TRIBUNE – Emmanuel Macron fier-à-bras

TRIBUNE – Emmanuel Macron fier-à-bras

lediplomate.media — imprimé le 15/10/2025
Un responsable politique s’exprime devant la presse sur le tarmac d’un aéroport, en arrière-plan l’avion officiel de la République française symbolise la diplomatie et les déplacements présidentiels à l’international.
Capture d’écran 

Par Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques

 « Son seul malheur est d’avoir été mêlé à des évènements plus grands que lui » (Alexis de Tocqueville à propos du général Bedeau face aux émeutiers de 1848).

Emmanuel Macron ne reste jamais les bras ballants dans ce monde en perpétuel mouvement. Nul ne peut donc lui reprocher de brasser de l’air pour faire avancer ses idées géniales sur la scène internationale où il évolue avec une remarquable aisance. Il porte la diplomatie française à bout de bras tel Atlas avec le globe. Ainsi, il est conduit à avoir de multiples affaires sur les bras, affaires qu’il s’évertue à régler à la vitesse de l’éclair dans une pratique solitaire de l’action internationale. Adepte d’une pratique verticale du pouvoir, il n’accorde pas la moindre confiance à tous ses nombreux conseillers censés être ses bras droits au Château. C’est bien connu, une bonne tête – aussi bien faite et bien pleine que la sienne – vaut mieux que cent bras. À tête de fer bras d’acier, tel est son cap, sa boussole sur la mer démontée des relations internationales au jour d’aujourd’hui.

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C’est peu dire qu’Emmanuel Macron s’agite inlassablement dans tous les sens pour lutter contre tous les infréquentables de la Planète avec une prédilection particulière pour les sieurs Poutine et Netanyahou sur lesquels il tombe à bras raccourcis du soir au matin. Pour ce faire, il n’hésite pas à se retrousser les manches pour apparaître en bras de chemise, nus bras dans l’arène médiatique. Le plus jeune Président de la Cinquième République tient à cœur de leur tordre le bras pour les amener à quia. Il met un point d’honneur à punir avec la plus grande sévérité tous ces encombrants bras cassés. Parfois, il est conduit à retirer le bras pour mieux les frapper où ça fait mal, en particulier au portefeuille en les soumettant au régime infâmant des sanctions européennes ou internationales. À sa manière, Jupiter est le bras armé de Dieu le Tout puissant. À adopter ce rythme infernal pour un individu de constitution normale, depuis plusieurs années, sans désemparer, le Président de la République française une et indivisible, se retrouve, parfois, à son corps défendant dans les bras de Morphée.

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C’est peu dire qu’Emmanuel Macron prend tous les problèmes internationaux à bras-le-corps au point d’aller au bras de fer avec son homologue américain, Donald Trump. Jamais, il ne lui viendrait à l’idée de baisser les bras face à l’adversité. Force est de constater qu’il ne la joue jamais petit bras pour contribuer au règlement des crises dans le concert cacophonique des Nations du XXIe siècle. Mais, la partie représentation de sa fonction n’est jamais négligée. Il sait parfaitement recevoir à tour de bras en sa noble demeure républicaine. Mais, aussi, il décide d’accueillir à bras ouverts les migrants, en particulier ceux venant de la Bande de Gaza. Certains lui reprochent de vivre à grandes guides, exercice qui coûte un bras au contribuable français. Il n’en a cure même s’il a l’addition parfois salée sur les bras. Peu lui chaut, tant il a le bras long. Long bras, protection courte. Fervent adepte de la diplomatie tactile, il sait tomber, fort à propos, et le moment venu, dans les bras de ses interlocuteurs(trices) qui n’en reviennent souvent pas d’une telle proximité, de pareille familiarité. À tel point que certains, surtout certaines auraient envie de lui faire un bras d’honneur à la face du monde pour le punir de ses privautés inadmissibles dans les relations entre États.

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C’est peu dire qu’Emmanuel Macron, bras séculier de l’État français, œuvre pour le bien public, l’intérêt général dont il définit seul, dans le secret de sa conscience, le périmètre. Dans l’accomplissement de cette tâche prenante, il ne se croise jamais les bras. Chaque jour que Dieu fait, il lève le fardeau de l’État à bras tendu. Pour se soulager de son poids quotidien, le galant homme qu’il est donne le bras à Brigitte Trogneux pour marcher bras dessus bras dessous en sa plaisante compagnie. Pour conjurer le sort, qui lui joue autant de mauvais tours sur la scène internationale que sur la scène intérieure, le Président de la République met du cœur à l’ouvrage pour couper bras et jambes à ses adversaires, parfois à ses amis. Ces derniers prennent souvent ombrage de ce que si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras. À tel point que les bras leur en tombent devant tant d’ingratitude de la part de Jupiter le bienheureux. Certains en sont alors conduits, par dépit, à quelques écarts coupables, conscients du fait que lever le coude est la meilleure façon de ne pas baisser les bras. Ils savent parfaitement que, dans la vie, si on veut obtenir quelque chose, il ne faut jamais baisser les bras ni écouter le premier venu. À la lumière de l’expérience de l’Histoire, ils ne veulent pas devenir le vice appuyé sur le bras du crime. En dernière analyse, ils rejoignent Arthur Schopenhauer aux yeux duquel « si l’existence est courte, la vérité a les bras longs et la vie dure : disons donc la vérité ». 

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C’est peu dire qu’Emmanuel Macron déteste avoir les bras croisés. Il caresse le projet fou, alors que sa côte de popularité au plus bas (15% de satisfaits), de voir le peuple se jeter dans ses bras en signe d’allégeance. Il n’est pas sans ignorer que son cerveau est le théâtre d’un bras de fer incessant entre bêtise et intelligence. Tout au plus perçoit-il intuitivement que lorsque l’on a besoin des bras, le recours aux paroles n’est de peu d’utilité ! En particulier dans sa relation tumultueuse avec le vénérable Abdelmadjid Tebboune, l’homme qui lui fait en permanence quelques bras d’honneur dégradants et humiliants pour la France qu’il accuse de tous les maux de la Terre. Le temps est révolu où le Chef de l’État, séducteur impénitent, jouait les gros bras avec Président algérien. Le temps, où il le gratifiait avec des amis de la France gros comme le bras, a fait son temps. Il a beau tendre le bras à l’autocrate d’Alger, rien n’y fait. Fini le temps où il était reçu à bras ouverts par le peuple algérien en quête de visas pour la France. En définitive, la diplomatie du bras baissé atteint vite ses limites lorsque font défaut courage et réciprocité. Le Président de la République serait bien inspiré de relire L’essai sur les mœurs de Voltaire dans lequel ce dernier écrit qu’« un conquérant est un homme dont la tête se sert, avec une habileté heureuse, du bras d’autrui ».

C’est peu dire, dans une Macronie aux abois, le Président de la République incapable de tirer la France des bras de la mort, apparait de plus en plus comme un Président de la République en bout de course. Les grands obstinés ont parfois (souvent) tort surtout en voulant s’en remettre au bras de Dieu pour les soustraire au fond de l’enfer. L’Histoire échappe souvent aux grands hommes qui ne font le plus souvent que lui courir après en agitant frénétiquement les bras. En définitive, Emmanuel Macron excelle, mais pour combien de temps encore, dans son rôle de fier-à-bras.

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