
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Les États-Unis ont annoncé de nouvelles restrictions de visas contre des responsables gouvernementaux de Cuba, du Brésil, de la Grenade et de plusieurs pays africains, les accusant de complicité dans le système des missions médicales cubaines. Pour Washington, ces programmes, présentés par La Havane comme une coopération sanitaire internationale, ne seraient rien d’autre qu’une forme de travail forcé, destinée à garantir des devises au régime de Miguel DÃaz-Canel.
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La doctrine Rubio et la politique de Trump
Le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié ces missions d’« escroquerie diplomatique ». Selon lui, Cuba « louerait » ses médecins à des pays hôtes à des tarifs élevés, conserverait la majeure partie des revenus et ne reverserait aux professionnels qu’une fraction. Le programme « Mais Médicos » au Brésil, lancé pour apporter des soins aux régions reculées, est ainsi décrit comme un mécanisme d’exploitation. Les sanctions américaines ont même visé deux anciens responsables brésiliens accusés d’avoir facilité ce système.
Les missions médicales : Outil économique et politique
Pour Cuba, les « missions internationalistes » représentent l’une des principales sources de devises avec le tourisme et les transferts de fonds. Malgré les critiques, elles fournissent à de nombreux pays en développement un soutien sanitaire précieux. Mais ce système est ambigu : il associe aide médicale et financement de l’État cubain, tout en réduisant les droits contractuels des praticiens. Washington veut frapper ce point sensible en appelant les pays hôtes à rémunérer directement les médecins, court-circuitant ainsi les agences de l’État cubain.
La riposte de La Havane
La réaction cubaine a été immédiate. Le ministre des Affaires étrangères, Bruno RodrÃguez, a dénoncé des mesures « agressives » et défendu la légitimité de ces programmes de coopération. Pour l’Avana, c’est une bataille politique plus large : préserver un modèle d’internationalisme médical qui a donné à l’île un prestige dans le Sud global et résister à ce qui est perçu comme une ingérence américaine.
La géopolitique de la santé
Derrière cette controverse se cache un affrontement stratégique. L’Avana utilise la santé comme outil de soft power et de survie économique, tandis que Washington cherche à discréditer ce modèle, en le présentant comme de l’exploitation. Le conflit dépasse donc la relation bilatérale Cuba–États-Unis : il s’étend à l’Afrique et à l’Amérique latine, où la présence des médecins cubains est souvent vue comme indispensable.
Entre pression et risque de boomerang
La question est de savoir si la stratégie américaine parviendra à isoler Cuba. Dans de nombreux pays, les médecins cubains sont accueillis comme une ressource vitale, malgré les critiques de Washington. Les mesures américaines pourraient alors apparaître davantage comme une manœuvre politique que comme une défense des droits humains, renforçant ainsi la rhétorique de résistance chère à La Havane.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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