Le grand entretien du Diplomate – Refonder la souveraineté : Julien Aubert dévoile l’Institut Valmy

Portrait stylisé en noir et blanc de Julien Aubert devant un drapeau français flottant dans un ciel bleu — une image symbolique incarnant le souverainisme républicain, l’engagement politique national et la vision gaullienne portée par l’Institut Valmy.

Réalisation Le Lab Le Diplo

Ancien député du Vaucluse, vice-président des Républicains, créateur du mouvement gaullo-souverainiste Oser la France et chroniqueur international pour Le Diplomate, Julien Aubert s’est imposé comme l’une des principales voix du réalignement souverainiste à droite. 

Le 5 mai 2025, dans Le Figaro TV, il a officialisé la naissance de l’Institut Valmy, un groupe de réflexion qu’il qualifie de « laboratoire d’idées au service de la Nation et de la République ». La session inaugurale est annoncée pour le 17 mai 2025 à Paris.

Autour de lui, on retrouve notamment l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Henri Guaino, le politologue Stéphane Rozès et l’essayiste Céline Pina, rejoints par une quarantaine de personnalités venues de la sphère académique, économique et militaire, dont le directeur de la rédaction du Diplomate, le géopolitologue Roland Lombardi. Entretien exclusif.

 Propos recueillis par Angélique Bouchard

Le Diplomate : Vous lancez l’Institut Valmy dans un contexte international que vous jugez « de plus en plus brutal ». Quel est, selon vous, l’état véritable de la souveraineté française et quel danger vous paraît aujourd’hui le plus pressant ?

Julien Aubert : Nous avons perdu les leviers juridiques et politiques capables de nous désempêtrer des problèmes multiples que nous rencontrons. Notre industrie s’est volatilisée, mais dieu merci il nous reste la carte énergétique ; nous sommes en train de devenir dépendants au plan alimentaire, ce qui est incroyable au vu de nos atouts. Surtout, nous risquons d’être totalement soumis sur les domaines d’avenir que sont l’IA ou les biotechnologies. Tout ceci nourrit une croissance anémique, insuffisante pour financer le modèle social. Nous nous sommes endettés et désormais les marchés financiers nous tiennent. 

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Le danger le plus immédiat c’est la compétition mondiale accrue entre Etats-Unis et Chine, où nous jouons le rôle d’un chien coincé dans un combat d’éléphants. Les deux puissances vont « mettre le paquet » pour se surclasser, au risque que nous ne puissions pas suivre la cadence. On ne peut même pas compter sur l’UE pour amortir le choc. Voilà pourquoi la section internationale de Valmy est étoffée avec l’ancien ambassadeur François Gouyette, l’ancienne député européenne Florence Kuntz ou encore Roland Lombardi qui anime le Diplomate !

LD : Pourquoi avoir choisi le nom de « Valmy » – référence à la bataille fondatrice du 20 septembre 1792 – et comment espérez-vous dépasser ainsi les clivages partisans traditionnels ?

JA : Valmy est une bataille symbolique, où l’ardeur des Français a permis d’inverser une situation désespérée, et de fonder la République au cri de « Vive la Nation ! ». C’est une bataille qui vit l’émergence d’un esprit national, après des siècles de monarchie où les Français étaient des sujets, pas des citoyens. C’est cette alliance France / République que Droite et Gauche sont conviés à venir défendre. Nous le faisons avec celles et ceux qui se retrouvent dans un diagnostic commun. Il y a Georges Kuzmanovic, qui a rompu avec Mélenchon ; des chevènementistes comme Jean-Philippe Mallé ou Claude Nicolet ; des gens venus de la droite UMP puis qui ont rompu avec elle comme Henri Guaino ; et surtout des scientifiques, des professeurs, des chefs d’entreprise… 

LD : Votre comité fondateur réunit Henri Guaino, Stéphane Rozès, Céline Pina et d’autres profils venus de sensibilités variées. Quels critères ont présidé à cette sélection et quelle complémentarité recherchez-vous entre eux ?

JA : L’intelligence et le courage. Une fidélité sans faille à l’espoir d’un renouveau démocratique populaire. Un diagnostic partagé. Une envie de faire bouger les lignes. La capacité à dire non au déclin. 

LD : Votre manifeste parle d’une « triple bataille » et d’un « programme de redressement national » en vue de la présidentielle de 2027. Quels chantiers – industriels, énergétiques, culturels, militaires, géopolitiques – traiteront vos premiers groupes de travail ?

JA : Tout d’abord nous allons traiter du sujet de la décentralisation. Puis je compte explorer le sujet de la politique économique permettant le maintien de notre modèle social. Enfin, je regarde la possibilité de mettre en forme une politique énergétique durable. Tout ceci sera cependant piloté par le Comité scientifique. 

LD : Vous insistez sur la production de solutions « concrètes, opérationnelles ». Comment l’Institut Valmy va-t-il articuler recherche académique, ateliers d’experts et lobbying politique pour transformer des notes stratégiques en propositions de loi ou en plans gouvernementaux ?

JA : J’ai vécu aux Etats-Unis et crois aux bienfaits de la fluidité politique / académique. En tant que responsable politique, je me suis toujours attaché à bâtir des ponts. Ici j’en inaugure un encore plus ambitieux. Nous allons proposer une doctrine cohérente de redressement national. Elle sera sur la table, pour tout ou partie en 2027. J’espère qu’elle infusera le débat public. Pour ma part, j’essaierai qu’aux LR, elle trouve un écho décisif. 

LD : Vous critiquez la sur-représentation de centres d’études « libéraux, européistes, macroniens ». Par quoi votre approche se distingue-t-elle – gouvernance collégiale, transparence du financement, calendrier de publications, recours aux simulations de wargaming ?

JA : Ce qui nous distingue c’est le point de départ : nous sommes les héritiers de la fondation Marc Bloch ou de Res Publica. Nous croyons en la Nation comme modèle d’avenir, contrairement à tous ceux qui valorisent l’esprit de Davos, de Bruxelles ou de Washington. Sur le fonctionnement, il sera assez classique et paramétré sur nos moyens, qui sont pour le moment limités. 

LD : À terme, souhaitez-vous soutenir un candidat, élaborer un « contrat de souveraineté » ou former des cadres administratifs ? Quel sera votre indicateur-clé de succès en 2027 ?

JA : La question de la formation est en germe et si nous en avons les moyens, il est prévu que Valmy s’aventure sur ceci. Il s’agirait surtout de former côte à côte responsables politiques et administratifs pour préparer la relève. Valmy auditionnera sans doute les candidats mais son rôle s’arrêtera là en analysant les programmes et en regardant comment ils se positionnent sur la souveraineté. Pour ma part, ayant toujours une activité politique, c’est avec une autre casquette que je prendrai ensuite le relais… 

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Les premiers membres : 

  • Julien AUBERT, président de l’Institut Valmy, ancien parlementaire 
  • Jean-Philippe MALLÉ, secrétaire général de l’Institut Valmy, ancien parlementaire 
  • Éric ANCEAU, universitaire 
  • Rodrigo BALLESTER, universitaire 
  • Hervé COULAUD, chef d’entreprise
  • Thomas FAURÉ, chef d’entreprise 
  • Martial GOGER, ingénieur
  • Olivier GOHIN, universitaire 
  • Henri GUAINO, ancien parlementaire
  • Florence KUNTZ, ancienne parlementaire européenne 
  • Georges KUZMANOVIC, président de « République souveraine Â» 
  • Anne-Marie LE POURHIET, universitaire 
  • Roland LOMBARDI, géopolitologue, directeur de la rédaction du Diplomate média
  • Patrick MOLIS, chef d’entreprise 
  • Jean-Michel NAULOT, banquier 
  • Claude NICOLET, président de Nation citoyenne
  • Édouard OLSON, avocat 
  • Patrick PAGEAT, vétérinaire et universitaire 
  • Céline PINA, chroniqueuse et essayiste 
  • Laurent ROCHUT, directeur de théâtres
  • Stéphane ROZES, essayiste 
  • Jean-Éric SCHOETTL, conseiller d’État honoraire
  • Yves SCHWOOB, chef d’entreprise 
  • François SOUTY, ancien haut fonctionnaire 
  • Jérôme STERKERS, cadre territorial 
  • Patrick VERCHERE, élu local, ancien parlementaire 
  • Léonard ZERBIB, avocat. 

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