Sous la bannière d’HTS : Les illusions occidentales et la fracture syrienne entre menaces sur les minorités et méfiance druze

Sous la bannière d’HTS : Les illusions occidentales et la fracture syrienne entre menaces sur les minorités et méfiance druze

 Le chef spirituel de la communauté des Druzes musulmans unifiés, le cheikh Hikmat al-Hijri, avec Fabien Baussart, président du Centre des Relations Extérieures et Politiques Françaises (CPFA), et Randa Kassis, présidente du Mouvement de la Société Pluraliste.
Le chef spirituel de la communauté des Druzes musulmans unifiés, le cheikh Hikmat al-Hijri, avec Fabien Baussart, président du Centre des Relations Extérieures et Politiques Françaises (CPFA), et Randa Kassis, présidente du Mouvement de la Société Pluraliste.

Par Randa Kassis

« Les Occidentaux seraient bien naïfs de croire que le nouveau régime syrien, sous la direction du HTS, ne s’en prendraient pas aux minorités, notamment aux Alaouites, alliés de Bachar al-Assad. De plus, sa capacité à gouverner de manière unifiée semble loin d’être acquise… »

L’analyse du le président du CPFR Fabien Baussard et de Randa Kassis témoignent de la volonté d’indépendance des Druzes méfiants envers Joulani.

« Le chef spirituel de la communauté des Druzes musulmans unifiés, Sa Sainteté le cheikh Hikmat al-Hijri, a reçu dans sa résidence, située dans la ville de Qanawat, Fabien Baussart, président du Centre des Relations Extérieures et Politiques Françaises (CPFA), ainsi que Randa Kassis, présidente du Mouvement de la Société Pluraliste.

Lors de cette rencontre, les discussions ont porté sur la situation syrienne et sur les fondements d’un dialogue national dans la période à venir, dans l’objectif d’établir une constitution et un État démocratique qui inclut toutes ses composantes.

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Dans une interview exclusive accordée au Centre d’Information de Soueïda, Fabien Baussart a souligné l’importance du rôle joué par Sa Sainteté le cheikh au cours de la période écoulée, le qualifiant de figure essentielle pour l’avenir et la stabilité de la Syrie. Il a salué son ouverture au dialogue avec toutes les parties, le décrivant comme « sage » et exprimant une grande estime pour son attachement à des positions honorables.

Fabien Baussart a également insisté sur la nécessité de lever les sanctions partielles imposées à la Syrie dans les plus brefs délais, comme une aide humanitaire pour soulager les souffrances du peuple syrien, sans pour autant soutenir la nouvelle administration ou faciliter son travail, conformément à la position française. Il a ajouté que les premières déclarations de la nouvelle administration syrienne, notamment le délai annoncé de trois ou quatre ans pour rédiger une constitution et organiser des élections présidentielles, constituent une période extrêmement longue pour un gouvernement intérimaire. De plus, certaines actions entreprises par cette administration ont été perçues comme peu encourageantes, qualifiées de « discours mielleux », ce qui invite à une plus grande prudence dans l’octroi d’un soutien européen à ce stade.

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Il s’est également interrogé sur la gestion de ce vide politique pendant ces trois ou quatre années prévues. Qui est responsable de cette phase transitoire ? Quelles sont les lois annoncées clairement jusqu’à présent ? Et quelles sont les transgressions juridiques qu’un citoyen syrien ou même français ne pourrait pas commettre selon la législation syrienne actuelle, qui reste suspendue ? Il a même exprimé une certaine inquiétude quant à la possibilité que ses propos soient perçus comme une de ces transgressions. Baussart a déclaré que le gouvernement intérimaire actuel en Syrie n’a pas de légitimité au-delà de la date limite fixée à la fin mars de cette année. Il a également exprimé des doutes sur la capacité de ce gouvernement intérimaire à prendre des décisions importantes pour l’ensemble du peuple syrien, affirmant que le congrès national pourrait se limiter à rassembler des ses alliés ou des amis au Palais du Peuple, ou dans une salle sous-sol, sans que des mécanismes d’organisation ou une liste de participants aient été annoncés jusqu’à présent.

Concernant les projets évoqués par la nouvelle administration – comme la création d’une ville administrative en dehors de Damas, un projet de métro à Damas, un train rapide entre Alep et Damas, ou encore la transformation de Damas en une « nouvelle Suisse » en un an –, Baussart a comparé ces promesses à des projets fantaisistes et irréalisables.

Il a conclu en décrivant la situation actuelle en Syrie comme « nébuleuse » et a souligné que son rôle, à travers son centre, est de clarifier la situation syrienne et d’encourager l’Europe à adopter des positions plus claires face à cette crise. Il a également exhorté l’Europe à défendre ses valeurs. Enfin, il a rappelé que le président français Emmanuel Macron répète souvent « Nous ne sommes pas naïfs », et l’a invité à appliquer cette prudence au dossier syrien, en pensant davantage aux intérêts du peuple syrien.

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