ANALYSE – À Sharm el-Sheikh, Trump donne une leçon de diplomatie à Emmanuel Macron

Rencontre tendue lors du sommet international de Sharm el-Sheikh : un échange symbolique de pouvoir entre deux dirigeants sur la scène diplomatique mondiale.
Capture d’écran 

Par Olivier d’Auzon

Le 13 octobre 2025, lors du sommet international pour la paix à Sharm el-Sheikh, Donald Trump n’a pas seulement serré la main de Emmanuel Macron — il l’a écrasée. En une poignée de main prolongée et maîtrisée, et une petite phrase moqueuse adressée au président français lors de la grande conférence de presse, il a livré une scène de politique mondiale plus éloquente que n’importe quel discours : celle d’une France affaiblie, spectatrice sur une scène où elle fut jadis actrice principale.

Une poignée de main qui écrase plus qu’elle ne salue

Trump tend la main. Macron la saisit. Trente secondes plus tard, le monde entier assiste à une scène surréaliste : un président français figé, contraint, prisonnier d’un geste calculé pour l’humilier. L’Américain, regard fixe et sourire carnassier, lâche quelques mots — « Nice to see you, so you agreed? » — avant de resserrer sa poigne et de railler Macron en feignant la plaisanterie.

Cette poignée de main n’a rien de fortuite : elle est une démonstration. Une façon de rappeler que, dans le monde tel qu’il va, la force n’est plus dans les communiqués feutrés mais dans les images que les peuples comprennent immédiatement.

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La politique réelle, celle que Trump maîtrise

Trump sait manier les symboles. Macron, lui, s’enferme dans la langue des sommets internationaux, celle qui rassure les chancelleries mais ne pèse plus rien dans les rapports de force. Cette scène s’inscrit dans une rivalité ancienne : reconnaissance de l’État palestinien, divergences stratégiques sur le Proche-Orient, désaccords sur l’ordre international.

L’ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes Pierre Lellouche l’a dit avec justesse :

« Ce n’est pas une poignée de main, c’est une démonstration de puissance. Trump agit en stratège. Macron, lui, subit. »

La France n’est plus la France du Général de Gaulle

On n’aurait jamais imaginé pareille scène face à Charles de Gaulle. Le Général aurait répondu par un regard d’acier, une réplique sèche, ou tout simplement en refusant le jeu. À son époque, la France parlait d’égal à égal avec Washington. Elle pouvait dire “non” — et le monde l’écoutait. Aujourd’hui, elle est reléguée au rang de figurant poli, écouté par courtoisie mais rarement entendu.

Dans les chancelleries, une phrase revient :

« C’est une honte pour la France. On n’aurait jamais imaginé cela pour De Gaulle. »

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La petite phrase qui tue !

Malheureusement pour la France, la séance d’humiliation infligée à Emmanuel Macron par le président américain n’était pas terminée après donc cette secousse physique. 

Donald Trump tacle une nouvelle fois le président français, en mondiovision, lors de la grande conférence de presse pour remercier les pays impliqués dans l’accord de paix à Gaza. Trump déclare alors, avec un sourire narquois, devant des chefs d’État hilares : « J’imaginais Emmanuel debout derrière moi… Où est-il ? J’ai du mal à croire que tu fais profil bas aujourd’hui, merci Emmanuel ! », et le président américain d’ajouter « Il y’en a quelques-uns que je n’aime pas dans cette salle, mais je ne vous dirai pas qui. Vous ne devinerez jamais qui. Ou peut-être que si, d’ailleurs. »

Le recul français est global

Ce moment dépasse largement la scène égyptienne. Il résume une réalité : l’effacement progressif de la puissance française. En Afrique, la France recule : bases fermées, influence militaire contestée, diplomatie marginalisée. Au Moyen-Orient, elle n’est plus un acteur structurant mais un commentateur de second rang. Même en Europe, où elle prétend encore peser, Berlin fixe le cap tandis que Paris s’adapte.

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Face à cela, Trump impose une autre vision : celle d’une politique brute, efficace, qui parle aux opinions publiques et redéfinit le rapport de force mondial. Et Macron, dans cette confrontation, n’a rien opposé d’autre qu’un sourire crispé.

Une leçon de démocratie… et de puissance

Trump a donné à Macron une leçon de démocratie au sens cru du terme : dans la vraie politique, celle des grandes puissances, on n’est pas respecté parce qu’on plaide, mais parce qu’on s’impose. Le président américain l’a compris depuis longtemps. Macron, lui, persiste à confondre posture morale et autorité politique.

Là où De Gaulle imposait le respect par la souveraineté, Macron subit l’humiliation par l’image tel un pauvre clown international. Là où la France tenait tête, elle se tait. Là où elle faisait trembler les tables diplomatiques, elle s’y installe docilement.

Cette poignée de main et la petite phrase assassine de Trump sont un symbole : celui d’un pays qui a perdu le réflexe de puissance. Et dans le monde d’aujourd’hui, ce réflexe n’est pas un luxe. C’est une condition d’existence.

Pendant que Macron pavoise, l’Amérique agit

Ce qui a frappé nombre d’observateurs à Sharm el-Sheikh, ce n’est pas seulement la brutalité du geste de Donald Trump, mais le contraste flagrant entre la posture française et la détermination américaine.

Tandis que Emmanuel Macron s’enferme dans des postures oratoires, Washington avance ses pions, impose le rythme et fixe l’agenda.

Dans les coulisses, Jared Kushner, architecte officieux de la diplomatie trumpienne au Proche-Orient, aurait lâché cette phrase cinglante :

« Pendant que Macron pavoise devant les caméras, l’Amérique agit. »

Pour Roland Lombardi, spécialiste du Moyen-Orient et directeur de la rédaction du Diplomate média, « Emmanuel Macron s’est rendu au Caire, sans y avoir été convié, ni être partie prenante des négociations en cours. Une initiative qui interroge : que venait faire le président français en Égypte, alors que Paris n’est ni signataire ni acteur central du processus diplomatique actuel ? Il était même le petit télégraphiste et le porte-voix du plan initial de Doha qui voulait reconnaître sans conditions un État, dirigé par les terroristes du Hamas, qui ne voulaient pas désarmer… Sûrement que le président français a cru – ce qui prouve au passage, une fois de plus, qu’il vit vraiment dans un monde parallèle – que la vieille ficelle du déplacement à l’étranger pour se pavaner auprès des vrais grands de ce monde allait faire oublier le maelström politique actuel du pays. Or, il fut, on l’a vu, humilié et ridiculisé, non pas une mais deux fois par Trump, et ce fut donc un énième et pitoyable fiasco international. Entre posture médiatique, volonté de peser coûte que coûte sur la scène internationale et incapacité à assumer le recul stratégique de la France au Moyen-Orient et sur la planète, cette visite aura illustré une nouvelle fois les dérives d’une diplomatie française devenue un spectacle ubuesque. Macron, en « mouche du coche » plus qu’en médiateur crédible, a une nouvelle fois confondu gesticulation et influence, tout en apparaissant toujours aux yeux du monde comme un pantin et un clown international ».

Tout est dit. Là où la France donne des leçons, les États-Unis déploient une stratégie. Là où Paris organise des conférences, Washington tisse des alliances concrètes. Ce décalage entre communication et puissance réelle s’est exposé aux yeux du monde dans une simple poignée de main.

Trump, lui, n’a pas cherché à convaincre : il a imposé. Macron, comme souvent, a voulu séduire. Et dans le théâtre impitoyable des relations internationales, la séduction n’est pas un outil de pouvoir — c’est une faiblesse.

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La France bavarde, l’Amérique décide

Cette scène, qui a déjà fait le tour des capitales, illustre un renversement stratégique inquiétant. Le pays de Charles de Gaulle est devenu une puissance qui commente pendant que d’autres décident. Une puissance qui se veut morale, mais que plus personne ne craint.

Trump n’a pas seulement serré une main : il a rappelé à la France sa marginalité. Et Kushner, par une phrase lapidaire, a résumé le nouveau déséquilibre transatlantique.

« Ce n’est pas une simple humiliation diplomatique, commente Pierre Lellouche, c’est le constat brutal de notre effacement. »

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