestion rigoureuse, et de projets concrets. Cela suppose de mettre en avant les élus qui réforment, qui assument, et qui incarnent des solutions concrètes pour les habitants, loin des délires idéologiques de certains.
Avec Nouvelle Énergie, nous avons de nombreux élus, maires, adjoints ou conseillers municipaux, ainsi que de nombreux militants engagés, qui aspirent à jouer un rôle lors des élections municipales de 2026. C’est aux habitants de chaque commune de choisir quel maire et quelle équipe municipale ils veulent sur des critères d’intérêt général local.
Comment jugez-vous la capacité de Bruno Retailleau à rassembler la droite et une partie du centre pour proposer, dès l’automne 2025, un projet crédible à l’élection présidentielle ? Et pour celle-ci quel sera votre rôle ? Pourriez-vous être finalement candidat selon les circonstances ?
Il ne s’agit en effet pas seulement de rassembler un parti et de proposer une alternance, mais de construire une véritable alternative pour le pays à force de 40 ans de socialisme. C’est pour cela que je m’intéresse à 2027 et que je compte bien porter une ambition forte et radicale qui ne souffrira pas de compromissions et dont l’intégrité ne sera pas remise en cause par des manœuvres tactiques.
Mais avant de se déclarer candidat, il faut travailler le fond et c’est ce que je fais avec Nouvelle Énergie. Une candidature ne peut pas être une fin. C’est le moyen de porter un vrai projet et de le faire gagner.
En tout état de cause, l’idéal sera d’avoir une grande sélection préalable pour éviter la division des candidats et la compromission des projets. LR n’est qu’une partie de l’équation. C’est pourquoi l’élection interne de dimanche dernier n’est pas un aboutissement, mais un point de départ dans la construction d’une alternative puissante pour 2027.
Certains estiment que Bruno Retailleau, tout en étant ministre de l’Intérieur dans un exécutif macroniste, risque de ne pas pouvoir « agir » suffisamment au sein de LR. Comment répondez-vous à cette critique sur la faisabilité et la cohérence de sa position, entre des paroles fortes et des actes concrets ?
Je sais que Bruno Retailleau a conscience de cette difficulté et il parvient bien à tenir le cap à Beauvau.
Peut-il rester encore très longtemps au gouvernement au regard du contexte politique qui limite forcément la portée de son action ? Je ne pense pas.
À lire aussi : Le Grand Entretien du Diplomate avec David Lisnard : « La souveraineté européenne n’existe pas ! »
#DavidLisnard, #BrunoRetailleau, #LesRépublicains, #LR2027, #NouvelleEnergie, #ElectionPrésidentielle2027, #Municipales2026, #DroiteFrançaise, #PolitiqueFrançaise, #RéformeDeLaDroite, #Autorité, #Responsabilité, #Liberté, #République, #RupturePolitique, #GestionMunicipale, #MaîtresDesComptes, #RetraiteParCapitalisation, #LibérationDeLEcole, #Dérèglementation, #Conservateurs, #Libéraux, #Cannes, #AMF, #France2027, #ÉlectionsLocales, #StratégiePolitique, #EntretienPolitique, #RéformesLR, #UnionDesDroites, #ClartéIdéologique, #VoteLR, #PartiPolitique, #CentreDroit, #Lisnard2027, #RetailleauPrésident, #OppositionConstructive, #Alternance2027, #PolitiqueLocale, #EngagementPolitique, #TransparencePolitique

Diplômée de la Business School de La Rochelle (Excelia – Bachelor Communication et Stratégies Digitales) et du CELSA – Sorbonne Université, Angélique Bouchard, 25 ans, est titulaire d’un Master 2 de recherche, spécialisation « Géopolitique des médias ». Elle est journaliste indépendante et travaille pour de nombreux médias. Elle est en charge des grands entretiens pour Le Dialogue.

