
Par Olivier d’Auzon – Découvrez son dernier ouvrage chez Erick Bonnier : AFRIQUE 3.0
La tension monte entre les États-Unis et le Danemark. En nommant le gouverneur de Louisiane Jeff Landry comme envoyé spécial pour le Groenland, Donald Trump relance brutalement le bras de fer avec Copenhague autour de ce territoire stratégique de l’Arctique, suscitant une vive réaction des autorités danoises.
Le président américain ne s’en cache plus : le Groenland est, à ses yeux, un enjeu vital de sécurité nationale. Dimanche, en officialisant la nomination de Jeff Landry, Donald Trump a salué un responsable politique qui « comprend combien le Groenland est essentiel à notre sécurité nationale » et qui saura « défendre fermement les intérêts des États-Unis pour la sécurité et la survie de nos alliés – et du monde libre ».
Un discours sans ambiguïté, dans la continuité des déclarations passées du président américain, qui n’a jamais exclu le recours à la force pour faire passer le Groenland sous pavillon américain, au nom de la rivalité stratégique avec la Russie et la Chine dans l’Arctique.
Jeff Landry, gouverneur républicain de Louisiane et fidèle de Trump, a immédiatement revendiqué cette ligne sur le réseau X, remerciant le président pour cet « honneur » et affirmant vouloir œuvrer, même à titre bénévole, pour « faire du Groenland une partie des États-Unis ».
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Le Danemark dénonce une atteinte à sa souveraineté
À Copenhague, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, s’est dit « profondément irrité » par cette nomination, qu’il considère comme une remise en cause directe de la souveraineté danoise. Le Danemark a annoncé son intention de convoquer l’ambassadeur américain pour exprimer officiellement sa protestation.
« Tant que le Royaume du Danemark existera, avec le Danemark, les îles Féroé et le Groenland, nous ne pouvons accepter que quiconque sape notre souveraineté », a martelé le chef de la diplomatie danoise.
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Le Groenland, nouveau front de la rivalité mondiale
Derrière l’incident diplomatique se dessine une réalité stratégique plus large : la montée en puissance de l’Arctique comme théâtre central des rivalités du XXIᵉ siècle. Ressources minières, routes maritimes, bases militaires : le Groenland concentre tous les enjeux d’un monde en recomposition, où les États-Unis entendent reprendre l’initiative face à leurs concurrents.
En ravivant la question groenlandaise, Donald Trump envoie un message clair à ses alliés comme à ses adversaires : la souveraineté et la sécurité ne se négocient plus, elles s’imposent. Quitte à bousculer les équilibres diplomatiques européens.
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Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).
