
Par Olivier d’Auzon
Hier, le vendredi 11 juillet 2025, le général Thierry Burkhard (CEMA) surprend. Dans la vaste salle de presse du ministère des Armées, le chef d’état-major, visage grave et ton mesuré, tire la sonnette d’alarme : la France figure désormais « comme le premier adversaire en Europe » aux yeux de la Russie.
L’émotion suscitée par ce constat ne réside pas tant dans l’Europe qu’il désigne, mais dans ce qu’il révèle des conséquences géostratégiques pour l’Afrique – un continent que la Russie, désormais renforcée par Wagner(Africa Cops) et un jeu diplomatique agressif, scrute avec avidité.
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Afrique : Un terrain de revisite stratégique
Même si le terme n’est pas prononcé, l’Afrique apparaît en filigrane. Car pour contrer cette “guerre hybride” hybride, faite d’influence, de désinformation et d’actions sous-marines, la France ne peut plus se limiter aux réponses en Europe . Or, c’est précisément sur ce continent que la Russie et d’autres acteurs rivaux repensent leur posture. La conférence du général tombe à point nommé, alors que Paris accélère depuis deux ans une réorientation profonde de son dispositif africain.
Débuts d’un tournant : Bases, partenariats et retour des États
Les récentes décisions françaises de rétrocession de bases en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou au Tchad marquent plus qu’un retrait logistique .Elles inaugurent un nouveau pacte : Paris délègue, se repositionne, mais n’abandonne pas. L’objectif est clair : reconfigurer des partenariats ; coopérer autrement, via le format “compétition – contestation – affrontement” qu’il a popularisé en 2021 .
France et Afrique doivent co-construire la sécurité. La rétrocession de Port-Bouët à Abidjan en février 2025, puis de Rufisque début juillet, marquent des jalons : l’armée française devient conseillère, facilitatrice, plus qu’occupante.
Pour l’Afrique, un nouveau cadre sécuritaire
Face aux défis du Sahel, aux insurrections en Libye et aux velléités russes en Centrafrique ou en Côte d’Ivoire, la conférence du CEMA suggère une rénovation essentielle : allier action militaire ciblée et diplomatie de défense. Burkhard prévient : la menace hybride russe est durable, y compris dans les espaces africains
L’outil militaire français doit s’accompagner d’une capacité à détecter, contrer la désinformation et maîtriser le cyber-espace africain, tout en appuyant les États face à leurs fragilités.
Perspectives à l’horizon 2030 : La recomposition africaine
D’ici 2030, l’Afrique se jouera sur plusieurs terrains :
- Militaire : tournant vers le soutien aux armées africaines, appuyé sur des capacités de renseignement numérique et des formations adaptées.
- Politique : revoir la posture traditionnelle de la Françafrique, en construisant une coopération respectueuse, moins asymétrique, avec un vrai dialogue sur les menaces.
- Technologique : déployer des plateformes de cyberdéfense partagée, former des contre-forces face à la désinformation dont la Russie excelle en Afrique.
Le défi intérieur français
Burkhard en a conscience : sans un soutien politique et budgétaire accru, sans une loi de programmation militaire durable, tout cela pourrait rester à l’état de vœu pieux. Sa erafricain comme en Europe
l’Afrique, clé pour sécuriser la France
Plus qu’un simple exposé sur la posture européenne de la France, la conférence du général Burkhard est une pierre angulaire. Elle dessine le rôle que Paris ambitionne de jouer dans la recomposition stratégique africaine : pas un retrait, mais un repositionnement, conditionné à l’émergence d’une défense partagée, respectueuse, agile.
L’Afrique n’est plus un arrière-front, elle est aujourd’hui un faisceau d’enjeux régionaux qui résonnent directement dans la sécurité européenne. Et pour y répondre, la France est en train de redéfinir – retrousser –, ses manches.
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Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).

