DÉCRYPTAGE – Baihas Baghdadi et le retour de la Syrie sur la scène internationale

Rencontre diplomatique en marge de l’Assemblée générale de l’ONU : échanges cordiaux entre dirigeants politiques et économiques, symbole du retour de la Syrie sur la scène internationale.
Capture d’écran X

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

Un banquier comme architecte du dialogue

Le sommet annuel Concordia, tenu en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 22 septembre 2025, a marqué les débuts internationaux du président syrien Ahmed al-Sharaa.

L’homme qui a rendu cela possible est Baihas Baghdadi, banquier d’investissement syrien de longue date, aujourd’hui citoyen espagnol et fondateur de Baghdadi Capital, un family office mondial au capital entièrement ibérique.

La société a été principal programming sponsor de l’événement, permettant à al-Sharaa de se présenter devant un public de dirigeants politiques, économiques et de think-tanks après des années d’isolement de la Syrie.

Baghdadi ne s’est pas limité à un rôle de sponsor : il a prononcé les mots d’introduction du discours d’al-Sharaa et l’a accompagné dans toutes ses apparitions publiques, y compris lors de la table ronde avec l’ancien directeur de la CIA David Petraeus.

Image symbolique : Petraeus, qui en 2004 avait ordonné l’arrestation d’al-Sharaa en Irak, siège aujourd’hui à ses côtés pour un débat sur l’avenir du Moyen-Orient.

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Un vétéran de la finance internationale

Fort de plus de trente ans d’expérience dans la banque internationale, Baghdadi s’est spécialisé dans le trade finance et le working capital, dirigeant auparavant les activités mondiales de Barclays dans ces domaines.

En 2018, il fonde Baghdadi Capital, officiellement lancée en 2023 comme plateforme d’investissement indépendante visant à relier les capitaux européens aux marchés émergents.

Il est également président pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de l’Atlantic Basin Initiative, réseau de la Transatlantic Leadership Network consacré à la coopération et au développement.

En 2025, sa société est devenue sponsor principal du club espagnol Real Sociedad, signe de diversification et d’un usage stratégique du sport comme vecteur d’image.

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Concordia 2025 : La Syrie en quête de légitimité

Pour Damas, la participation d’al-Sharaa à Concordia a représenté la première sortie internationale depuis la transition politique interne.

Le président y a parlé de démocratie, de sécurité, de reconstruction économique et a réclamé la levée des sanctions américaines, jugées un frein au redressement.

Dans le cadre du sommet, Baghdadi Capital et le U.S.-Syria Business Council ont organisé une table ronde à huis clos avec investisseurs et grands groupes, présentant la Syrie comme un marché estimé à 1 billion de dollars dans les infrastructures, l’énergie et l’agro-industrie.

Petraeus a publiquement salué les progrès d’al-Sharaa, un geste à la fois politique et symbolique.

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Diplomatie économique et levée des sanctions

Le nouveau cap syrien vise un rapprochement avec l’Occident et une reconstruction post-conflit nécessitant capitaux étrangers, technologies et savoir-faire managérial.

Baghdadi Capital se pose en pont entre capitaux privés mondiaux et Syrie, jouant le rôle de facilitateur pour les projets infrastructuraux et industriels.

Le discours d’al-Sharaa à l’ONU le 25 septembre 2025, le premier d’un dirigeant syrien depuis des décennies, a réaffirmé la volonté de réformes institutionnelles et de réouverture diplomatique, conditions jugées essentielles pour attirer les investisseurs et convaincre Washington de réviser le régime de sanctions.

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Scénarios géopolitiques et économiques

Le rôle central de Baghdadi illustre une nouvelle phase de « diplomatie économique » où des acteurs financiers privés deviennent médiateurs entre États et marchés.

Si la Syrie parvient à assurer stabilité politique et sécurité juridique, la rencontre entre capital européen et demande de reconstruction pourrait remodeler les équilibres économiques du Levant.

Reste entière la difficulté politique : sanctions américaines et européennes, méfiance de certains partenaires régionaux et fragilités internes du système syrien.

Le succès de cette dynamique dépendra de la capacité à transformer le capital politique engrangé à New York en réformes concrètes et en véritable processus de réintégration de la Syrie dans la communauté internationale.

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