
Par Olivier d’Auzon
Donald Trump vient de lancer une nouvelle offensive dans la guerre économique que mène Washington par alliés interposés. Dans un message publié sur Truth Social, l’ancien président américain a exigé que les pays de l’OTAN cessent d’importer du pétrole russe. Officiellement, il s’agit d’un coup porté à Moscou. En réalité, comme l’a révélé The Washington Post le 13 septembre 2025, cette initiative vise moins à punir la Russie qu’à gagner du temps.
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La stratégie du leurre
Derrière les effets d’annonce, la manœuvre est limpide : Trump se pare des habits du dirigeant intraitable avec Moscou, tout en freinant de nouvelles sanctions et en obligeant les alliés européens, canadiens ou japonais à saborder eux-mêmes leurs économies. Dans plusieurs capitales de l’OTAN, de la Turquie à la Hongrie en passant par la Slovaquie, la méfiance grandit : cette mise en scène semble avoir peu à voir avec l’Ukraine et tout à voir avec l’agenda américain.
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L’arme économique américaine
Le Trésor américain pousse désormais plus loin encore cette logique. Son secrétaire, Scott Bessent, réclame que le G7 impose des droits de douane de 50 à 100 % sur les produits chinois et indiens — les deux principaux acheteurs de pétrole russe. Parallèlement, Washington exige la confiscation des avoirs russes gelés en Europe pour financer l’effort de guerre de Kiev.
Une exigence explosive : la Belgique détient à elle seule près de 190 milliards d’euros d’actifs russes, mais reconnaît qu’aucun fondement juridique ne permet leur saisie. Ursula von der Leyen l’a admis à Strasbourg : Bruxelles n’osera pas franchir le pas d’une confiscation pure et simple. Pourtant, l’Union européenne continue de s’aventurer sur ce terrain mouvant, prête à engager sa crédibilité et à assumer les recours judiciaires — pendant que les États-Unis restent à l’abri, spectateurs lointains et bénéficiaires silencieux.
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Une Europe paralysée
Face à cette offensive, les capitales européennes peinent à réagir. Berlin hésite, Paris se disperse, Bruxelles suit docilement. Ni le Japon ni le Canada n’osent briser l’unanimité. Le résultat est une alliance sans véritables chefs, une coalition de suiveurs transformée en instrument des priorités américaines.
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Le spectre d’un déclin programmé
Si l’Europe et l’Asie se plient à ces demandes, les conséquences seront lourdes : une guerre commerciale avec Pékin et New Delhi fragiliserait leurs industries, déstabiliserait leurs monnaies et les enfermerait dans une dépendance structurelle vis-à -vis de Washington. Les États-Unis, eux, n’auraient qu’à observer, depuis l’autre rive de l’Atlantique, la lente érosion économique de leurs partenaires.
La réalité est implacable : à force d’obéir aveuglément à Washington, les membres de l’OTAN et du G7 risquent de sceller eux-mêmes leur déclin. Non pas sous les coups de Moscou, de Pékin ou de New Delhi, mais en sacrifiant leur souveraineté sur l’autel d’une solidarité imposé.
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Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).

