TRIBUNE – En trahison du général : Macron, le nucléaire et l’illusion britannique

Photomontage satirique d’Emmanuel Macron portant un costume aux couleurs du drapeau américain, devant un drapeau français déchiré et un buste du général de Gaulle, illustrant une critique de l’abandon de l’indépendance nucléaire française au profit de l’alignement atlantiste.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par David Saforcada

Lors de sa visite à Londres, Emmanuel Macron a rompu avec la doctrine d’indépendance totale de la dissuasion nucléaire française. Le Président français a en effet annoncé en « coordonner » notre force nucléaire avec celle des Britanniques et même la création « d’un groupe de supervision nucléaire ». Une annonce « historique », certes. Car la dissuasion nucléaire britannique est étroitement coordonnée avec celle des États-Unis, et s’inscrit dans le cadre de l’OTAN. Ce n’est pas la même dimension d’indépendance stratégique que la France. De fait, par cette annonce, Emmanuel Macron veut tout simplement mettre notre dissuasion nucléaire dans les mains de l’OTAN et des États-Unis…

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Une ligne rouge a été franchie. En annonçant la création d’un « groupe de supervision nucléaire » entre la France et le Royaume-Uni, Emmanuel Macron a, une fois de plus, tourné le dos à l’un des piliers fondateurs de notre souveraineté : l’indépendance de la dissuasion nucléaire française, patiemment construite par le général de Gaulle pour garantir à la nation sa liberté ultime de décision.

La dissuasion française n’est pas un outil stratégique parmi d’autres. Elle est le cœur battant de notre souveraineté, le symbole le plus pur de la capacité d’une nation à dire non — non à l’asservissement, non à l’alignement, non à toute forme de dépendance. Le général de Gaulle l’a voulue indépendante de l’OTAN, indépendante de Washington, et surtout, indépendante de toute coordination étrangère.

Et voilà qu’au nom d’une prétendue « coopération renforcée », Emmanuel Macron envisage désormais de coordonner doctrines, capacités et opérations avec un pays dont la dissuasion est, depuis toujours, dépendante des États-Unis. Faut-il rappeler que la force de frappe britannique repose sur des missiles Trident fournis, entretenus et testés par les Américains ? Que le Royaume-Uni n’a jamais rompu sa soumission stratégique à Washington, même au plus fort de la guerre froide ?

Macron veut nous faire croire que cette coordination ne serait qu’un échange de vues, un geste technique. Il ne s’agit de rien de tel. Il s’agit, ni plus ni moins, de l’abandon progressif d’un principe fondamental : celui de la décision nationale en matière vitale.

Car si la France commence à discuter de sa posture nucléaire avec une puissance qui ne prend elle-même pas ses décisions seule, alors ce n’est pas vers l’indépendance que nous marchons, mais vers la satellisation.

Winston Churchill, dans une formule restée célèbre, résumait le dilemme du Royaume-Uni face à l’Europe et à l’Amérique :

« Chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous choisirons toujours le grand large. »

Cette phrase, Macron devrait la méditer. Car si Churchill regardait vers le grand large, ce n’était pas vers Paris, mais bien vers Washington. Le Royaume-Uni n’a jamais cessé d’être le relais fidèle des États-Unis sur le continent européen.

Alors que reste-t-il de l’indépendance stratégique française si elle s’enchaîne à une puissance alignée ? Que reste-t-il du message de 1960, lorsque la France est devenue la quatrième puissance nucléaire au monde non pour faire nombre, mais pour être libre ?

À force de vouloir faire l’Europe de la défense sans jamais la définir, à force de parler de souveraineté tout en dissolvant ce qui la fonde, Emmanuel Macron sacrifie l’héritage gaullien sur l’autel d’un atlantisme mal dissimulé.

Il est encore temps de dire non. De refuser cette dilution de notre force de frappe dans des coopérations creuses. De rappeler que la dissuasion nucléaire française n’est pas un outil parmi d’autres, mais la clef de voûte de notre indépendance nationale.

Ceux qui l’oublient trahissent plus qu’une doctrine : ils trahissent une idée de la France.

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