
Leonardo Dini, philosophe et géopolitologue italien vivant en Ukraine depuis le début du conflit, analyse depuis le début les dimensions à la fois régionales et globales du conflit russo-ukrainien dans un contexte de la multipolarisation et de désoccidentalisation du monde. Il fait le point pour Le Diplomate sur les débuts de négociations organisés ces dernières semaines en vue d’une trêve voire de la paix en Ukraine.
Propos recueillis par Angélique Bouchard
Le Diplomate : Comment évolue, selon vous, la situation concernant les difficiles — même selon Trump — négociations de paix en Ukraine ?
Leonardo Dini : La situation en Ukraine se complique au lieu de se résoudre. Elle est chaotique et en constante évolution. Trump espère une rencontre — peut-être à Budapest — entre Poutine et Zelensky, rencontre qui paraît presque inutile au regard des attaques massives et continues de missiles et de drones lancées par la Russie, comme celles du 20 août à Lviv, où je séjourne actuellement.
Le récent sommet de Washington n’a pas affirmé le rôle global de l’Europe ; il a plutôt entériné une sorte d’« anti-Yalta » de 1945, considérant les dirigeants européens, pourtant unis, comme secondaires face à la puissance américaine. De fait, Trump met l’Europe en difficulté en lui confiant seule la responsabilité de la défense de l’Ukraine et des frontières orientales de l’Union européenne.
De toute évidence, les garanties de sécurité réclamées tant par le ministre russe des Affaires étrangères que par Zelensky côté ukrainien semblent très loin d’être réunies, d’autant que les Russes rejettent tout accord de sécurité sans participation russe et chinoise, et refusent la présence de troupes européennes en Ukraine, même au titre d’une force de maintien de la paix.
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Que se passera-t-il après le sommet Trump-Poutine à Anchorage ?
Il suffisait d’examiner la composition des délégations à Anchorage pour comprendre la portée du sommet, en notant qu’il n’est pas fortuit que la seconde partie, plus technique, avec délégations élargies, ait été supprimée.
Après Anchorage, Poutine estime voir se profiler une possibilité de paix, entravée selon lui par les Européens et les Ukrainiens. Pour Trump, de grands progrès ont été réalisés et la paix dépend désormais de Zelensky. En réalité, les propositions russes de Poutine, inacceptables pour Zelensky, visent à renforcer la Novorossia (« Nouvelle Russie ») en Ukraine, d’autant que les Russes ont l’initiative et sont sur le point de percer à plusieurs endroits — à Pokrovsk, Zaporijjia, Soumy et Kharkiv. Par ailleurs, de nombreux Nord-Coréens sont annoncés pour septembre 2025 — au moins 10 000, voire 30 000 — pour soutenir le front russe.
Le paradoxe de cette guerre est que, si la Novorossia renvoie à la Russie historique, les Russes détruisent leur propre territoire historique.
Toute reconstruction d’après-guerre serait menée, à l’Est, par les Russes et les Chinois — ces derniers en seraient les principaux bénéficiaires —, et, à l’Ouest, par les Britanniques, les Européens et les Américains. L’intérêt commun de Trump et de Poutine est de favoriser l’émergence d’un successeur à Zelensky, capable de négocier un accord concret et de mettre fin au conflit. Ioulia Svyrydenko, Première ministre ukrainienne, pourrait jouer ce rôle de transition, tandis que le général Valeri Zaloujny, favorable à un conflit prolongé jusqu’en 2034, demeure le successeur le plus probable de Zelensky.
Les objectifs immédiats après Anchorage et Istanbul, loin de la paix souhaitée, devraient porter sur des échanges massifs de prisonniers entre Ukrainiens et Russes. La prochaine étape pourrait être un dialogue russo-ukrainien, annoncé à plusieurs reprises par Poutine ces derniers jours, parallèle et complémentaire du dialogue américano-russe à l’échelle mondiale, entamé lors des réunions à Riyad ces derniers mois.
Une rencontre Trump-Poutine-Zelensky, fût-elle un coup de théâtre, ne résoudrait rien : les conditions d’une paix stable ne sont pas encore réunies.
Les Russes ne disposent toujours pas de zones tampons en Ukraine pour défendre Koursk, du côté de Soumy et de Kharkiv. Ils veulent s’emparer d’Odessa et atteindre les frontières administratives des oblasts de Kherson et de Zaporijjia. Ils continuent d’avancer vers Dnipropetrovsk, ville industrielle stratégique, qu’ils revendiquent à long terme.
Surtout, le défilé du 9 mai 2025 à Moscou, pour le 80e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, a confirmé, aux yeux du Kremlin, la force militaire de la coalition russo–nord-coréenne, appuyée par la Chine et l’Iran, sans parler des soutiens directs ou indirects des BRICS, de l’Inde et de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, qui voient en Moscou et Pékin — Xi et Poutine — le centre d’un monde multilatéral et multipolaire naissant. La Russie, qui se sent en position de force, a clairement indiqué qu’elle n’accepterait ni médiation imposée ni compromis ne réglant pas les problèmes essentiels de sa sphère d’influence en Europe de l’Est et de sa sécurité. De plus, la présence de Robert Fico, Premier ministre slovaque, le soutien affirmé de Viktor Orbán, ainsi que l’appui officieux et la position prorusse de la Bulgarie et de la Serbie, offrent à Moscou un avantage politique et géopolitique.
Quel est le rôle de l’Europe dans un contexte en évolution ?
L’Europe ne partage ni la vision « America First » de Trump ni l’idée de Novorossia (partie ex-tsariste de l’Ukraine présoviétique revendiquée par Moscou). Ces visions ne seront jamais celles de l’Europe, encore moins de l’Ukraine. Hélas, d’un point de vue réaliste, l’Europe dépend géopolitiquement de la Russie et des États-Unis, tandis que la Russie et les États-Unis n’ont pas, géopolitiquement, besoin de l’Europe. À l’inverse, l’Europe et l’euro ont été perçus comme des obstacles à une domination mondiale tripartite russo-sino-américaine.
À mes yeux, « l’État profond » va bien au-delà de Trump — et, avant lui, de Joe Biden. L’« État profond » russe a intérêt à maintenir le dualisme plutôt qu’à œuvrer à une synergie États-Unis–Russie ; d’où mon pessimisme quant à la paix rapide en Ukraine souhaitée par Trump. Rappelons que, déjà au XXe siècle, et même plus tard avec Reagan et Gorbatchev, l’entente russo-américaine a échoué. En outre, l’amitié particulière russo-chinoise ne se tarira pas de sitôt ; je pense donc que le plan de Donald Trump visant à séparer Pékin de Moscou ne fonctionnera pas, d’autant que nous ne sommes plus à l’époque de Nixon et Kissinger.
De son côté, Vladimir Poutine ne se trompe pas stratégiquement, contrairement à ceux qui estiment que son refus d’instaurer rapidement un cessez-le-feu durable provoquerait un retournement de Trump en faveur de l’Ukraine. Le maître du Kremlin sait calculer et anticiper tous les scénarios, y compris une possible polémique avec Trump. La réalité du terrain montre que la guerre a davantage de chances de se poursuivre, avec des visées russes grandissantes vers Dnipropetrovsk, Zaporijjia, Soumy et Odessa. J’ajoute que de nouvelles sanctions américaines ne feront pas plier la Russie, qui compte sur la force des BRICS pour les contourner et rester résiliente.
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Comment la situation en Ukraine va-t-elle évoluer après l’échec d’Istanbul et le dialogue d’Anchorage ?
Les négociations d’Anchorage voulues par Donald Trump et la trêve prônée par Vladimir Poutine — tout comme l’initiative d’Erdogan à Istanbul — sont étroitement liées. La trêve proclamée il y a trois mois par le général russe Guerassimov sur le front ukrainien s’est heurtée à l’impossibilité technique d’un arrêt des combats décrété unilatéralement en un jour et sans préparation. Vu l’immensité du front, une telle trêve nécessiterait des mois de planification, ne serait-ce que pour stabiliser la ligne de contact.
Les négociations menées depuis — avec deux rencontres, en première ligne, entre l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et son homologue russe Kirill Dmitriev — se sont traduites par un « effet Afghanistan », c’est-à -dire une lassitude américaine incitant à envisager un désengagement. Pour cette raison également, la guerre risque de se poursuivre jusqu’en 2026. Les conditions d’une paix ou d’un véritable cessez-le-feu ne sont pas réunis, hélas ; les Russes revendiquent de surcroît le contrôle géopolitique de l’Ukraine et la non-intégration de Kiev à l’OTAN — la grande question à laquelle Trump a fait référence hier après Anchorage.
Que va-t-il se passer, selon vous, après Anchorage ?
L’initiative des « pays de bonne volonté » du président Emmanuel Macron a sans doute été nécessaire dans la réorganisation de la sécurité internationale initiée par Russes et Américains, en vue d’un éventuel dialogue de répartition des zones d’influence mondiales avec les Chinois. D’un point de vue militaire, l’initiative franco-britannique issue du sommet de Paris a rapproché les défenses britannique, française — donc européenne — et créé une méthode de concertation valable pour l’avenir. L’intention est, selon moi, d’intégrer les besoins de synergie des Ukrainiens en leur offrant un soutien technico-militaire souple et adaptable via la coalition, notamment avec Français et Britanniques.
En revanche, l’hypothèse d’une armée européenne commune — souhaitable — reste aujourd’hui impossible. La fragilité militaire européenne est patente : le général ukrainien Valeri Zaloujny, ambassadeur à Londres, très populaire et ancien chef de l’armée ukrainienne, l’a lui-même déclaré lors d’une conférence, le 8 février 2025, à l’Université catholique de Lviv (salle Sheptytskyi). Les Britanniques affirment un jour être prêts à envoyer des troupes et, le lendemain, se limitent à des patrouilles aériennes inoffensives au-dessus de l’ouest de l’Ukraine : ils sont indécis sur tout.
Quelles sont, selon vous, les perspectives et avancées des différentes négociations entre Russes, Américains et Ukrainiens ?
En laissant de côté le « détail » — selon Trump — qu’il s’agit d’une guerre mondiale, « les enjeux sont élevés », a-t-il déclaré avant Anchorage. Il est, à mes yeux, inquiétant de constater que chaque acteur poursuit ses intérêts de manière très cynique : les Américains qualifient même les Européens de « parasites », simplification tranchante reposant sur une grande ignorance de l’histoire. Aujourd’hui, certains responsables américains traitent l’Ukraine de pays néocolonial. Les Russes, eux, réaffirment que l’Ukraine est essentielle à leur sécurité tout en négligeant, dans les faits, la paix et la sécurité des continents européen et asiatique. Enfin, les Ukrainiens se voient contraints d’accepter d’être grignotés morceau par morceau par la Russie.
Les négociations territoriales sont très difficiles et les pourparlers économiques relèvent surtout d’un échange de pouvoir russo-américain. Par exemple, en dehors de l’Ukraine, la question du contrôle de la mer Arctique n’a pas trouvé de solution utile à Anchorage : Américains et Russes s’y affrontent toujours.
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Quid de la situation militaire actuelle en Ukraine ?
D’une part, les Russes visent une double attaque en tenaille à l’est du Dniepr et contre les villes où ils ont déployé une grande partie de leur armée. D’autre part, ils procèdent à une destruction systématique du territoire ukrainien, selon une méthode rappelant celle employée par Netanyahu à Gaza ou par la Russie en Syrie entre 2014 et 2018.
Aujourd’hui et pour 2025, les objectifs russes — comme de possibles nouveaux oblasts intégrés — sont Dnipropetrovsk, Tchernihiv, Kharkiv, ainsi que l’oblast et la ville de Mykolaïv et d’Odessa. Ils visent aussi les limites administratives des oblasts de Donetsk, Zaporijjia et Kherson.
L’Occident s’est-il trompé en misant sur l’effondrement de l’économie russe, censé provoquer la chute du pouvoir de Poutine ?
En réalité, l’Occident ne peut pas, par des sanctions et une guerre économique, bloquer tout et tout le monde : la Russie, les BRICS et les nombreux pays qui, à divers titres, soutiennent Moscou. Le pouvoir de Vladimir Poutine peut certes être remis en cause — comme le fut jadis celui des tsars —, mais pas par des sanctions économiques ; plutôt par des revers militaires russes ou par la fin du cycle d’expansion néo-impériale russe.
Trump et Poutine veulent des élections en Ukraine, pas les autorités actuelles : Zelensky est-il l’un des obstacles à un traité de paix durable ?
Les Russes considèrent le pouvoir de Volodymyr Zelensky comme illégitime, son mandat ayant expiré, et le jugent idéologiquement incompatible avec une paix avec Moscou. Donald Trump réclame, de ce point de vue, le rétablissement des règles démocratiques et donc un vote en Ukraine, avec, pour corollaire, la renaissance de l’opposition. Les guerres n’associent pas toujours à la table de la paix ceux qui les ont déclenchées — Zelensky et peut-être Poutine.
Au-delà du seul cas Zelensky, d’autres obstacles procéduraux existent : la loi ukrainienne interdit toujours les négociations avec les Russes ; la place de la langue et de la culture russes, tout comme l’enseignement de l’histoire de l’URSS, du communisme et de l’Empire russe, reste limitée ; la Constitution ukrainienne prévoit l’adhésion prioritaire à l’OTAN et à l’UE, et interdit tout détachement de territoires et d’oblasts, ainsi que les annexions. Les oblasts perdus demeurent partie intégrante du système constitutionnel et administratif ukrainien. Le prochain président devra supprimer ou modifier ces dispositions.
Des conflits pourraient aussi éclater au Parlement, entre partisans et adversaires de la paix, entre forces pro-européennes et pro-pacifistes ou pro-russes. Avant le dialogue d’Anchorage, Steve Witkoff a proposé une solution inspirée du modèle de la Cisjordanie, peut-être peu praticable.
Quelles sont les conditions d’une paix durable en Ukraine ?
Les conditions essentielles posées par les Russes — en partie partagées par Trump — sont : la fin du projet d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ; la dévolution définitive d’une partie de l’Ukraine à la Russie ; la redéfinition, telle qu’esquissée par Poutine en juin 2024, de « l’architecture de sécurité européenne et internationale » ; puis un nouveau pacte d’avenir rétablissant des relations non agressives entre Russes et Américains, ainsi qu’entre l’Europe et la Russie. Cela impliquerait une refonte géopolitique de l’Europe.
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Vous qui vivez depuis 2022 dans ce pays, comment jugez-vous le moral des Ukrainiens ?
Les Ukrainiens — et, au-delà , les Russes — sont épuisés par cette guerre fratricide entre peuples historiquement proches. À tous les niveaux, civils comme militaires, la population est lasse d’un conflit qui dure depuis trois ans et dont l’origine remonte à plus de dix ans, en 2014. Cette guerre, à l’image de la guerre de Trente Ans au XVIIe siècle, semble destinée à marquer tout le XXIe siècle. Elle est en réalité une « guerre mondialisée », en raison du jeu des alliances et des répercussions économiques — notamment sur le commerce des céréales — qui touchent l’ensemble des pays.
Que pensez-vous de la crainte de l’OTAN : si la Russie obtenait 20 % du territoire ukrainien, irait-elle envahir d’autres pays, y compris membres de l’Alliance ?
Objectivement, il suffit de poser deux questions : les Russes sont-ils capables de bâtir une domination eurasiatique par des moyens économiques, financiers et politiques, sans recourir à l’impérialisme militaire, en faisant coexister pacifiquement l’UE (avec l’Ukraine en son sein) et l’Union eurasiatique russe ? Les États-Unis se contenteront-ils d’un isolationnisme relatif ou chercheront-ils à affaiblir l’Europe — sa monnaie et son système politico-économique — en la livrant partiellement aux Russes, aux Arabes et aux Chinois, dans le cadre d’un pacte de désistement russo-américain ?
Que pensez-vous de la « stratégie du deal » de Trump ?
Donald Trump, à l’instar de Silvio Berlusconi et de Ross Perot qui l’ont inspiré, est et demeure un président-homme d’affaires. Il exerce son rôle avec les méthodes, le lexique et les réflexes d’un entrepreneur. Il développe aujourd’hui une méthode réellement disruptive — pour le meilleur ou pour le pire — en rompant avec les usages de la politique traditionnelle. Mais sa stratégie comporte aussi un danger lié à l’instabilité proverbiale de son caractère. Il se montre très belliqueux envers la Chine et l’Iran, ce qui comporte des risques de guerre — pas seulement commerciale.
En conclusion, l’Europe est-elle hors-jeu ou va-t-elle jouer sa propre partition après un éventuel lâchage américain ?
Nous nous dirigeons vers une Europe unie autour de l’Ukraine — depuis le sommet de Paris. Le président ukrainien Zelensky estime que 100 000 soldats de la paix, européens et/ou américains, seraient nécessaires pour garantir une trêve possible. Il soutient qu’avec ou sans l’OTAN, l’Ukraine doit disposer d’une armée stable d’un million et demi de soldats pour se défendre efficacement. Il a également alerté sur l’arrivée de quinze divisions — environ 150 000 Russes — en Biélorussie vers le 20 septembre (pour l’exercice West-Zapad 2025), avec des tirs d’essai expérimentaux d’« Oresthnik » et de missiles nucléaires tactiques : une situation à haut risque. Une force biélorusse-russe pourrait alors être en mesure d’attaquer bientôt Kiev par le nord ou d’envahir la Pologne, voire les pays baltes, si nécessaire.
La paix est loin ; le risque d’une guerre entre l’OTAN, la Russie et leurs alliés est proche et en gestation.
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