
Par Julien Aubert
Les deux guerres mondiales ont propulsé les États-Unis au rang de superpuissance. Restés d’abord en retrait, ils ont profité de leur neutralité pour renforcer leur économie, avant d’intervenir au moment opportun pour influencer l’issue des conflits.
La guerre actuelle n’est pas militaire, mais économique — et c’est Washington qui l’a déclenchée contre Pékin. Ce bras de fer vise la domination économique mondiale.
L’Asie pèse aujourd’hui environ 50 % de l’économie globale, et la Chine en est le centre. Depuis 2009, elle est devenue la première puissance exportatrice, et dès 2014, son PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) a dépassé celui des États-Unis. Depuis 2018, toutes les administrations américaines, qu’elles soient républicaines ou démocrates, ont tenté de contenir la montée en puissance chinoise : surtaxes douanières, restrictions sur les exportations de technologies, sanctions contre les entreprises chinoises… jusqu’à une confrontation commerciale désormais ouverte.
Mais la Chine a changé de profil. Elle n’est plus seulement un atelier à bas coût, mais aussi une puissance industrielle et technologique. Elle fabrique désormais des produits à forte valeur ajoutée, investit massivement dans l’innovation, et rivalise frontalement avec les États-Unis. En 2021, elle représentait près de 40 % des publications mondiales sur l’intelligence artificielle. D’ici 2025, ses universités formeront deux fois plus de docteurs en sciences et technologies que les États-Unis.
Dans ce contexte, l’Europe est courtisée. La Chine a tendu la main à l’Union européenne pour former un front commun. Les États-Unis, eux, ont suspendu pour trois mois leurs menaces de surtaxes douanières à l’égard de l’UE.
En parallèle, le ralentissement du commerce mondial commence à affecter la croissance globale. Même si l’Europe, moins dépendante des importations que les États-Unis, sera un peu moins touchée par l’inflation, elle n’échappera pas aux conséquences.
Pour l’Europe, la meilleure stratégie pourrait être celle de la neutralité, exactement comme les Etats-Unis en 1914-1917 puis 1939-41. Ne pas choisir de camp, commercer avec tous, et tirer parti de cette position pour retrouver un équilibre.
Car l’issue de ce duel sino-américain reste incertaine. La Chine vieillit, son industrie ralentit, et la guerre commerciale va peser sur ses exportations. Néanmoins, les États-Unis dépendent largement des importations chinoises, notamment technologiques et leur PIB est en partie financier ou immatériel (les factures des avocats new-yorkais comptent dans le PIB…). Le fait que Trump ait exclu les produits technologiques de ses sanctions est un aveu de faiblesse : frapper ces secteurs entraînerait un choc inflationniste sur toute l’industrie numérique américaine, sans parler de la dépendance américaine aux terres rares chinoises, dont Pékin vient de suspendre l’exportation — une première aux conséquences lourdes.
Dans ce contexte, l’UE devrait se fixer des objectifs simples et stratégiques :
- Garantir l’accès de ses entreprises aux marchés chinois et américains ;
- Jouer la carte de l’équilibre, en menaçant de se tourner vers l’un ou l’autre en cas de pratiques déloyales ;
- Maintenir la stabilité de l’euro face au dollar et au yuan ;
- Attirer sur son sol les entreprises souhaitant commercer avec les deux blocs, en leur offrant la sécurité juridique et la neutralité d’un « hub » européen à la suisse.
Cette guerre est peut-être une opportunité, pour une fois, de ne pas être au cœur du conflit.
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Julien Aubert est ancien député de Vaucluse, vice-président des Républicains et président d’Oser la France, mouvement d’inspiration gaulliste.
