
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Un tour « privé » du Louvre à Monaco
À la mi-septembre 2025, Donald Trump Jr. a entrepris un voyage européen aussi discret que révélateur. À Paris, le 9 septembre, il s’est offert une visite privée du Louvre : une heure face à la Joconde, à la Victoire de Samothrace et au triptyque de Delacroix, sans protocole officiel ni communication préalable à l’Élysée. Un geste qui a irrité les autorités françaises, déjà en tension avec Washington. Deux jours plus tard, direction Monaco, où l’héritier de la dynastie Trump aurait rencontré en secret des membres de l’élite financière locale et, selon certaines indiscrétions, le chef de cabinet du prince Albert II. Objectif : promouvoir la nouvelle création familiale, la cryptomonnaie World Liberty Financial (WLFI).
WLFI, l’empire numérique de la famille Trump
Fondée en 2024 par Donald Jr., Eric et quelques partenaires, WLFI se présente comme une plateforme de finance décentralisée destinée aux prêts, aux échanges et aux stablecoins adossés au dollar. Début septembre 2025, le jeton $WLFI est devenu négociable, avec une capitalisation initiale de près de 7 milliards de dollars et une cotation entre 0,20 et 0,25 dollar. La famille Trump détient 75 % de l’offre, soit environ 22,5 milliards de jetons, pour une valeur estimée à 5 milliards de dollars : une fortune numérique qui dépasse la plupart de leurs actifs immobiliers.
L’architecture financière est colossale. En mai 2025, la société émiratie MGX, liée au cheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, a déposé 2 milliards de dollars sur la plateforme, quelques jours après l’autorisation donnée par Washington d’exporter des puces avancées vers les Émirats. En août, une opération de 1,5 milliard avec ALT5 Sigma, société cotée au Nasdaq, a créé une sorte de « trésorerie crypto » liée à WLFI, plaçant Eric Trump au conseil d’administration. Parmi les grands acheteurs figurent Justin Sun et le fonds DWF Labs.
Quand affaires et politique se confondent
La véritable force de WLFI ne réside pas seulement dans le marché des cryptomonnaies, mais dans sa connexion avec la politique américaine. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche, s’est autoproclamé « chief crypto advocate ». Le Congrès, sous l’impulsion de son administration, a adopté le GENIUS Act, qui allège la réglementation et prévoit même une réserve nationale de Bitcoin. L’opération a tout d’un conflit d’intérêts structurel : une famille contrôlant 75 % d’un actif spéculatif mondial, soutenue par des politiques publiques façonnées par le père-président. Sans surprise, la sénatrice Elizabeth Warren a dénoncé les risques d’ingérences étrangères et l’opacité du projet.
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Monaco : Entre capitaux opaques et image à restaurer
Dans ce contexte, le voyage à Monaco prend tout son sens. La principauté cherche depuis des années à redorer son image après son inscription sur les listes de surveillance pour blanchiment et financement du terrorisme. Quel meilleur décor pour les Trump, en quête de capitaux internationaux non liés aux États-Unis ? Un environnement fréquenté par des investisseurs d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient, idéal pour consolider le réseau mondial de WLFI.
Le soupçon, jamais confirmé mais jamais écarté, est que les contacts avec l’entourage du prince Albert II puissent servir à légitimer le projet, tout en offrant à Monaco une forme de caution grâce à la proximité avec la famille présidentielle américaine.
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Les critiques et le risque de « radioactivité »
Tout le monde n’applaudit pas. La veille de l’étape parisienne, le cabinet d’avocats spécialisé ORWL avait diffusé une note qualifiant WLFI de « radioactif », en raison des risques de manipulation et de conflits d’intérêts. La concentration du capital entre les mains des Trump, l’opacité des relations avec certains gouvernements étrangers, l’utilisation politique du projet : autant d’éléments qui font de WLFI un actif potentiellement explosif pour la stabilité financière.
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Cryptomonnaie ou géopolitique ?
La question de fond demeure : WLFI est-elle une plateforme innovante destinée à renforcer le dollar et la finance décentralisée, ou bien un instrument politique au service de la famille Trump, capable d’attirer des capitaux étrangers et de les transformer en levier de pouvoir intérieur ? La vérité est que les deux dimensions se superposent. Chaque partenariat, du Golfe à Monaco, a une portée économique et géopolitique. L’expansion européenne de Donald Trump Jr. le démontre : derrière l’image du fils du président admirant la Joconde se cache la machine d’une crypto-finance qui ambitionne de redéfinir les rapports entre richesse privée, pouvoir politique et souveraineté étatique.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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