
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
L’agression et la novlangue occidentale
L’attaque militaire des États-Unis contre le Venezuela n’est pas seulement un fait de guerre. Elle est un révélateur politique. Elle montre jusqu’où peut aller la torsion du langage quand la puissance décide d’agir sans entraves. Des bombardements, une opération armée sur le territoire d’un État souverain, deviennent soudain, dans la bouche des responsables occidentaux, une « transition pacifique et démocratique ». La déclaration de Ursula von der Leyen condense cette dérive : invoquer le droit international au moment précis où il est contourné.
Washington frappe, Bruxelles justifie
L’administration américaine de Donald Trump a choisi la logique de la force pour régler un dossier politique. Pas de médiation, pas de cadre multilatéral crédible, mais une action unilatérale présentée comme nécessaire et morale. Face à cela, l’Union européenne n’a pas cherché à construire une position autonome. Elle s’est alignée. Elle a validé après coup. Le discours de Bruxelles ne limite pas la violence, il l’habille.
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Le silence stratégique des Européens
L’attitude des capitales européennes, Rome comprise, traduit une faiblesse structurelle. Incapable de définir une politique étrangère indépendante, l’Union se contente d’accompagner les choix américains. Le gouvernement italien s’inscrit dans cette logique d’alignement, préférant la loyauté atlantique à toute analyse critique. Ce n’est plus de la prudence diplomatique, c’est une abdication stratégique.
Une décapitation sans effondrement
Sur le terrain, l’opération américaine a visé le sommet du pouvoir. La capture de Nicolás Maduro n’a pourtant pas entraîné l’effondrement de l’État vénézuélien. Les forces armées sont restées cohérentes, l’appareil institutionnel n’a pas implosé. Ce choix militaire est révélateur : frapper le leader sans désintégrer le système, éviter le chaos tout en imposant un rapport de force.
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Ressources et réalités économiques
Derrière le récit moral, la question des ressources demeure centrale. Le Venezuela reste un acteur énergétique majeur, malgré les sanctions et l’asphyxie économique. Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des marchés, l’inflation et la compétition pour l’accès aux matières premières, Caracas conserve une valeur stratégique. La guerre, ici, n’est pas une anomalie : elle devient un outil de gestion de la rareté.
Une crédibilité occidentale érodée
En qualifiant une action militaire de « transition démocratique », l’Occident fragilise sa propre parole. Comment exiger ailleurs le respect du droit international quand on en fait un usage aussi sélectif ? Cette contradiction nourrit le scepticisme du Sud global et accélère la recomposition d’un monde multipolaire où la norme occidentale n’est plus acceptée comme référence universelle.
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Le Venezuela n’a pas été libéré, il a été frappé. L’Europe n’a pas arbitré, elle a suivi. Et lorsque le langage politique se met au service de la force brute, ce n’est pas seulement Caracas qui est en jeu. C’est la crédibilité même de l’ordre international que l’Occident prétend défendre.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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