ANALYSE – Trump réaffirme l’hégémonie américaine : La naissance de la « DON-ROE DOCTRINE »

Photo Maison Blanche - L’acronyme FAFO est une version raccourcie de la phrase "F*ck around and find out" ("Chercher les ennuis et les trouver")
Photo Maison Blanche – L’acronyme FAFO est une version raccourcie de la phrase « F*ck around and find out » (« Chercher les ennuis et les trouver »)

Par Angélique Bouchard

Le 3 janvier 2026 marque un tournant décisif dans l’histoire des relations interaméricaines et de la politique étrangère des États-Unis. Une opération militaire d’une précision et d’une efficacité exemplaires a permis, dans la nuit, la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores par les forces spéciales américaines, soutenues par des frappes aériennes à grande échelle ciblant Caracas et d’autres sites stratégiques. Le couple a été immédiatement transféré vers New York pour répondre devant la justice fédérale des accusations graves de narco-terrorisme, de conspiration d’importation de cocaïne et de direction du Cartel de los Soles – charges portées depuis 2020 et renforcées en 2026 par le Southern District of New York.

Quelques heures plus tard, depuis sa résidence de Mar-a-Lago, le président Donald Trump a annoncé le succès de l’opération sur Truth Social, avant de proclamer, lors d’une conférence de presse empreinte d’autorité, la renaissance de la Doctrine Monroe sous le nom de Don-Roe Doctrine. « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous l’avions un peu oubliée. Elle était très importante, mais nous l’avions oubliée. Nous ne l’oublions plus désormais. »

Cette « Don-Roe Doctrine » – alliance audacieuse entre la vision originelle de James Monroe et le pragmatisme interventionniste de Theodore Roosevelt – consacre le retour d’une Amérique déterminée à protéger ses intérêts vitaux et à ne plus tolérer, dans son voisinage immédiat, la présence de régimes criminels ou d’influences hostiles.

Un soutien Républicain massif et unanime : L’unité autour d’un leadership visionnaire

Les élus républicains au Congrès ont apporté un soutien sans faille à cette initiative présidentielle, la présentant comme une victoire stratégique essentielle pour la sécurité nationale et la stabilité de l’hémisphère.

Le représentant Carlos Giménez (R-FL), membre de la commission des Forces armées et représentant d’un district riche en réfugiés vénézuéliens, a déclaré après un briefing détaillé du secrétaire d’État Marco Rubio :

« Le président Trump a changé le cours de l’histoire dans notre hémisphère. Notre pays et le monde entier sont plus sûrs grâce à cela. L’action décisive d’aujourd’hui est l’équivalent, pour notre hémisphère, de la chute du mur de Berlin. »

Le leader de la majorité au Sénat John Thune (R-SD) a souligné la solidité juridique et stratégique :

« L’action décisive du président Trump pour rompre avec un statu quo inacceptable et appréhender Maduro, par l’exécution d’un mandat valide du Département de la Justice, constitue une première étape importante pour le traduire en justice pour les crimes liés à la drogue dont il a été inculpé aux États-Unis. Je suis reconnaissant envers les courageux hommes et femmes de nos forces armées qui ont mené cette action nécessaire. »

Le président de la Chambre Mike Johnson (R-LA) a affirmé avec conviction : « L’action militaire d’aujourd’hui au Venezuela était une opération décisive et justifiée qui protégera des vies américaines. Le président Trump place les vies américaines en priorité, réussissant là où d’autres ont échoué, et sous son leadership, les États-Unis ne permettront plus à des régimes criminels de profiter du chaos et de la destruction qu’ils sèment dans notre pays. »

Le sénateur Tom Cotton (R-AR) a insisté sur la nécessité de justice pour les crimes commis contre les citoyens américains. Le représentant Brian Mast (R-FL) a qualifié l’opération d’« une nouvelle victoire du président Trump pour protéger notre patrie et nettoyer l’arrière-cour des États-Unis ». Le représentant Rick Crawford (R-AR) a établi un parallèle historique éclairant : « C’est un jour historique dans l’hémisphère occidental, 36 ans après la capture de Manuel Noriega, lorsque les États-Unis ont montré qu’ils ne permettraient pas aux cartels de prendre le contrôle de pays dans notre voisinage partagé. »

Le whip de la majorité Tom Emmer (R-MN) et la présidente de la conférence républicaine Elise Stefanik (R-NY) ont rendu un hommage vibrant aux troupes, aux services de renseignement et aux forces de l’ordre.

Même le sénateur Mike Lee (R-UT), réputé pour sa vigilance constitutionnelle, s’est pleinement rallié après les explications de Marco Rubio : « Cette action relève probablement de l’autorité inhérente du président en vertu de l’article II de la Constitution pour protéger le personnel américain contre une attaque réelle ou imminente. »

Une fracture démocrate, avec une exception bipartisane notable

La majorité démocrate a exprimé des réserves sur la procédure, dénonçant l’absence de consultation préalable du Congrès. Les dirigeants Hakeem Jeffries et Chuck Schumer, ainsi que plusieurs élus, ont évoqué des questions constitutionnelles.

Toutefois, la représentante Debbie Wasserman Schultz (D-FL) a apporté une note bipartisane significative, influencée par la communauté vénézuélienne de son État :

« La capture du dirigeant brutal et illégitime du Venezuela, Nicolás Maduro, qui a opprimé le peuple vénézuélien, est une bonne nouvelle pour mes amis et voisins qui ont fui son régime violent, illégal et désastreux. »

Elle a appelé à une transition démocratique vers Edmundo González tout en réclamant des briefings congressionnels complets.

LA DON-ROE DOCTRINE : Une continuité historique avec la doctrine MONROE et son corollaire Roosevelt

La « Don-Roe Doctrine » s’inscrit dans une tradition diplomatique américaine plusieurs fois centenaire. La Doctrine Monroe, proclamée par le président James Monroe le 2 décembre 1823 dans son message au Congrès, posait un principe défensif clair : l’hémisphère occidental, fraîchement émancipé des empires coloniaux ibériques, ne tolérerait ni nouvelle colonisation européenne ni ingérence dans les affaires des États indépendants des Amériques. Elle établissait ainsi, de manière unilatérale, l’hémisphère comme une sphère d’influence exclusive des États-Unis.

Ce n’est qu’avec le président Theodore Roosevelt que cette doctrine devint un instrument actif d’intervention. Le catalyseur direct fut la crise vénézuélienne de 1902-1903. Le président vénézuélien Cipriano Castro, confronté à des dettes importantes envers des créanciers européens et à des revendications pour dommages causés à des ressortissants étrangers lors d’insurrections internes, refusa tout règlement amiable. En décembre 1902, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie imposèrent un blocus naval, saisirent des navires vénézuéliens et bombardèrent des installations côtières.

Roosevelt, d’abord tolérant envers cette démonstration de force qu’il jugeait fondée sur des griefs légitimes, s’alarma lorsque la Cour permanente d’arbitrage de La Haye accorda, en 1904, un traitement préférentiel aux puissances navales intervenantes pour le recouvrement de leurs créances. Craignant qu’un tel précédent n’encourage des interventions européennes durables dans l’hémisphère, il formula son corollaire dans son message au Congrès du 6 décembre 1904 :

« Les fautes chroniques ou l’impuissance qui entraînent un relâchement général des liens de la société civilisée peuvent, en Amérique comme ailleurs, exiger finalement l’intervention d’une nation civilisée ; et dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des États-Unis à la Doctrine Monroe peut contraindre les États-Unis, aussi réticents soient-ils, dans les cas flagrants de telles fautes ou d’une telle impuissance, à exercer un pouvoir de police international. »

Ce corollaire, illustré par la maxime « Speak softly and carry a big stick », transforma la doctrine en justification d’interventions directes et prolongées dans la région.

La Don-Roe Doctrine de 2026 en constitue la réactivation contemporaine, adaptée aux menaces du XXIe siècle : narco-terrorisme d’État, alliances stratégiques avec des puissances hostiles et menace directe à la sécurité américaine.

Un parallèle éclairant avec l’opération Just Cause

Trente-six ans après l’Opération Just Cause lancée par le président George H.W. Bush, l’histoire offre un écho puissant. Cette opération, déclenchée le 20 décembre 1989, visait à destituer Manuel Noriega, inculpé pour narco-trafic. Mobilisant 27 000 troupes, elle combina assauts aéroportés, combats urbains et prise du quartier général panaméen, aboutissant à la reddition de Noriega le 3 janvier 1990.

Les similitudes avec l’opération du 3 janvier 2026 sont frappantes : exécution d’un mandat judiciaire fédéral, capture d’un dirigeant narco-criminel, objectif de restauration démocratique. Les différences soulignent l’évolution technologique et stratégique : l’opération actuelle, plus chirurgicale, évite une occupation terrestre massive tout en visant un enjeu énergétique et géopolitique d’une ampleur bien supérieure.

Les enjeux géopolitiques : Un coup stratégique contre Pékin et Moscou

Au-delà de la neutralisation du régime Maduro, cette opération porte un coup décisif aux ambitions de la Chine et de la Russie dans l’hémisphère occidental.

La République populaire de Chine a investi plus de 60 milliards de dollars au Venezuela depuis 2007, principalement sous forme de prêts contre pétrole accordés à la compagnie nationale PDVSA. Ces engagements, souvent assortis de clauses opaques, ont permis à Pékin d’obtenir un accès privilégié à la ceinture de l’Orénoque – les plus grandes réserves prouvées au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. La chute de Maduro menace directement ces contrats, prive la Chine d’un partenaire clé dans sa stratégie d’approvisionnement énergétique diversifié et affaiblit son contournement des routes maritimes dominées par les États-Unis.

La Russie, quant à elle, a profondément enraciné son influence via la compagnie Rosneft, qui a préfinancé des milliards de dollars en échange de livraisons pétrolières et détenait des actifs stratégiques dans plusieurs champs vénézuéliens, notamment dans les projets conjoints comme PetroVictoria ou Junín-6. Moscou utilisait Caracas comme plateforme régionale pour ses opérations d’influence, ses ventes d’armes (systèmes S-300, Kalachnikov) et ses partenariats militaires, y compris des exercices conjoints et des bases potentielles. La gestion transitoire américaine annoncée par le président Trump met en péril ces actifs, déjà partiellement gelés par les sanctions antérieures, et affaiblit durablement la projection de puissance russe en Amérique latine, forçant Moscou à réévaluer ses stratégies dans un contexte de tensions globales accrues.

Cuba, dépendante à près de 100 % du pétrole vénézuélien subventionné, se retrouve brutalement isolée, accélérant potentiellement l’effondrement d’un régime déjà fragilisé.

Enfin, cette opération ouvre la voie à un retour massif des compagnies américaines – ExxonMobil, Chevron et d’autres – sur les champs vénézuéliens, sécurisant l’indépendance énergétique des États-Unis, réduisant la dépendance aux importations et exerçant une pression à la baisse sur les prix mondiaux du brut au bénéfice direct des consommateurs américains.

Un leadership qui restaure la grandeur et la sécurité américaines, un élan décisif avant les Midterms

La Don-Roe Doctrine, par son ambition inédite et sa portée stratégique, réaffirme avec force un principe intemporel de la diplomatie américaine : sous la direction clairvoyante et résolue du président Trump, les États-Unis veillent avec une vigilance inébranlable sur leur hémisphère, refusant catégoriquement que des régimes criminels ou des puissances rivales y établissent des têtes de pont.

Cette opération décisive protège les citoyens américains d’une menace immédiate, met fin à une source majeure de drogue mortelle qui ravage leurs communautés, stoppe les flux migratoires illégaux à la source, neutralise les ambitions adverses de Pékin et Moscou dans leur arrière-cour, et ouvre une ère nouvelle de stabilité régionale, de prospérité énergétique et de leadership incontesté qui rendra l’Amérique plus forte et plus sûre pour les générations à venir.

Comme l’a si justement exprimé le représentant Carlos Giménez, le président Trump a véritablement changé le cours de l’histoire dans l’hémisphère – un succès retentissant qui galvanisera les électeurs républicains et renforcera la majorité MAGA au Congrès à l’approche des midterms de novembre 2026.

Avec cette démonstration de force et de vision, les Américains voient clairement que l’administration Trump délivre des résultats concrets : moins de drogue dans les rues, des frontières plus sécurisées, une énergie abondante et abordable, et un monde où l’Amérique mène sans concessions.

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L’opération contre Maduro en 2026 en réactive les mécanismes avec une remarquable fidélité. Les griefs invoqués – narco-terrorisme d’État, alliances avec des puissances hostiles (Russie, Chine, Iran), instabilité migratoire et menace à la sécurité américaine – font écho aux « fautes chroniques » rooseveltiennes. La gestion temporaire annoncée par Trump, incluant l’exploitation pétrolière pour rembourser les coûts opérationnels et financer une transition, rappelle les administrations douanières imposées par Washington au début du XXe siècle. L’absence d’occupation terrestre massive marque une adaptation aux contraintes contemporaines, mais le principe reste identique : préempter toute influence extérieure en affirmant une tutelle américaine.

Au-delà de l’efficacité tactique de l’opération – saluée comme « chirurgicale » par l’administration Trump –, se pose la question des lendemains. Le vide du pouvoir risque de favoriser l’émergence de factions armées ou de milices, reproduisant les chaos post-intervention observés ailleurs. L’accent mis sur les ressources pétrolières alimente les soupçons d’un impérialisme énergétique décomplexé, dans un contexte où les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance aux importations tout en contrant l’influence chinoise.

La « Don-Roe Doctrine » révèle ainsi une continuité profonde dans la politique américaine envers son « arrière-cour » : une hégémonie régionale qui, sous couvert de protection des intérêts nationaux et de promotion de la démocratie, réaffirme la primauté de la puissance sur le droit international. Elle interroge, plus que jamais, les limites d’un ordre mondial où la souveraineté reste subordonnée aux impératifs stratégiques des grandes puissances.



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