Édito – Le problème n’est pas la peine de mort qui revient dans le débat public, mais l’autorité de l’État qui a disparu !

L’Édito de Roland Lombardi, directeur du Diplomate média
Après les récents meurtres de Louis, de Lyanna et de tant d’autres victimes de crimes particulièrement atroces, les déclarations de Karine Le Marchand et la réponse d’Emmanuel Macron révèlent moins un débat sur la peine capitale qu’une interrogation beaucoup plus profonde : l’État protège-t-il encore réellement les Français ?
Le retour d’un débat qu’une minorité bien-pensante et déconnectée voulait définitivement clos
Il y a des sujets que notre époque préfère enfermer dans un placard plutôt que d’affronter. La peine de mort en fait partie. Il suffit de prononcer ces trois mots pour être immédiatement rangé parmi les barbares, les réactionnaires, les « fachos » ou les nostalgiques d’un autre âge. Pourtant, ce n’est pas la guillotine – ou de tout autre procédé d’exécution contemporain, rapide, strictement encadré, médicalisé, plus digne et infiniment moins cruel que les supplices d’autrefois – qui revient aujourd’hui dans le débat public. C’est tout autre chose : l’angoisse d’une société qui doute, à juste titre, de la capacité de l’État à protéger les innocents.
Les crimes commis ces derniers mois contre des enfants et de très jeunes victimes ont profondément bouleversé l’opinion. Comme souvent, une personnalité qui n’appartient pas au monde politique a exprimé tout haut ce qu’une grande majorité de Français pense de moins en moins tout bas (plus des deux tiers – 68% – des Français se disent favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes qui touchent les enfants, selon un sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD publié le 14 juin).
Karine Le Marchand a donc publié une vidéo sur Instagram, le dimanche 28 juin, dans laquelle elle exprime sa colère légitime suite aux affaires Lyhanna et Louis : « On voit bien qu’on a un problème de violence avec nos jeunes et qu’on a un problème avec la Justice. Et moi, si je ne prends pas la parole sur la petite Lyhanna et sur le petit Louis, c’est parce que je suis radicale. Tu enlèves la vie, on t’enlève la vie. Je n’ai pas de problème à dire que pour certaines personnes, ils sont irrécupérables psychiquement, ce sont des malades mentaux. Même si on les chope, je n’ai pas à payer toute ma vie pour qu’ils soient en taule et je n’en ai rien à foutre, de leurs conditions de vie ».
Pour rappel, la petite Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers le 4 juin. Jérôme Barella, le principal suspect, dans la voiture duquel la jeune fille était montée avant sa disparition, a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre sur mineure de moins de 15 ans. Un nouveau drame qui aurait peut-être pu être évité si la Justice n’avait pas été une énième fois coupable d’une série de défaillances. Car le nom de cet homme de 41 ans avait auparavant été cité dans plusieurs affaires de viols et de violences sexuelles, des plaintes contre lui avaient été déposées et il aurait dû être interpellé un an auparavant si les forces de l’ordre n’avaient pas été occupées à traquer les agriculteurs en pleine épidémie de dermatose nodulaire… Quant à Louis, il s’agit d’un jeune homme de 17 ans qui a été lynché à mort lors d’un guet-apens filmé à Narbonne, le 23 juin dernier. À raison, sa famille reproche à l’État de laisser prospérer la violence dans notre pays et de ne pas avoir su protéger l’adolescent.
Qu’on partage ou non son émotion, une chose est certaine : Karine Le Marchand a eu le mérite de briser un tabou.
Personnellement, je suis entièrement d’accord avec elle et je la soutiens sans la moindre réserve. Ce n’est évidemment pas politiquement correct, et je m’en moque. J’assume pleinement. Certains y verront sans doute l’influence de mes origines méditerranéennes et corses, où la violence, la vendetta et la loi du talion ont longtemps fait partie d’une certaine culture de l’honneur. Chez nous, on nous a aussi appris la charité chrétienne. Mais on nous a surtout appris qu’elle n’était ni naïveté ni renoncement. Et qu’elle trouve parfois ses limites surtout lorsqu’elle se heurte à des pédocriminels ! Qu’ils y voient un héritage culturel si cela les rassure. Ils passeraient pourtant à côté de l’essentiel. Il ne s’agit ni d’un simple appel à la vengeance, encore moins d’un quelconque soulagement psychologique. La question est bien plus profonde : il s’agit de lucidité. Face à certains criminels, il est des actes qui pulvérisent définitivement le pacte social et obligent à regarder le réel en face, débarrassé des postures morales, des bons sentiments hors-sols et des leçons de vertu dispensées depuis le confort des salons parisiens.
Car bien évidemment et immédiatement après la déclaration de l’animatrice du groupe M6, le vieux réflexe pavlovien s’est remis en marche notamment parmi la caste minoritaire : indignations, leçons de morale, rappels historiques, invocation quasi liturgique de Robert Badinter et de l’abolition de 1981.
Robert Badinter demeure pour certains une figure importante de notre histoire judiciaire – pas pour moi ! – et son combat appartient désormais au patrimoine républicain. Mais aucune œuvre politique n’est intangible. Le problème de notre époque n’est d’ailleurs pas tant l’héritage de Badinter que l’usage quasi religieux qui en est fait : comme si toute remise en question du fonctionnement de notre justice constituait aussitôt un blasphème. Une démocratie adulte ne vit pas de dogmes ; elle vit de débats.
D’ailleurs, pour la petite histoire (macabre), il est bon de rappeler un fait majeur que certains cherchent encore à faire oublier : en janvier 1976, Patrick Henry enlève, séquestre puis assassine le petit Philippe Bertrand, âgé de seulement sept ans, avant d’exiger une rançon à sa famille. L’émotion est immense. Son procès dépasse rapidement le seul cadre criminel pour devenir celui de la peine de mort. Défendu notamment par Robert Badinter, futur artisan de son abolition, Patrick Henry échappe à la guillotine et est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Après vingt-cinq années de détention, il bénéficie pourtant d’une libération conditionnelle en 2001. À peine un an plus tard, l’affaire vire au tragiquement ubuesque : il est arrêté en Espagne pour trafic de stupéfiants, retourne en prison, puis est finalement libéré en 2017 pour raisons médicales avant de mourir quelques mois plus tard dans un hôpital. Une trajectoire qui demeure, pour beaucoup, le symbole des paradoxes et des contradictions les plus saisissantes de la justice française contemporaine…
Pour en revenir à nos tristes jours, le président Emmanuel Macron est lui-même intervenu pour rappeler tout récemment et à la suite de la déclaration de Karine Le Marchand, lors 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, que « rien n’est acquis » et mettre en garde contre les appels au rétablissement de la peine capitale. « La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré », a pointé le chef de l’État. « Elle n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent, voudraient lui accorder », a-t-il ajouté.
Certes. Et bien sûr qu’elle n’est absolument pas dissuasive pour les terroristes et les voyous les plus endurcis. Or elle a le mérite au moins de supprimer simplement et totalement le risque de récidive ! C’est déjà beaucoup ! Elle éviterait aussi aux citoyens honnêtes et à leurs enfants de financer pendant des décennies la détention de véritables prédateurs en puissance, alors que le pays fait face à un endettement cataclysmique.
Surtout qu’il faut cesser de raisonner comme si nous étions au XIXᵉ siècle. Nous vivons au XXIᵉ siècle, à l’ère de l’ADN, de la génétique, des empreintes numériques, de la vidéosurveillance, de la police scientifique et de techniques d’investigation d’une précision sans précédent. Sans prétendre à l’infaillibilité, ces progrès ont considérablement réduit le risque d’erreur judiciaire par rapport aux époques où les enquêtes reposaient souvent sur des aveux extorqués, des témoignages parfois fragiles ou de simples présomptions.
De même, au-delà sa mise en scène, une énième fois ridicule, et qui a d’ailleurs frappé autant que son discours, avec le retour de ses lunettes de soleil réfléchissantes à la Top Gun, le paradoxe est d’autant plus saisissant qu’Emmanuel Macron a défendu et fait passer en urgence et simultanément une loi ouvrant la voie à l’aide à mourir, au nom de l’autonomie individuelle, incitant les malades, handicapés, dépressifs, vieillards… à réclamer que l’État les tue ! Tout ceci donc en jugeant moralement irrecevable que certains citoyens rouvrent le débat sur la peine capitale à la suite de crimes d’une barbarie extrême. Que l’on approuve ou non ces deux débats, beaucoup de Français peinent à comprendre cette hiérarchie morale. C’est notamment ce qu’a souligné le professeur Philippe Juvin en dénonçant une profonde contradiction philosophique dans la manière dont l’État envisage aujourd’hui la valeur de la vie humaine…
Et puis, trêve d’hypocrisie. Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs avant lui et, très probablement, ses successeurs demain, n’a jamais renoncé, dans les faits, à recourir à la mort lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts vitaux de la Nation. Tous les chefs de l’État, quelle que soit leur couleur politique, ont toujours autorisé les policiers et les gendarmes à neutraliser définitivement un preneur d’otages lorsque toute issue négociée est devenue impossible. Cette possibilité est d’ailleurs pleinement prévue et encadrée par le droit positif français.
Mieux, ils ont toujours autorisé des opérations dites « homo » (pour homicide), c’est-à-dire des opérations clandestines de neutralisation contre des terroristes lorsque les circonstances l’exigeaient. François Hollande lui-même, pourtant peu suspect de complaisance envers les thèses sécuritaires les plus radicales, a eu le record de ces éliminations ciblées contre les cadres de Daech en Syrie, en Irak et ailleurs. On ne peut que le saluer. C’était, à ses yeux, une nécessité stratégique mais aussi psychologique vis-à-vis de nos ennemis.
Alors j’entends déjà certains « philosophes » de plateau s’indigner, la main sur le cœur, en expliquant qu’il y aurait une différence fondamentale entre neutraliser une menace imminente impossible à interpeller et exécuter de sang-froid un homme déjà arrêté, désarmé et sous la garde de l’État. L’objection paraît séduisante en théorie. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’on regarde l’histoire telle qu’elle s’est réellement déroulée.
Car il faut bien rappeler une évidence trop souvent passée sous silence : les opérations « homo » n’ont pas toujours consisté à éliminer le seul terroriste prêt à passer à l’action. Très fréquemment, elles ont aussi répondu à une logique de représailles, en somme une véritable vengeance d’État, ou de démonstration de force destinée à adresser un message clair aux ennemis de la France. Les États n’ont jamais agi uniquement par nécessité immédiate ; ils agissent aussi pour restaurer leur crédibilité, rétablir une capacité de dissuasion ou signifier qu’un certain seuil a été franchi. C’est la logique, parfois brutale, mais constante, du rapport de force entre puissances. Et c’est très bien ainsi !
Enfin, une autre question mérite d’être posée sans détour : pourquoi l’État éprouverait-il davantage de scrupules pour la vie d’individus de la pire espèce ayant volontairement détruit celle de leurs victimes, alors qu’il accepte, dans le même temps, d’envoyer de jeunes Français défendre les intérêts supérieurs de la Nation sur des théâtres d’opérations où il sait pertinemment que certains ne reviendront jamais vivants ? Il ne s’agit pas de confondre la justice pénale avec la guerre, deux réalités de nature différente, mais de souligner une contradiction qui a toujours traversé mon esprit.
Nous pouvons tout de même comprendre (ou du moins essayer) la vigilance du locataire de l’Élysée. Mais encore faudrait-il répondre à la véritable question que se posent les Français. Car ce n’est pas tant la peine de mort qui les préoccupe que le sentiment grandissant d’une justice parfois trop lente, trop laxiste, d’une récidive qui nourrit l’incompréhension et d’un État dont beaucoup jugent de plus en plus qu’il est fort avec les faibles et faible avec les forts et qu’il protège moins efficacement les victimes qu’il ne garantit les droits omniprésents des délinquants. C’est cette fracture-là qui mérite d’être regardée en face.
Quoi qu’il en soit, soyons sérieux : quel poids, quel crédit peut encore avoir l’homélie et la dernière leçon de morale présidentielle sur un tel sujet ? Emmanuel Macron est sans doute le dernier et principal artisan de l’affaiblissement de l’autorité de l’État et de la perte de crédibilité de la France, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. À force de multiplier les postures internationales sans parvenir à rétablir l’ordre chez lui, son discours peine désormais à convaincre. Comme le résume avec justesse Alexandre Devecchio dans Le Figaro : « Hamza « la Douane » est devenu le visage d’une délinquance ordinaire qui pourrit la vie des Français. Mais aussi le symbole de notre impuissance. La France donne le spectacle pathétique d’un pays qui prétend arrêter Vladimir Poutine ou faire la leçon à Donald Trump, mais se montre incapable de punir un adolescent muni d’un pistolet à eau. » Une formule sévère, mais tellement vraie !
Autre paradoxe saisissant. Le débat public français se crispe sur un sujet devenu tabou en Europe, alors que la peine de mort demeure en vigueur dans plus d’une cinquantaine de pays, même si 114 États ont définitivement abandonné cette sentence.
La Chine, l’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite ou l’Égypte continuent d’y recourir. Le constat mérite d’être souligné : plusieurs démocraties continuent de maintenir cette possibilité dans leur droit sans que leur État de droit soit systématiquement remis en cause. Les États-Unis la maintiennent dans plusieurs États fédérés. Le Japon, pourtant démocratie libérale respectée, conserve également cette possibilité dans son arsenal pénal. L’Inde l’applique dans certains cas exceptionnels. Que l’on approuve ou que l’on condamne ces choix, une réalité demeure : la question n’a jamais disparu du paysage mondial. Elle ne se réduit donc pas à une opposition simpliste entre civilisation et barbarie.
À l’inverse, l’abolition ne garantit pas mécaniquement une justice plus efficace ni un meilleur sentiment de sécurité, comme aujourd’hui en France, bien au contraire. L’autorité d’un État ne se mesure pas uniquement aux peines qu’il prévoit, mais surtout à sa capacité à faire respecter la loi et à protéger les innocents. C’est précisément sur ce terrain que le pays suscite aujourd’hui le plus d’interrogations.
Enfin, ne perdons jamais de vue une réalité trop souvent ignorée. L’explosion de l’insécurité, le laxisme persistant de notre système judiciaire et des « juges rouges », y compris face aux crimes les plus graves, et le sentiment d’impunité qui en découle ne produisent pas seulement des effets dévastateurs à l’intérieur de nos frontières. Ils projettent également à l’extérieur l’image d’un État qui doute de lui-même, hésite à faire respecter son autorité et renonce progressivement à exercer pleinement sa souveraineté. Comme si notre pays avait encore besoin de cela… Alliés comme adversaires observent cette évolution. Les premiers s’interrogent sur notre capacité à demeurer une puissance crédible ; les seconds y voient la confirmation de notre déclin, de notre dégénérescence et d’un affaiblissement qu’ils exploitent déjà. En géopolitique comme dans les relations humaines, la faiblesse perçue appelle rarement le respect ; elle attire bien plus souvent les convoitises, les provocations et les défis.
Une justice respectée est d’abord une justice comprise
En France, le débat reste souvent prisonnier d’une opposition caricaturale. D’un côté, les tenants d’une réponse exclusivement répressive. De l’autre, ceux qui semblent considérer que toute sévérité constituerait une régression morale. Comme souvent, la réalité est plus complexe. Une société démocratique ne se mesure pas seulement à la noblesse de ses principes. Elle se juge aussi à sa capacité à protéger les plus faibles. Or c’est précisément sur ce terrain que la confiance semble s’éroder.
On l’a dit, la véritable question est celle de l’autorité. Depuis plusieurs décennies, notre politique pénale oscille entre prévention, réinsertion et humanisation des peines. Ces objectifs demeurent indispensables. Mais toute politique de prévention trouve naturellement ses limites lorsqu’elle rencontre des individus qui ont définitivement rompu avec les règles élémentaires de la vie en société et surtout qui menacent ses membres. Encore une fois, une civilisation digne de ce nom protège d’abord les plus fragiles. La compassion est une vertu ; elle ne saurait devenir une politique pénale.
Le philosophe anglais Thomas Hobbes rappelait que la première mission de l’État est d’assurer la sécurité des citoyens. Un truisme ! Sans sécurité, il n’y a ni liberté véritable, ni prospérité durable, ni confiance collective. À force de laisser s’installer l’idée que certaines violences échappent à une réponse suffisamment ferme, l’État prend le risque de voir prospérer une autre tentation : celle de la justice privée, des vengeances individuelles ou des fantasmes de justiciers. L’histoire montre que lorsque les institutions perdent leur crédibilité, d’autres prétendent les remplacer. C’est précisément ce qu’une démocratie doit éviter.
La véritable urgence : un choc d’autorité de l’État
Danton résumait cette exigence par une formule restée célèbre : « Soyons terribles pour dispenser le peuple de l’être ».
Derrière cette phrase se cache une intuition toujours actuelle : une justice forte protège aussi la paix civile. À l’inverse, lorsque les citoyens ont le sentiment que l’autorité publique hésite, tergiverse ou renonce, les passions prennent le relais de la raison.
Le débat actuel dépasse donc largement la seule question de la peine capitale. Il interroge notre rapport à l’autorité, à la responsabilité et au rôle de l’État. Il oblige aussi à sortir des postures morales pour regarder le réel. Une démocratie solide n’est pas celle qui refuse les débats difficiles. C’est celle qui accepte de les mener sereinement, sans anathèmes, sans caricatures et sans transformer toute interrogation en procès idéologique.
Le vrai défi français n’est peut-être pas de savoir si la peine de mort doit revenir. Il est de savoir si l’État est encore capable d’inspirer suffisamment confiance pour que personne ne ressente le besoin de réclamer son retour. C’est probablement là que se joue, aujourd’hui, l’essentiel. Si les institutions ne retrouvent pas leur crédibilité, leur fermeté et leur capacité à protéger les citoyens, ce ne sont pas les débats qui deviendront plus radicaux : ce sera la société elle-même. Car, en géopolitique comme en politique intérieure, il existe une règle vieille comme le monde : la nature a horreur du vide. Lorsqu’un État cesse d’incarner l’autorité, d’autres finissent toujours par prétendre s’y substituer. C’est cette perspective, bien plus encore que le retour périodique d’un débat aussi sensible, ou d’éventuels référendums – phobie de la caste au pouvoir –, qui devrait aujourd’hui inquiéter nos dirigeants progressistes et hors-sol.
En attendant, la tension ne fait que monter et cela peut très bien finir très mal… Car le risque sera de voir un jour émerger une justice populaire expéditive, comme en témoigne le succès des films du genre « revenge movie », film violent, dans lequel le héros part seul en croisade contre le crime, le pouvoir et les institutions, après un drame personnel. À l’instar du tout récent Citizen Vigilante de Uwe Boll, soutenu par Elon Musk et que plusieurs gouvernements européens, à commencer par l’Allemagne – pays du réalisateur –, viennent d’interdire la diffusion (trop réaliste peut-être ?). Une première dans l’histoire et triste signe des temps. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs le film, bien au contraire et par le fameux effet Streisand, de cartonner sur les plates-formes de téléchargement…
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