ANALYSE – Iran-USA : La guerre de l’enrichissement et l’impossible retour à l’accord

ANALYSE – Iran-USA : La guerre de l’enrichissement et l’impossible retour à l’accord

lediplomate.media — imprimé le 26/05/2025
rump faisant un bras de fer avec le guide supême Ali Kameinei et en fond les deux drapeaux us et iran
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Giuseppe GaglianoPrésident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

Ce n’est pas une négociation, c’est un bras de fer. Une fois encore, Téhéran et Washington se heurtent sur le point qui fit voler en éclats l’accord de 2015 : l’enrichissement de l’uranium. Pour l’Amérique de Donald Trump, c’est une ligne rouge infranchissable. Pour l’Iran, une conquête nationale non négociable, acquise « dans le sang et par les ressources ».

Les mots du vice-ministre iranien Majid Takhtravanchi sont clairs : si les États-Unis continuent à exiger un « zéro enrichissement », alors les pourparlers prévus à Rome, cinquième round d’une négociation longue et pénible, « n’aboutiront à rien ». Et ce malgré l’optimisme affiché par Trump, qui, en visite dans le Golfe, a évoqué un accord « très proche ».

Le problème est structurel. En 2018, Trump a démoli l’accord signé par Obama et cinq puissances mondiales, le jugeant trop favorable à Téhéran. Les sanctions sont revenues, et l’Iran a augmenté le niveau d’enrichissement jusqu’à 60 %, frôlant les 90 % nécessaires pour un usage militaire. En 2025, la défiance est telle que les déclarations publiques contredisent les échanges privés, comme le souligne le porte-parole iranien Baghaei.

Mais un élément nouveau est apparu : la proposition d’un consortium régional incluant l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour superviser l’enrichissement. Une tentative de multilatéraliser le dossier, de rassurer et d’offrir des garanties collectives. Une initiative audacieuse, visant à transformer une crise bilatérale en solution régionale.

Mais la méfiance domine. Pour l’Occident, enrichir revient à s’armer. Pour Téhéran, c’est une affirmation d’autonomie scientifique. Le négociateur en chef Araghchi l’a dit : « Nous continuerons, avec ou sans accord ». Une déclaration qui déplace le débat sur le terrain de la puissance, non du compromis.Entre Mascate, Rome et Washington, la partie qui se joue n’est technique qu’en apparence. C’est une confrontation entre souveraineté et dissuasion, entre contrôle et reconnaissance mutuelle. Et pendant que l’on débat de pourcentages et de centrifugeuses, une question reste entière : peut-il y avoir paix sans reconnaissance réciproque ?

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