ANALYSE – La Russie n’attaquera pas militairement l’OTAN, du moins prochainement…

Par Alain Rodier
Ne relayant pas le discours anxiogène actuellement développé par certains responsables politiques et amplifié par la presse occidentale avide de sensationnel qui est vendeur, quelques voix s’élèvent ici et là pour exprimer leurs doutes quant-à une éventuelle opération militaire russe classique contre des pays de l’OTAN lune fois que la guerre en Ukraine sera terminée.
Même le Service de renseignement extérieur estonien (Välisluureamet ou VLA) dirigé par le général Kaupo Rosin concerné au premier chef car les pays baltes semblent être une cible bien tentante pour Moscou qui voudrait établir une liaison terrestres avec l’enclave de Kaliningrad jugée comme stratégique pour le contrôle de la mer baltique, estime le 10 juin que la Russie n’a aucune intention d’attaquer militairement, ni l’Estonie, ni aucun autre État membre de l’OTAN au cours de l’année à venir.
Il pense même qu’il parviendra probablement à une conclusion similaire en 2027 car l’Estonie et l’Europe ont pris des mesures qui obligent le Kremlin à évaluer avec la plus grande prudence ce qu’il pourrait se permettre de tenter. Le Service estonien reste toutefois vigilant pour que cette hypothèse reste vraie à l’avenir.
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De son côté, le commandant les forces de l’OTAN en Europe, le général Alexus G. Grynkewich, se dit également convaincu que la Russie n’osera pas attaquer les pays baltes. Pour lui, le Kremlin ne recherche pas actuellement une confrontation avec l’Occident car l’Alliance a l’avantage et que le président Vladimir Poutine en est conscient.
Il précise : « la Russie ne cherche pas le conflit… Elle comprend le terme d’‘alliance défensive’ et elle comprend que nous disposons de plusieurs avantages asymétriques […] La Russie comprend que, si elle tente quoi que ce soit dans les pays baltes, elle n’y parviendra pas. Sachant qu’elle n’y parviendra pas, elle ne prendra pas un tel risque. »
Le président Finlandais Stubb se montre aussi sceptique sur le fait que la Russie pourrait « tester » l’article 5 de l’OTAN : « Pourquoi la Russie testerait-elle l’article 5 si elle n’a pas réussi à conquérir l’Ukraine en quatre ans ? » Il a établi une comparaison historique : pendant la Seconde Guerre mondiale, il a fallu quatre ans à Moscou pour atteindre Berlin — une distance d’environ 1.600 kilomètres. Lors de la guerre contre l’Ukraine, les forces russes ont avancé d’environ 60 kilomètres sur la même période…
Stubb conclue : « Les gens ont juste besoin de se calmer. »
En réalité, tous les observateurs avertis à un retour à la guerre froide. Les Soviétiques et le pacte de Varsovie menaçaient alors l’Europe tout en menant une guerre qu’on n’appelait pas alors « hybride », mais qui y ressemblait étrangement : espionnage à grande échelle, influence sur les élections et certains partis politiques, soutien à des mouvements terroristes via les pays frères du pacte de Varsovie (Fraction armée rouge, Action directe, Brigades rouges, etc.), guerres par contournement (Indochine, Corée, Vietnam), sans compter les multiples guérillas en Afrique qui ont accompagné les décolonisations.
À cette époque, une offensive classique du Pacte de Varsovie – voire appuyée par des feux nucléaires tactiques -, était envisageable. La fameuse « trouée de Fulda » par où le rouleau-compresseur blindé-mécanisé du PdV devait passer est dans toutes les mémoires des sentinelles du « Désert des tartares » qu’étaient alors les forces de l’OTAN(1).

Les Européens craignaient en même temps une guérilla intérieure qui aurait engagé les spetsnaz (forces spéciales) chargés de neutraliser nombre d’autorités civiles et militaires et d’affaiblir les moyens d’alerte.
Il était également possible qu’il y ait des soulèvements « populaires » encadrés par des ONG pilotées depuis Moscou avec pour slogan : « plutôt rouge que mort. »
Les jeunes générations de politiciens qui n’ont pas connu cette période – qui s’est terminée en 1990 avec la chute du communisme internationaliste qui était l’idéologie de l’URSS – , doivent se replonger dans leurs livres d’histoire pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Certes, l’Histoire ne se renouvelle jamais, mais, au moins, elle permet d’étudier les erreurs commises dans le passé pour ne pas les rejouer dans le présent…
Certes ces personnalités peuvent se tromper comme cela a été le cas en 2022 lorsque – en dehors des Américains et des Britanniques – personne n’imaginait que Poutine allait envahir l’Ukraine. Cette « opération spéciale » paraissait tellement inepte que l’on pouvait penser qu’il n’allait tout de même pas faire cette bêtise qui était vouée à l’échec. Il semble qu’il a été aveuglé par l’expérience des opérations précédentes qui avaient bien fonctionné comme la prise de Kaboul en 1979 (scenario qui ressemble à ce qui s’est passé à Kiev en février-mars 2022 mais qui s’est terminé piteusement pour les Russes), la saisie de la Crimée sans combats par les « petits hommes verts » – en fait des spetsnaz appuyés par la marine russe en mars 2014 – et par l’intervention en Syrie fin septembre 2015. Enfin, il était entouré de courtisans qui lui rapportaient les informations qu’il voulait bien entendre, même quand elles étaient fausses.
La suite dira s’il continue dans sa folie.
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- Les forces de l’OTAN (même la France qui après avoir quitté le commandement intégré, en faisait toujours partie) ont attendu l’arme au pied une guerre qui aurait vraiment été de haute intensité selon une expression aujourd’hui très en vogue.
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